Les épigrammes de Léo
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A lire directement - 04 - Quatrième volume

 
QUATRIEME VOLUME
 
« L’argent ne fait pas le bonheur »
Son absence, non plus, du reste.
Lors, pourquoi mettre son ardeur
Dans une quête aussi funeste…
 
RIRE ET SOUS-RIRE  
 
« Le rire est le propre de l’homme »
Le sale aussi, en moins marrant ;
Dans le premier cas il est FRANC,
Voire Gaulois, ou c’est tout comme
Lorsqu’il dégringole d’un cran.
Mais quand le second le détrône,
On ne le conçoit plus que JAUNE. 
 
CORPS DU DELIT 
 
Il faudrait supprimer le vin
Ainsi qu’une partie des tables :
POTS et DESSOUS deviendraient vains
Mais la vie resterait POT-TABLE.
 
 
PALEONTO-LOGIQUE 
 
C’était le parfait imbécile,
La formule 1 des balourds,
Mais lorsqu’à titre de fossile,
Il fut savamment mis au jour,
On le classa, sans contredit,
Comme « Homo Sapiens Erudit ».
 
VERS ET REVERS 
 
Je suis un versificateur
Qui versifie au sécateur,
Elaguant la fleur… pour l’épine.
Qui ratiocine et, ce faisant,
Aggrave son cas d’an en an,
En ahanant sur des VERS-MINE
DE RIEN.
 
 
A NE PAS EMPLOYER
 
Quand on recrute à l’unité,
Il faut entendre qu’à côté,
L’on débauche, par cent, par mille ;
Alors, une interrogation :
Faudra-t-il, pour se rendre utile,
Dans un futur en perdition,
S’entretenir dans l’inaction,
A domicile ?
 
CID… TRANSIT
 
S’agissant d’agressions
sur personnes agées,
Le voleur attend bien le nombre des années !
 
 
EH ! MAIS, VOUS ?
 
Aucun bruit ne tolèreras,
Après dix heures nuitamment ;
Pipi de chat n’excuseras,
Que suivi d’amples lavements ;
Vie de chien ne négocieras,
Qu’en deçà de deux aboiements ;
Odeurs propres ventileras,
Chez tes voisins candidement ;
Clôture surélèveras,
Si regards plongent indûment ;
Au besoin déménageras,
Pour changer d’environnement,
Lors querelles retrouveras,
Avec délices, sûrement.
 
HEURE HOP, LA BOUM 
 
Voilà l’Europe sans frontières,
Qui pourrait être sans barrières,
Mais celles-ci restent encor
Bien en place dans le décor ;
On voit les langues, tout d’abord,
Les préjugés viennent derrière :
A quand l’Europe des Lumières ?
 
MARRIS… ET VOUS ?  
 
Une agence matrimoniale
Sévèrement concurrencée,
Croyant trouver la panacée
Dans la pratique commerciale
Traditionnelle en confection
Au changement de collection,
Afficha : SOLDES
 
 
MANQUES A LA PELLE  
 
Mieux vaut prévenir que guérir ;
Le proverbe est indiscutable…
Dans les mots.
Dans les faits, c’est irrecevable,
L’accident est irremplaçable
Pour prévenir les responsables
Qu’il leur reste encore à guérir
Quelques maux.
 
JE VOUS AI COMPRIS  
 
Mes chers administrés,
habitants de la zone,
Je me voue à vous tout entier :
Je veille désormais
sur la couche d’ozone,
Au-dessus de votre quartier. 
 
POISON PILOTE  
   
Il faut de tout pour faire un Monde,
Des gens de bien et des immondes,
Mais le dosage est délicat
Et l’analyse cas par cas
Nous replonge dans le caca
Où la Justice vagabonde.
 
 
REPONS-ATOUT      
 
Pourquoi, chez l’homme politique,
Parler de profession deux fois ?
La première est pour ce qu’il croit
Et l’autre pour ce qu’il applique.
 
EVANESCENT PARADIS    
 
Les querelles, dans nos villages,   
Viennent souvent par les jardins.
Qu’un arbre fasse le gandin
En surplomb de quelque bornage,
Malgré l’avis du voisinage,
Et voilà sortis les gourdins
Tout au moins dans les commérages.
Dès lors chacun, avec ardeur,
Se forge une âme de plaideur.
 
ERREUR D’AIGUILLAGE
 
La vie en groupe est ainsi faite
Que nos meilleures intentions
Se voient tenues en suspicion
Même par des amis honnêtes.
Si bien qu’un service rendu
Sans arrière pensée aucune
Peut faire éclore une rancune
Au lieu du « merci » attendu.  
 
POUR QUELQUES GROSSES LEGUMES
 
Comment trouver le nom idoine
Pour parler de la Macédoine
Sans jamais prononcer le mot ?
Si, pour nous, ce simple vocable,
Relève de l’art de la table,
Dans les Balkans, c’est l’un des maux
Dont souffrent les esprits normaux ;
Et l’on peut se faire la guerre
Par manque de vocabulaire.
 
SEXO-LOGIQUE 
 
Après s’être donné des verges
Pour se faire battre à grands coups,
Le gouvernement de Moscou
Dans le sexe, à nouveau gamberge ;
Et pour conjurer le malus,
Il prône, aujourd’hui : « LUTTEZ RUSS ».
 
SOUS COULEUR DE…
 
Peut-on broyer du noir
quand on est blanc de peau
Sans se voir traiter de raciste ?
Ou faut-il rester optimiste
Quel que soit le manque de pot ?
 
ALLEZ’LES VERTS !
 
Mais la nature est là
qui t’invite et qui t’aime
Plonge toi dans son sein
POUR T’EN APERCEVOIR
Quant tout change pour toi
la nature est la même
OU, DU MOINS, EST-CE AINSI
QU’ON AIMERAIT LA VOIR.
(génération Lamartine)
 
 
 
EN PROMOZION
 
A l’instar du bernard l’hermite,
Une limace ayant du bien
Voulait se procurer un gîte.
Un escargot lui dit : « Ma fille,
Si tu cherches une coquille,
Vois dans ton journal quotidien. »
 
PUB
 
Sucez nos bonbons aux extraits
De plantes sauvages mais saines,
Transformateurs de pire haleine
En souffle agréable et discret.
 
A L’HEURE DES LEURRES
 
Un candidat aux élections
En panne d’argumentation,
Promit que s’il était élu,
Les vieux, les chômeurs, les exclus
Pourraient déduire de l’impôt
Et sur la base de l’écu,
Toutes les heures de repos.
 
NI VU, NI CONNU
 
C’est opter pour la courte vue
Que vouloir, à la longue vue,
Examiner un point de vue.
 
LE POT AU NOIR
 
Anniversaires, anniversaires,
Chaque jour apporte son lot,
Plus souvent rappels de misères
Que d’évènements rigolos.
Las, les médias ne considèrent
Que la génèse des sanglots
Comme la commémoration
De la triste déclaration
Des revenus.
 
SOUBRESAUTS
 
Le zèle des élus
se borne à des élans
Que la réalité
rend parfois désolants.
 
QUESTIONS POUR UN CHAMPION
 
Comment passer du coq à l’âne,
Du radieux au sans issue,
Du soutien à la mise en panne,
Du mirliflore au melliflue ?
Engagez-vous, pour cet exploit,
Dans la recherche d’un emploi.
 
JE SEME A TOUS VENTS 
« Oncle Sam »
  
 Un rat de banlieue invité
Chez une amie, à la campagne,
Se rendit aux festivités
Dans un coin perdu de montagne.
Mais là, son dépit fut certain ;
Au lieu des produits de la ferme
Les menus s’annonçaient en termes
Uniquement américains.
 
PROVO-CON
   
L’avantage du retraité
Sur l’actif, souvent sous coté,
C’est qu’il pourrait, bien qu’insolite,
Orner sa carte de visite
De ces mots, induits par la loi :
Sécurité du non-emploi.
 
« FRAMBOISE FRIVOLE » (théâtre)
   
Nous, Français, nul ne le conteste,
Sommes des gens spirituels ;
C’est une qualité qu’attestent
Tous nos propos habituels.
D’où notre mortification
Quand on se fait damer le pion…
Par des Belges.
 
ON LES A EUS…
   
Où réside l’esprit sportif,
Quand le perdant passe au passif
Pour une infime différence,
Alors que tous les concurrents
S’alignent sur un même rang,
Offrent les mêmes références ?
Il est vrai qu’au jour d’aujourd’hui,
Le Sport ne vend que des « produits »
Où l’esprit est exclu… d’avance.
 
MISE A PIED
   
Le fait qu’il puisse, encore, en ville,
Se déplacer fort librement,
Rend le marcheur, assurément,
Dangereux pour l’automobile.
De part sa vitesse excessive
Il est un facteur d’accident
Et le motard, toujours prudent,
Récuse la loi permissive.
Dites-moi, quand les verra-t-on
Ces ralentisseurs pour piéton ?
 
CANDIDES CANDIDATS
   
« Ils sont venus, ils sont tous là »
Comme Aznavour chantait naguère,
Le sourire éteint et l’œil las,
Pour sauver leur plan de carrière.
Toujours enclins au bla-bla-bla,
Jamais interdits de promesses ;
A la télé, tous sont bien là,
Assis… pour protéger leurs fesses.
 
C’EST TOUT BETE
   
Par ces temps de morosité,
Un groupe éclate de santé :
Les animaux de compagnie.
Ne pourrait-on attribuer
Ce rôle bien rétribué
A l’Humanité démunie ?
 
QUADRATURE DU CERCLE VICIEUX
   
Comment supprimer le chômage ?
Il faut travailler la question
Et, pour ce faire, par millions,
Mettre les chômeurs à l’ouvrage.
 
AIRES D’ACTIVITES
   
On nous l’a dit et répété,
La radioactivité
Est nuisible à notre santé ;
Mais ne pourrait-on insister
Sur la forte nocivité
De la « téléactivité » ?
 
HITLER-DE-RIEN
   
Pourquoi vouloir chercher le corps
D’un type aussi peu reluisant ?
N’est-ce pas déjà suffisant
De savoir qu’enfin, il est mort ?
 
LA PAROLE EST D’ARGENT, MAIS…
   
On dit que la carpe est muette
Est-ce que cet atout testé
Explique sa longévité
Au fond des pièces d’eau discrètes ?
 
AVIS DE RECHERCHE
   
Afin de chercher midi à quatorze heures,
j’ai voulu prendre le taureau par les cornes.
Il m’a envoyé au diable Vauvert :
je l’ai tiré par la queue
et j’ai fait chou blanc.
 
BOURSE DES VALEURS
   
La bonne action, comme le crime,
Participe du viscéral
Si bien que certains mésestiment,
Entre les deux, l’écart moral.
Ainsi la télé la première
Qui peut servir un panaché
Moitié LANDRU mi L’ABBE PIERRE,
Pour gagner des parts de marché.
 
EFFET D’ANNONCE
   
« O temps suspends ton vol »
Police !
 
LA MECANIQUE C’EST LESTE…
   
Je suis un homme appareillé
Mais pas un homme d’appareil
Et je serais fort ennuyé
Si les deux sens étaient pareils.
Dans le premier cas l’on réveille
Les yeux, les dents ou les oreilles,
Alors que le second souscrit
A la dérive de l’esprit.
 
PLAINTE CONTRE X
   
Soucieux de retrouver nos racines
nous exigeons de reposer en terre natale.
Signé :
Le syndicat des os
 
NE LE PORTONS PAS AUX NUES
   
Si vous avez un gros problème,
Dans le genre conflit armé,
L’O.N.U. pourra vous confirmer
Le soutien de ses théorèmes,
Avec hauts cris incorporés
Pour le reste…
 
PIE SANS LIT
   
Une pie avait entrepris
De bâtir son nid à tout prix ;
Son compagnon lui dit : « Arrête,
En bas, c’est le jour du Seigneur,
Je t’invite à faire la fête » ;
- Ouais, répondit la pie honnête
Toi tu fais l’ange et moi la bête
Je ne suis pas TA PIE… BERNEUR.
 
LAMENTO
   
Alors qu’on abaisse les taux
Des intérêts pour capitaux :
Viatique
On ne desserre pas l’étau
Des sinistrés, dans leur ghetto :
Vie étique.
 
L’ECHEVEAU PUR SANG
   
Combien existe-t-il, en France,
De ces mecs, chimiquement purs
Comme il s’en trouve, en abondance,
Dans les Balkans, parmi les « durs » ?
De ces gens qui pourraient prétendre
Indubitablement descendre
D’un primate primordial
Né natif du Massif Central ?
 
SANS ATOUT
   
Chercher le TREFLE à quatre feuilles
pour que le CŒUR se PIQUE au jeu…
Mieux vaut se tenir à CARREAU.
 
MEDIA-TIC
   
Sous le coup d’un événement,
On nous dit avec certitude :
« Rien ne sera plus comme avant »;
Ce n’est là qu’une platitude :
L’Homme se défait-il vraiment
De ses mauvaises habitudes ?
 
 
DIAGNOSTIC SANS FRONTIERE
   
Quand elle veut chercher des crosses,
Sachez qu’une RHINO c’est ROSSE.
 
C’EST OU LA CRISE ?
   
Créons, dit le Gouvernement ;
Et, dans un premier mouvement,
Il épaule les entreprises ;
Lesquelles dès lors s’autorisent
A presser les licenciements
Avec moins de ménagements ;
Puis, navrées, « se dé localisent »
Sans que l’Etat s’en formalise
outre mesure.
 
SILENCE RADIO
   
Notre père, qui es aux Cieux,
Toujours sans domicile fixe,
Que dirais-tu si nos aïeux
S’offraient une plainte contre X ?
 
ARTS MENAGERS
   
Quand l’argent et la politique
Tiennent, tous deux, même boutique,
Nous avons, dans notre contrée,
L’expression : CUISINE INTEGREE.
 
PARCOURS DU CON-BATTANT
   
Pour faire carrière, ici-bas,
Mettez donc vos pas dans les pas
De votre chef charismatique.
Vous aurez ainsi l’illusion
D’être utile à la profession,
Tout en servant votre boutique.
 
VIE-DEO GRATIAS
   
La vie, au bout du compte,
a deux atouts de prix :
C’est l’amour, pour le cœur et
l’humour, pour l’esprit.
 
JO NIE A L’IDEE DE…
   
Eh ! les fans, je vous lance
un appel au secours
Car je viens de « craquer »
pour un nouvel amour ;
AH QUE c’est dur d’aimer
uand c’est pas pour toujours.
 
FAUTE D’ACCORD
   
Je suis, dit l’écrivain
critique de son temps,
Ce qu’on peut appeler
un pécheur à la ligne.
 
TRESOR (tout) PUBLIC
   
Et si l’on fabriquait des sous
A l’échelle de la planète,
Que l’on distribuerait partout
A raison d’X écus par tête
Cela relancerait, d’un coup,
Le désir de faire la fête
Et donc, par la même occasion,
Le besoin de consommation.
 
MERDIQUAMENT
   
L’indication portait :
« transit ad libitum »
   
Une main rajouta :
« conseiller du rectum »
 
LA FONTAINE : EAU NON POTABLE
   
Si quelque lapin de garenne,
Pétri de Jean de la  Fontaine,
Allant courir le guilledou,
Contait à ses frères « au trou »
La fable du Chien et du Loup,
On peut imaginer la scène…
Pauvre Monsieur de La Fontaine.
 
NOUVELLES NORMES FRANCAISES
   
Prenez les fruits et les légumes,
- Plus les grosses de la Cité –
Leur différence se résume
Au degré de toxicité
Des pesticides… ajoutés.
 
ORIENT EXPRESS
   
Quand irons-nous marcher à nouveau sur la lune,
Comme en soixante neuf ?
L’on bouffait à gogo, les médias à la une
Suivaient le cours du bœuf.
   
Le chômage était nul, nos chefs, dans la mouvance
Cumulaient leurs erreurs,
Mais l’on pouvait alors, c’était sans conséquence,
En rire de bon cœur.
   
Aujourd’hui, rien de tel, l’Occident se délite,
Ne donne plus le ton
 Et regarde, impuissant, s’éveiller les élites,
Du côté de Canton.
   
Quand-on y pense…
 
BALLON D’ESSAI
   
Puisque à présent l’automobile
Asphyxie, à l’envi, la ville,
Et rend la rue impraticable,
« Osons » le transport en commun
Accessible à tout un chacun :
Le dirigeable.
 
LA ROUE (libre) DE LA FORTUNE
   
Pour vous enrichir d’un bon coup,
Il faut partir d’un truc tout bête ;
Le plus simple : payer ses dettes…
Après en avoir fait beaucoup.
 
Y EN A MARRE ? C’EST, YES ! 
   
En fait que chantent les Elus
Aux chômeurs de la Terre entière ?
« Qu’ils entreront dans la Carrière,
Quand leurs aînés n’y seront plus »
 
DES PRESSIONS 
  
Quand la météorologie
Nous ressort ses hautes pressions,
Nous voyons, par analogie,
Un soleil sans compromission.
Rien de tel et c’est attristant
Lorsque le Fisc en fait autant.
 
 
RIXES A RISQUES 
  
 
Tout mettre sens dessus dessous
Pour afficher son mal de vivre,
Ainsi quêtent leur équilibre
Les « sans issue » laissés sans sou.
 
VOCABULAIR’COMPRIME 
  
Ou c'est GENIAL ou bien c'est NUL,
On ne fait plus dans la nuance
Seul HYPER donne le recul
Qui convient à la circonstance.
 
LE RADEAU QUI VOUS MEDUSE 
  
Lorsque les flics jouent les Rambo,
Les fonctionnaires les robots,
Les patrons-de-choc les nabots,
Les politiques les cabots,
Avec le fric pour seul flambeau,
L’Etat de droit roule à tombeau
Ouvert.
 
ENTRE SOLS
  
Une exposition à même le sol,
Laissait supposer des prix terre à terre
C’était oublier que, là-bas, « et sol »
Vous met au niveau de l’astre solaire.  
 
FIGARO
  
Le pauvre homme se faisait tellement
de cheveux, à tout propos et hors de
propos qu’on l’avait  surnommé :
Le souverain pond-tifs.  
 
REQUINQUON-NOUS
  
Il faut, pour contrer le poison
Qui paralyse nos efforts
Se dire que l’on a raison
De ne pas avoir toujours tort.  
 
LE MIEUX DISANT
  
La technique ne peut que demeurer benoîte
Quand le mental est en péril :
On n’ouvre pas l’esprit avec un ouvre-boîtes,
Aussi sophistiqué soit-il.  
 
EXPANSION DE RETRAITE
  
Surtout n’en doutons point, il n’est pas de
reprise,
A vue de nez, à l’horizon ;
Sinon celles qu’on fait à ces vieilles
chemises
Qu’on ravaude à chaque saison.  
 
TEMPS « SERIN »
  
Ronchon, l’orage rôde
Sous un soleil de plomb
Et de nos frais vallons
Il fait des gorges chaudes.  
 
DESCENTE D’ORGANES
  
Parce que je sentais l’estomac dans
les talons et le cœur au ventre, je n’avais
plus les yeux en face des trous.  
 
GROS NEZ
  
On dit que les spéculateurs
Ont un flair extraordinaire,
Or c’est bien là qu’est le mystère,
Puisque l’argent n’a pas d’odeur…  
 
TATONS UN TANTINET DE CETTE TENTATION
  
Adam, mon bon ami, laissez-vous donc tenter,
Ce fruit est défendu, mais c’est un pur délice.
- Certes, mais savez-vous que ce petit caprice
Risque de coûter cher à notre Humanité ?
- Allons ne dites pas que pour un bout de pomme
Nous devrons, sur le champ, quitter le Ciel pour Rome ?
- C’est pure vérité.
- Eh bien ! tant pis, bonhomme.
Et s’il faut réparer cette infidélité,
Nos enfants, pour le faire, auront l’Eternité.  
 
SUITE
  
Depuis qu’ABEL fut la victime
Du tout premier des nombreux crimes
Dont notre Histoire fait état,
Le Monde va CAIN – caha.  
 
PESE L’ETRE
  
Enlevons l’air, enlevons l’eau,
Enlevons, aussi quelques os :
Que reste t'il de charge utile
Pour faire fonctionner la pile
Qui commande notre cerveau ?  
 
AIR CONDITIONNE
  
On nous vend l’eau oxygénée
Emballée avec précaution,
Verra-t-on l’AIR, dans peu d’années
Soumis aux mêmes conditions ?  
 
DU TEMPS POUR TOUT
  
Serait-ce vrai qu’un temps PARTIEL
Laisse, à côté, un temps PAR TERRE ?  
 
PENSEE
  
« Le silence éternel de ces espaces infinies
m’effraie » (Pascal)
Et j’en suis toujours pour mes frais (anonyme)  
 
GENIE TIQUE
  
L’homme se livre peu
sinon à livre ouvert,
Mais comme il n’est pas lu,
il n’est pas découvert.  
 
EFFLUVES DE FLEUVES
  
Il est des fleuves qui dérangent :
L’AMOUR, quand il sort de son lit,
Ou lorsqu’on arrive à l’ORANGE
A deux doigts, dûment, du délit.  
 
A MOURIR DE RIRE
  
En Colombie, les flics l’admettent,
Pas de festivités sans morts ;
Et quand leur nombre est un record,
C’est qu’elle bat son plein, la fête.  
 
ETRE OU NE PAS ETRE
  
On peut penser qu’un auxiliaire
N’est jamais qu’un faire valoir
Pourtant ôtons ETRE ou AVOIR
Et le français se fout par terre.  
 
JEAN QUI PLEURE ET YANKEE RIT
  
Pour nos grands cousins d’Amérique,
Nous sommes des colonisés,
Les Mohicans d’Outre-Atlantique,
Fortement anglomanisés.
Un constat qui les met en verve
Sans obligation de RESERVE.  
 
TRAVAUX : RALENTIR
  
Le moyen de bien nous conduire,
Au regard de nos dirigeants,
C’est de travailler, sans  produire,
Et de consommer, sans argent.  
 
ECHANGE AU PAIR
  
Il est CLAIR que pour rémunérer
un travail au NOIR, payer en LIQUIDE
coule de SOURCE.  
 
EGO-CENTRISME
  
Vous désirez aller bon train,
Voire devenir boute-en-train,
Alors laissez donc de côté
Votre centre de GRAVITE  
 
TRAIT D’UNION
  
Lorsqu’un baratineur plastronne
Face aux caméras qui ronronnent
La Télé peut, non sans motif,
Parler, quand bien même il déconne,
DE PRESENTATEUR-OBJECTIF  
 
COMPAS DANS L’ŒIL
  
Homme prends garde au SPOT
Qui surveille la Terre
De son gros œil polyvalent,
Demain il se pourrait que ce
Faux débonnaire
Exerce sur toi son talent.  
 
AFFAIRE A SUIVRE
  
Puisque aujourd’hui
Tout se réduit
A des PRODUITS
(En course)
Va-t-on, un jour,
Rêver d’Amour
D’après son cours,
En Bourse ?  
 
HOCHET
  
Grand Croix dans l’Ordre National du MERITE :
  
Grand, croît dans l’ordre national des MES RITES.
  
Signé : la République  
 
VOISIN VOISINE
  
On les voyait bien sympathiques,
Amicalement établis,
Ils étaient simplement polis,
D’une politesse atypique.  
 
DES ROGATIONS
  
Il faut, pour toute construction,
fût-ce un simple abri pour bagnole,
Une flopée de permissions ;
Mais il est un truc épatant
Qui vous fera gagner du temps,
Vous le baptisez agricole.  
 
ENCHERES ET EN OS
  
Quand les PRES furent ADJUGES,
A la lueur d’une chandelle,
Il resta tous les PREJUGES,
Dont on fit un lot de… querelles.  
 
PAISSONS EN PAIX
  
Pourquoi faut-il que la DETENTE,
Dans nos humaines relations,
La plupart du temps s’apparente
Aux effets d’une CON-PRESSION ?  
 
A CIEL OUVERT
  
Un jeune lapin trop gourmand,
Contre l’avis de sa Maman,
Voulait courir dans la bruyère ;
C’était compter sans l’oiseau gris
Qui, du ciel, avait tout compris;
Ainsi le lapereau fut pris,
Victime de l’effet de serre.  
 
A CIEL COUVERT
  
Après la grève des « roulants »,
Voici le blocus des nuages
Qui par des barrages filtrants
Prennent le soleil en otage.
Quand le ciel se veut terre à terre,
C’est un été râté, ma chère.  
 
C CITE
  
On peut penser qu’une cédille
N’est rien de plus qu’une béquille
Pour un C de fin de série ;
Mais omettez cet accessoire,
Et l’on se paiera votre poire,
Si vous parlez « Maçonnerie ».
 
CO-MODE
  
Lorsque la morale trébuche,
Que le sage se fait gredin,
Dans le monde des fanfreluches,
On parle de VERTU…GADIN.
 
MAL POLI POUR ETRE AU NET
  
Un inspecteur d’académie,
Un jour de mécontentement,
M’a dit comment la hiérarchie
Fonctionnait dans l’enseignement.
Le maître-mot étant se taire
Lorsque le chef donne l’élan,
Le reste devient secondaire
Pédagogiquement parlant.
Hanté par un plan de carrière
Différemment envisagé,
J’en vins alors à m’engager
Comme agent du MINI-SE-TAIRE.
 
DES MILLIONS EN PRIME(time)
  
Si vous voulez faire fortune,
Avec votre bouille à LA UNE,
A défaut de votre talent,
Demandez donc à Dechavanne
Comment mettre l’esprit en panne
Et le culot au premier plan.
 
COMMENT ETRE ENTENDU
  
Avez-vous un pied à Bruxelles ?
 Une antenne à la Commission ?
Pour dialoguer avec icelle,
Il faut un groupe de pression.
Foin de la Grande Politique,
Des idéaux empanachés,
Seul l’esprit d’arrière-boutique,
Règle le COMMUN du MARCHE.
 
ORIENT-TENTATION
  
L’homme le plus riche du monde,
C’est le sultan de Brunei :
Un amour de petit pays
Au nord des Iles de la Sonde.
Et savez-vous ce qu’il fait, Père,
Pour rester aussi fortuné ?
Il se contente d’être né,
Dans un berceau pétrolifère.
 
ELIMI-NON ?...OUI
  
Chacun de nous, bon an, mal an,
Produit son petit contingent
De déchets de toutes natures ;
Banalités au quotidien ?
Assurément il n’en est rien
Puisque désormais l’on mesure
Le niveau de notre culture
Au volume de nos ordures.
 
AUTO-RISEE
  
Ma mémoire est une passoire,
Boucher les trous est illusoire,
Quant à les agrandir…
Il faut donc que je me contente
De regretter qu’une éléphante,
N’ait pas eu, par quelque côté,
Accès à mon hérédité.
Vous me direz, quelle importance
Au regard du prix de l’essence,
Ou du sort de l’Humanité ?
Aucune bien évidemment,
Si ce n’est pour l’EFFET NEANT.
 
ZAPPEUR ET SANS REPROCHE
  
Nombreux seraient les gens de France.
A vouloir payer redevance
Pour jouer les présentateurs,
Et voir s’éclater leur trombine,
A la UNE des magazines,
Simplement, à compte d’auteur.
Et pourtant les télés s’escriment,
A surenchérir dans la prime
Offerte aux barons de la frime,
Aux « gesticulaudimateurs ».
Moralité :
                    Yanapa
 
L’ECU-TERREUX
  
Allo, Paris ? Ici la France,
Celle qu’on prend pour référence
 Dans les grandes calamités.
Allo, Paris ? Si, sans histoire,
Nous dissimulons nos déboires,
Viendrez-vous nous voir, cet été ?
Après dissipation de brumes matinales ?
 
L’ECOT-OPERANT
  
On m’avait dit que la Mafia
Recrutait des hommes de paille ;
L’A.N.P.E. vérifia,
Le tuyau s’avérait sans faille.
Mais lorsque je dus étaler
L’éventail de mes connaissances,
Je fus très vite recalé,
L’affaire exigeait la LICENCE.  
Moralité
Il faut vivre, et c’est déroutant,
Avec les VOLEURS de son temps.
 
PROVIN-SOTS
  
Qu’est-ce que la France profonde,
Aux yeux des stars de la télé ?
Ce sont tous les gens que l’on sonde,
Uniquement pour rigoler.
Car c’est Paris qui nous gouverne,
Par audimat interposé :
Loto, météo, balivernes,
Publicitairement dosés.
La Province, hélas, reste encore
Ces Terres Vierges qu’on explore,
Pour faire du « télévisé ».
 
FRANCEMENT !
  
C’est, pour le moins, désagréable
D’être la cible inévitable
Des sarcasmes de nos voisins ;
Alors que la FORCE TRANQUILLE
Nous dispense des jeux stériles
De nos frères européens.
Certes le chômage nous mine
Et nous n’attendons rien du ciel,
Mais nos Grands Chefs ont bonne mine,
Et n’est-ce pas là l’essentiel ?
 
COURANT ALTERNATIF
  
Je rêve d’un poste-télé
Entièrement automatique
Susceptible de déméler
L’info-bidon de l’authentique ;
Et qui couperait le courant
Aux élus du petit écran
Dès que la SUFFISANCE offerte
Atteindrait la cote d’alerte.
 
VA-NU-PIEDS
  
Il se comportait comme un pied,
Il fit donc des pieds et des mains
Pour acquérir un tour de main,
Et ne pas être mis à pied.
 
BOUCHE-TROU-POT
  
Remaniement ministériel
Et recherche de compétence
N’ont aucune correspondance,
Pour ce qui touche à l’essentiel.
Le seul examen de conscience
Ne vise qu’à mettre en balance
Des appetits concurrentiels.
 
SAM…SUFFIT PAS
  
Savez-vous bien qu’en France même,
Où notre langue est le français,
Certaines classes de quatrième,
Ont plus d’heures de cours…d’anglais ?
Vous en doutez ? Voyez l’horaire :
Cinq heures pleines pour Picsou
Et pour le parler de nos mères,
Trente minutes en dessous.
Quand au résultat, braves gens,
Il est, de surcroît, affligeant.
 
CONSTAT CONSTANT
  
Un seul problème, en ce bas Monde,
Depuis que notre Terre est ronde,
Celui de la distribution
Des produits de consommation. «
 Egalité ! dit le mirage ;
Et le réel répond : « Oyez ! Pour quelques uns le GRAS PILLAGE
Et pour beaucoup, le GRAPILLE ».
 
QUAND LES PLAQUES NOUS PLAQUENT
  
L’on veut se couper de l’Afrique,
De ses émigrés clandestins,
Mais ce n’est pas notre destin
A l’échelle géologique…
Dès lors que tout le continent
Se rapproche avec ses manants,
Comme pour nous faire la nique.
 
MADONNA ET MARADONA
  
Je voulais pouvoir reconnaître
Deux prestigieux individus
Dont les noms semblent faits pour être
Ridiculement confondus.
Un quidam m’a dit : « C’est facile :
Lorsqu’ils sont à la vente, en ville,
Le second s’achète sur pied,
La première en nue-propriété ».
 
CHIO VA PIANO, VA SANO
  
De Rais, Galilée et les Autres,
Tous ces exclus des patenôtres,
Aux beaux jours de l’Inquisition,
Voilà qu’on les réhabilite,
La Justice, c’est son mérite,
Jugeant sans précipitation.
Ainsi, dans les ères futures,
Verra-t-on réexaminer,
Le cas du « Sang Contaminé »
Et celui des « Fausses Factures ».
 
MISERES DE GRANDS
  
Quand Stéphanie of Monaco,
Se trouve piégée illico
Par ses amoureuses folies,
Que du côté de Buckingham,
On affiche le haut de gamm’
Des royales mélancolies,
On en vient à se demander
S’il est décent de quémander
Pour les enfants de Somalie…
 
RITES DU MERITE
  
Vous êtes Ancien Combattant
Et depuis quelque cinquante ans,
Vous espérez une médaille ?
Entrez donc au gouvernement,
Vous l’obtiendrez fort aisément,
Même si votre action déraille ;
Tenir six mois à Matignon
Surpasse, en valeur, tous les gnons
Que l’on peut recevoir sur un champ de bataille.
 
En vœux-tu ? en voilà !
Est-ce vraiment indispensable,
Que tous les préposés notables
Nous adressent, le jour de l’An,
Leurs bons vœux biodégradables ?
Même sur papier recyclable ?
Est-ce vraiment indispensable,
Electoralement parlant ?
 
 
 
   
   


Date de création : 16/06/2007 * 17:34
Dernière modification : 10/01/2009 * 21:01
Catégorie : A lire directement
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