
PREMIER VOLUME
BEATITUDE Lorsqu’on a vécu de tout temps Sous les ors de la République, Il est on ne peut plus tentant D’y prendre une retraite oblique : Le Sénat offre alors un accueil bienveillant Et qui s’adapte au poids des ans.
Le chanteur ne pouvant déployer son talent, On le disait « en voix de développement ».
FAITOUT
On pourrait définir, en fait, le verbe faire Comme étant le verbe à tout faire. Même quand on ne sait rien faire, L’on peut toujours se satisfaire De savoir qu’on peut faire faire.
Il fut un temps où chaque jour Prenait son temps sans commentaire. Désormais où tout s’accélère, La durée appelle au secours Pour faire face à l’éphémère.
Pétrole rime avec pactole, Et les « yeux doux » avec gros sous. Dès lors, en combinant le tout, On peut créer un monopole.
La pollution est dans les cœurs, Tout autant que dans la nature. Traquons-la donc avec vigueur, Pour éviter que, sans bavure, Elle ne nous ait à l’usure.
Jadis on réparait toute la mécanique ; Rien de tel, de nos jours, avec l’électronique : Une pièce défaille, on la met au rebut : En tant que telle, elle a vécu.
Les talibans sont là, « renforcés », somme toute, Par des voisins de même sang. Et Bush et son armée, au moral en déroute, En fait, demeurent impuissants.
Il est clair que l’intolérance Gagne chaque jour du terrain Et qu’une extrême vigilance Doit tenir en éveil tous les républicains… Les riches russes veulent être Partout reconnus comme tels ; D’où leur présence à Courchevel, Moins pour skier que pour paraître.
D’une première embauche, il se montrait fiérot, Mais dès le lendemain repartait de zéro : Quand il avait compté sur un travail pratique, L’annonce n’était là que pour la statistique.
Le rôle inavoué de notre bel Airbus Sera de transporter d’innombrables virus Entre les grandes capitales, Rapidement et sans escales.
L’avait envoyé par le fond, C’était la fin la plus honnête Pour un bateau porte-poisons. Mais on pouvait aussi le proposer aux puces… Il aurait trouvé acquéreur Auprès de grands collectionneurs Toujours à l’affût d’une astuce.
L’Elysée, à coup sûr, offre des avantages : Des services gratuits, d’agréables voyages, Un contrat de travail, au départ, pour cinq ans, A l’abri d’un licenciement. Et que l’on ait été brillant ou lamentable, La retraite assurée, en tous points convenable.
Rien ne bouge et pourtant une échéance approche. Il faut se reporter à « La Mouche du Coche » Pour comprendre le jeu des partis, sur le tas, Incapables d’agir face au char de l’Etat.
Il paraît que l’on va, scientifiquement, Traquer chez le fœtus le futur délinquant : Ainsi l’individu, durant son existence, Pourra s’épanouir sous haute surveillance.
C’est notre nappe phréatique Qui quand-on-la-pompe-trop-tique.
On a fait le fœtus et quelques autres mots, Mais aujourd’hui les deux voyelles Ne sont plus aussi fusionnelles.
Qu’un plus un fasse deux, tout le monde en convient, Sauf si la politique, entre temps, intervient.
Nulle planète en vue où l’Homme, hors de combat, Pourrait refaire ailleurs ce qu’il fait ici-bas ; La Terre est un refuge à nul autre pareil, Mais tributaire, aussi, de l’étoile soleil.
Il n’arrêtait pas de zapper, Mais restait malgré tout, prisonnier de ses chaînes. C’est lorsque son milieu le met en quarantaine, Qu’il peut, alors, s’émanciper.
Les sigles sont un cas au royaume des mots ; Ces lettres assemblées ignorent l’héritage Qu’un terme familier traîne dans ses bagages : Ce n’est pas Jeanne La Lorraine… On peut soutenir Ségolène, Par les temps … qui courent.
Et frise la pensée unique. C’est le rêve des dictateurs : Avec un seul fil conducteur, Former des sujets identiques.
TRAVAIL, FAMILLE, PATRIE (ou presque) Drapeau, bible et dollar, c’est l’éternelle antienne, Nos élites parlent anglais, Ce qui, pour sûr, les valorise, Quand la majorité, las, se ridiculise En usant du patois français.
Qui subit un triple pontage Ne va pas, pour autant, se hausser de trois ponts. Si le moteut est mis à l’aplomb, La coque garde ses étages.
Gouverner c’est prévoir, mais quand les moyens manquent, Cela peut consister à garder une planque.
On cherche un gus charismatique Pour « faire Président » de notre république. Si vous voyez quelqu’un parmi les rigolos, Faites-le savoir au plus tôt.
Désormais le gouvernement Est sous la coupe de Bruxelles. Son rôle diminue inexorablement, Mais son coût s’accroît de plus belle.
J’ai rêvé que j’étais un sénateur à vie. Ca n’a rien d’étonnant, me dis-je, Dès lors que ce mandat satisfait des envies Qui n’engendrent aucun litige.
En Chine, c’est connu, les condamnés à mort, En pièces détachées, se vendent à prix d’or. Et comme le marché s’avère soutenu, L’Etat gère, au plus près, son stock de détenus.
Pour gagner le septième ciel Il avait mis au point un super logiciel ; Mais un virus informatique Vint s’immiscer dans sa tactique. Pas téméraire pour un rond, Il resta dans son coin et finit vieux garçon.
Une armée en campagne est toujours en danger Et son passage en ville à tout pour déranger.
« Ils sont venus, ils sont tous là… » Comme on chantait pour « la Mamma », Mais il ne s’agit pas des mêmes… Il est question des candidats, Prêts à se sacrifier pour la fonction suprême.
Une maison d’arrêt, mieux vaut s’en souvenir, N’a rien à voir avec une gare routière, Même si des « routiers » à l’ancienne manière Y sont hébergés, sans plaisir.
On le flattait : « Bon pied, bon œil ! ». Il ricanait : « Bon pied ? Mon œil ! ».
La pollution de l’air, la pollution de l’eau, Plus celle des terrains et celle des cerveaux… Ca va chercher dans les combien ?
Je voulais regarder les nids que les corbeaux Tissent de savante manière. Je marchais, je n’ai pas vu l’ornière, Vous imaginez le tableau : Il faut à tout moment se référer aux normes, A celles qui sont en vigueur. Le bon sens admettrait qu’on y mette les formes, La mode l’exige sans pudeur.
Prévoir deux tonnes pour le coche, Chargé, dans le meilleur des cas, D’un petit quintal de bidoche, C’est du haut rendement, papa !
Comment découvrir un héros D’après sa carte de visite ? Pas facile, alors qu’un zéro S’affiche amplement sur un site.
Un expert fut nommé pour trancher sur le vif, Mais un autre, aussitôt, s’en vint le contredire. Un troisième ayant dit qu’il ne pouvait rien dire, Le débat dut du coup se clôturer « au pif ».
Aboutissaient, en fin de compte, A réduire tous nos mécomptes A quelques nanoconneries, L’Homme pourrait, sans nulle honte, Se complaire dans l’euphorie.
La morale d’Etat ce n’est pas la cerise Mais s’apparente, au mieux, à la Terre Promise ; L’Homme a toujours quelques dictons Qui sans trop d’efforts le rassurent Comme : « a quelque chose (il assure) Qu’est-ce qu’une chanson nous apporte aujourd’hui ? Quelques mots éclatés sur un grand plat de bruit.
On a construit un cyclotron, Pour chercher un vague « boson » Dont on ignore l’existence…
C’est là le critère à la con Qui signe le monde moderne ; Quitte à mettre la vie en berne Et la suffisance au balcon.
Se contente en définitive De cacher ses pratiques-chocs Sous un verni d’éthique-toc.
L’application des droits de l’Homme S’apparente assez bien, en somme, A la physique des quantas : L’infiniment petit que l’œil nu ne voit pas.
Un H qu’on dit « aspiré » Est une lettre qui dérange, Alors qu’un « muet » taré, Sans trop d’effort, on s’en arrange.
Prenez la plaque tectonique Qui nous tolère apparemment, A chacun de ses tremblements, Malgré nos ressources techniques, Notre pharmacopée est à court de calmants.
En politique il est fréquent, Lorsque l’on a le vent en poupe, En fonction des flux dominants, Que l’on se vende à la découpe.
Q’une rumeur se mette en place, Sitôt les médias la ressassent, La fourguent comme information Sans autre justification. Comme clamait un journaliste Qui se disait toujours en piste : Une annonce et son démenti, Cela fait deux infos, l’ami…
La Chine s’investit dans l’art du piratage, A croire qu’elle en fait une question d’image.
S’ils comprenaient notre langage, Ils prendraient sûrement ombrage Quand nous les traitons de sauvages, C’est la Terre qui patiemment Nous véhicule dans l’Espace ; Mais elle pourrait aisément, Si nous lui faisions trop de crasses, Se délester du chargement : Un simple écart sur l’écliptique Et, sur le pont, c’est la panique.
Le moral est bas, on nous le répète, Pour le remonter, c’est pourtant tout bête : Donner à chacun le moyen ad hoc Voyant ses besoins, d’en gérer le stock…
On reproche à nos fonctionnaires Mais c’est un faux problème, en somme, Puisqu’il faudrait que tous les hommes Aient accès à ce même droit. Avec de ‘air, de l’eau potable, Et de quoi mettre sur la table.
A suivre … Laissez vos commentaires sur ce volume ci-dessous. Vous pouvez également télécharger ce volume au format pdf prêt-à-imprimer en cliquant ici .
Date de création : 02/02/2007 * 14:56
Dernière modification : 10/01/2009 * 21:00
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