Les épigrammes de Léo
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A lire directement - 09 - Neuvième volume

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NEUVIEME VOLUME
CELLE QUI A PERDU LE NORD
 
La Corée, elle, assume encore
Le culte du chef de l’état.
Rien à voir avec le folklore,
C’est le régime qui veut ça.
Tout juste si son homme fort,
Ne ressuscite pas les morts…
 
UN EMBRYON D’INQUIETUDE
 
Il semblerait que la Science,
Sans même lui forcer la main,
Puisse, bientôt, donner naissance
A des morceaux de corps humain :
Dans une sorte de bouteille,
Des techniciens super-branchés
Feraient naître, un cœur, une oreille
Que l’on mettrait sur le marché ;
Au risque, un jour, d’être cocus
Si l’on peut, aussi bien, fabriquer des faux culs.
 
FORCE DOIT RESTER A LA FOI
 
La Justice internationale,
Sans moyens de coercition,
Face aux criminels en cavale,
Procède par incantations ;
Pour éviter que la Morale
Ne perde incontinent toutes ses illusions.
 
DJERBA-DE-L’AILE
 
Huit garçons affublés de tuniques bleu clair,
Saluaient, alignés, l’autocar des touristes.
Deux autres, à cheval, pour faire réaliste,
Jouaient, sans conviction, les hommes du désert.
C’est dire que l’hôtel, qui soigne son logo,
Au niveau de l’accueil, est un piège à gogos.
 
DES ROUTARDS DEROUTES
 
Les Anglais, l’affaire est cocasse,
Euro-râleurs de formation,
Voudraient que l’on se décarcasse
Pour permettre, sans restriction,
Le transit de leur production.
Et de faire appel, indignés
Aux traités qu’ils n’ont pas signés.
 
HALLOWEEN
 
C’est une mode ridicule
Qui nous vient des Etats-Unis
Et qui, sans beaucoup de scrupule,
Dans nos écoles fait son nid.
Un commerce de la citrouille
Que l’anglomania tripatouille.
 
TRIBUNAL D’INS(is)TANCE
 
Un magistrat soupçonné d’avoir eu
des relations intimes avec la prévenue
se vit rappeler par la défense
« Qu’on ne peut être juge et… PARTIES. »
 
 
 
JUGEMENT DERNIER
 
Ayant osé trouver « bizarre »
Une expo d’art contemporain,
Je fus vite traité d’ignare
Par les occupants du terrain.
J’en conclus que pour faire un critique averti,
La périphrase était l’indispensable outil.
 
 
L’ILE-ETAT(lon)
 
La vie est propre à Singapour,
Le sacré n’est pas dans les vaches
Mais dans le fric.
Tout est fait pour
Pour que le Monde entier le sache.
 
 
L’ETAT S.A.M.U.
 
Qu’est-ce que le libéralisme ?
L’aura de l’individualisme
Appliquée à l’économie.
Avec, quand même, la ressource
Lorsque l’on est en bout de course
De chercher, dans l’Etat, une contrepartie.
 
 
 
SUR L’ »HOTEL » DE LA PATRIE
 
Evitons de parler de cumul des « mandats »
Le terme, assurément, est par trop équivoque.
On sait bien que l’argent, les titres et breloques
Sont étrangers au choix de tous les candidats !
 
 
 
LA VOIX DES « CHENES »
 
L’on va, bientôt, pourvoir, sans peine,
Nous remplacer le cœur, les veines,
Peut-être même le cerveau.
Ce sera d’autant plus facile
Que de Gaulle a mis dans le mille
En nous as similant… aux veaux.
 
 
 
JE T’AIME, MOI NON PLUS
 
Dans l’ex-Yougoslavie, on réapprend l’histoire,
Mais chaque ethnie a sa leçon,
Afin de cultiver la meilleure façon
De pouvoir, au plus tôt, ressortir les « pétoires ».
 
 
 
SOYONS SERIEUX
 
Si l’on imaginait, assez stupidement,
Que l’on puisse mondialement
Stopper les débours inutiles
Et que cet argent, sans erreur,
Soit investi pour le bonheur
Des bipèdes les plus fragiles,
On nous traiterait d’imbécile,
En chœur.
 
 
 
AVEC SOUMISSION CACHETEE
 
L’on écrit dans l’espoir de se faire une place
Dans le monceau de paperasses
Qui s’accumulent tous les ans.
C’est dans le cadre d’une enchère
Qu’il faudrait pousser son affaire
Lorsqu’on est dans les moins disants
Culturels.
 
 
 
MONDANI-T
 
« Vous prendrez bien un thé, ma chère CharloTTe ?
–J’en prends même DEUX, mais sans sucre.
 
 
 
L’INSTRUCTION CYNIQUE
 
Parler de « citoyenneté »
Aux jeunes que la ville incite
A croupir dans l’oisiveté
N’est-ce pas, un brin, hypocrite ?
 
 
 
AMERICA-NEMENTS
 
Quand donc cesserons-nous de singer l’Amérique,
Dans ce qu’elle a de plus navrant :
Sa consommation boulimique,
Ses gaspillages effarants
Et ce besoin pathologique
D’écarter les copains, pour être au premier rang ?
 
 
 
LE DOUTE N’EST PLUS PERMIS
 
Prenez une philosophie,
Quelle que soit sa consistance,
Saupoudrez-la d’intolérance
Et vous retrouvez l’infamie.
 
 
 
ASSOUPLISSONS
 
Pour n’être pas assez « flexible »
Face à la mondialisation
Le lampiste joue les fusibles
Quand vient la restructuration ;
Vu qu’il est bien plus sain, boursièrement parlant,
D’éliminer des bras que les cerveaux du « plan ».
 
 
 
CORRIDA, UN CRAN AU-DESSUS
 
Si les lois de nos jours permettaient les combats
Avec mort d’homme, à la romaine,
La foule, avec entrain, remplirait les arènes
Comme au temps d’un Néron ou d’un Caligula.
 
 
 
PRONOSTI-CONS
 
Nous sommes enclins à nous dire
Que rien n’est pire que le pire
Quand nous ne savons toujours pas
Ce qui nous pend au nez après notre trépas…
 
 
 
UNE RICHE IDEE DE RICHES
 
Ah ! ce PERMIS, quelle trouvaille !
Il suffira de l’acheter
Aux pays quasi sur la paille,
Pour avoir toute liberté,
En faisant une bonne action,
D’ajouter à la POLLUTION.
 
 
 
PENSEZ-Y
 
Si vous rêvez d’une BONNE ACTION,
ne croyez pas, pour autant, qu’elle a
des chances
d’être cotée EN BOURSE.
 
 
 
GAUCHE-DROITE
 
Lorsque tous les courants ont perdu leur vitesse,
Dans l’enceinte de l’Assemblée,
On ne distingue nos « altesses »
Qu’unissent les mêmes promesses,
Que par la place de leurs fesses
Arbitrairement rassemblées.
 
 
 
ETIRONS LE TEMPS
 
Certains chantiers, nous dit-on, traînent,
Et l’on se demande pourquoi :
Le travail étant rare, il arrive parfois
Qu’allonger ce plaisir fait oublier la peine.
 
 
 
DE « BUSH » A OSEILLE
 
La forêt brûle en Australie
De même qu’en Indonésie
Quand la pluie envahit les côtes d’Amérique.  
« El Nino », cet enfant Jésus,
Serait le coupable absolu
De cette inversion climatique.
Et que fait l’Homme, dans ce cas ?
Il accuse le ciel et pollue à tout-va.
 
 
 
ILS ONT LEURS TEE-SHIRTS
 
Pauvres peuples aborigènes,
Durant des siècles à la peine
Et sauvagement méprisés !
–Leur sort, de nos jours, s’améliore,
Disent les Blancs. On les honore
Puisqu’ils sont commercialisés.
 
 
 
COT ! COT !
 
Quand l’homme pleure sa pitance,
Les Bourses reprennent confiance.
 
 
 
AU TREFONDS DE…
 
On ne connaît jamais le FIN MOT d’une histoire,
Il faut envisager les rebondissements.
Telle affaire jugée indiscutablement
Retrouve, un beau matin, le chemin du prétoire.
Quant aux biographies, autrement arbitraires,
On doit les ravaler à chaque anniversaire.
 
 
 
A MARS FORCE
 
Mars n’étant pas une planète
Du genre à nous offrir espace et belle vie,
Evitons de nous mettre en tête
Que nous pourrons, sous peu, partir à sa conquête
Avec le seul recours à la psychologie.
 
 
 
TRANSFERT
 
Quand deux camps jouaient à se faire peur,
Il fallait opter pour l’un ou pour l’autre.
C’était clair et net, nous avions le nôtre,
Et Moscou servait de grand prédateur.
Rien de tout cela n’existe aujourd’hui ;
Il nous faut, dès lors, chercher les ennuis
Plutôt dans le champ de la concurrence :
De nos amis, en l’occurrence…
 
 
 
PICSOU-MISSION
 
Les Etats-Unis d’Amérique
Nous pompent l’air et notre argent.
Croyez-vous que nos dirigeants
Esquisseraient une réplique ?
Rien de tel, bien sûr, bonnes gens :
L’usage de l’anglais, chez nous, ravit Allègre
Quand celui du Français quasiment tourne à l’aigre.
 
 
 
COPERNIC, BERNIQUE !
 
Nous savons, d’après un sondage,
Qu’un quart de nos concitoyens
Préfère aux astrophysiciens
Les astrologues de village.
Il ne faut donc pas s’étonner
Si pour ces gens, à vue de nez,
Et sans autre point de repère,
Le soleil, chaque jour, tourne autour de la Terre.
 
 
 
LA VIE CLAIRE
 
La télé, Dieu merci, sait avec élégance
Passer d’un sujet grave à des futilités :
Du marché de la neige, en ces temps de vacances,
A la traite d’enfants dûment étiquetés.
 
 
 
CA VOUS LAISSE DE MARBRE ?
 
La grosse réflexion est souvent douloureuse
Et l’effort parfois surhumain.
La mine, pour le moins, est rarement rieuse,
Voyez le « penseur de Rodin »…
 
 
 
VA-ET-VIENT DU PISTON
 
Le renvoi d’ascenseur est assez légitime
Entre simples particuliers.
Cela devient moins régulier
Quand l’acte de situe à la hauteur des cimes ;
Voire confine au nirvâna
Pour peu qu’on se retrouve entre anciens de l’E.N.A.
 
 
 
CITE INTERDITE
 
Le rêve américain a vraiment bonne mine :
C’est le village fortifié.
Un sain isolement pour faire sa cuisine
Dans un cadre réunifié :
On sélectionne les voisins,
A la fois bon genre et bon teint
 
 
 
LE PORTEUR DE PROTABLE
 
Pour laisser croire qu’il menait
Une existence trépidante
L’homme, dès qu’on le regardait,
Appelait l’horloge parlante.
 
 
 
HOMMES DE PAILLE
 
Les petits boulots, ça prospère !
L’Egypte en voit naître un nouveau :
C’est le « faux témoin de carrière »
Qui se loue à tous les niveaux.
Il ne saurait être question
De relever, chez nous, semblable aberration…
 
 
 
C’EST NATUREL
 
A quoi peut servir le Sénat ?
Certains parlent d’un mécénat
Pour retraites complémentaires…
D’honorifiques honoraires…
Bref, le problème est en débat.
 
 
 
QUITTE A QUETER
 
Une retenue à la source
Permet à l’Etat, sans effort,
Dans un maximum de confort,
De tenir, un peu mieux, les cordons de la bourse.
La demande est plus délicate
Lorsqu’il faut, à quatre pattes,
Aller prier le Capital
De faire un geste libéral…
Ah ! comme tout serait pépère,
Si les spéculateurs étaient des fonctionnaires…
 
 
 
LE PORTRAIT TOUT CRACHE
 
Bien que déjà nombreux sur Terre,
Il va falloir que l’on se serre
Si l’on se met à nous cloner.
Mais reproduire à l’identique,
Les gens, mal installés, déjà, dans la boutique,
Cela s’appelle « déc(l)onner.
 
 
 
« LA MORT AUX TROUSSES »
 
La Thaïlande a décidé
D’offrir a ses exclus des obsèques gratuites.
On en vient à se demander
Combien d’entre eux vont donner suite
A cet avantage accordé
Et si c’est là l’ultime choix
Pour les chômeurs en fin de droits.
 
 
 
THERAPIE DE GROUPE
 
L’Inde affiche souvent le meilleur et le pire
Sans aucun complexe, il est vrai.
Mais soupçonneriez-vous l’attrait
Qu’elle peut avoir pour le RIRE ?
Eh bien ! nous dit en clair, un aimable docteur,
C’est là le secret du bonheur.
 
 
 
TROUS NOIRS
 
Pourquoi certains évènements,
D’une importance dérisoire,
S’impriment-ils dans la mémoire
Quand d’autres, vécus amplement,
S’y refusent obstinément ?
Si vous connaissez un remède,
Je solliciterai votre aide.
 
 
 
VERS LIBRES
 
Faut-il, vraiment, dans un poème,
Disséquer les vers, à tout prix ?
Il suffit de dire « je t’aime »
Pour démontrer qu’on l’a compris…
 
 
 
LA BELLE BLEUE
 
On peut se figurer la Terre
Sous les traits d’une belle sphère :
C’est ainsi qu’on nous l’enseignait.
Pourtant ce n’est qu’une patate
Qui se contracte et se dilate
Parfois, hélas, sous notre nez.
 
 
 
COUPEZ !
 
Les gens célèbres, sur un point,
Ne sont pas, par ailleurs, toujours recommandables :
Tel, peut être un savant humainement minable,
Tel autre un poète chafouin.
Dans le cas des chefs de haut rang,
Le risque est encore plus grand.
 
 
 
QUAND ECHOIT LE CHOIX
 
Tant que les intérêts convergent,
Les esprits, de concert, gambergent ;
Mais dès que les susdits divergent,
Chacun réajuste ses verges.
 
 
 
« UN SOT TROUVE TOUJOURS… »
 
Ne croyons pas que la bêtise
Occupe sagement un terrain limité.
C’est à tous les niveaux de notre société
Que son effet se concrétise.
Et le parcours du surdoué
Ne saurait, on l’a vu, bien sûr, le déjouer.
 
 
 
A QUELQUE CHOSE PRES
 
La lutte pour la vie est pour l’humble un combat,
Elle est pour le nanti, tout au plus, un débat.
 
 
 
CUIRE A PETIT FAUX
 
Prendre une morale élastique,
Un bon morceau de politique,
Assaisonner de juridique,
Et vous obtenez la réplique
D’une magouille économique.
 
 
 
SANS CHERCHER LA PETITE BETE 
 
Dans l’Univers connu, la pagaille est la règle,
L’ordre demeure l’exception.
Et l’Homme d’aujourd’hui, qui se prend pour un aigle,
Complète le chaos par ses institutions.
 
 
 
AIDE A LA VACHE ALLECHANTE 
 
L’Italie a toujours pour la fraude fiscale
Un engouement quasi divin.
Mais parquer, à l’étage, en pleine capitale,
Quinze cents têtes de bovins
Traduit un exploit surhumain.
 
 
 
PAROLE D’EVANGILE  
 
Ainsi qu’on l’a dit maintes fois,
Si le Christ revenait sur Terre,
En quelque pays que ce soit,
Il se ferait traiter de dangereux faussaire.
Autant dire qu’il vaut bien mieux
Qu’il reste encore dans les Cieux.
 
 
 
BILL-VESEES  
 
On l’appelle la MAISON BLANCHE
Dès qu’on la voit de l’extérieur ;
Un réflexe que ne déclenche
Nulle vision de l’intérieur.
 
 
 
ASSURANCETOURIX  
 
Le risque nul n’existe pas ;
Dès que l’on avance d’un pas
L’issue est bien souvent confuse.
Faut-il, alors, rester assis
Dans l’attente d’être ranci
Au point de s’en faire une excuse ?
Mieux vaut encore, par ma foi
Accomplir, en son temps, à fond, ce que l’on doit.
 
 
 
MONTE-CHARGES
 
Lorsque l’ascenseur est en panne,
Qu’il soit mécanique ou social,
Il ne reste, parfois, que l’appui d’une canne
Pour vous remonter… le moral ;
Ou la technique du dopage
Si l’on cherche, tout seul, à gravir les étages.
 
 
 
COUP DE TETE 
 
Je me suis fait un BLEU sous le BLANC de mon front ;
Une goutte de sang a chu de la blessure :
Accident tricolore à la juste mesure
D’un « nationalisme » profond.
 
 
 
COMDAMNEE A MORT SURE
 
Quand le droit de grâce est lié
A la marche vers l’élection,
Au Texas, en particulier,
Mieux vaut ne pas compter sur une absolution.
 
 
 
LEPIDOPTERE-A-TERRE
 
« Vous dites que je papillonne
Parce que, sans arrêt, je vais de fleur en fleur
Et vous donnez à ce labeur
Une connotation brouillonne ! »
L’insecte se plaignait, il avait bien raison :
N’est-ce pas ce que nous faisons
Quand le chômage nous talonne ?
 
 
 
QUESTION D’UNITE
 
Dans l’ancienne Union Soviétique,
Il n’existait qu’un seul parti ;
Avec la mafia qui s’implique
Dans les rouages politiques,
Il semble que c’est reparti
Pour un monopole identique.
 
 
 
LES EURO-DISTANTS
 
Pour qu’un lien s’établisse entre Paris et Londres,
Il faut vraiment faire un effort.
Chacun soupçonnant l’autre et pas toujours à tort,
De vouloir simplement le tondre.
On en vient à se demander
Comment les deux tunnels ont pu se rencontrer…
 
 
 
JUSTICE A LA PRESSION
 
On est très heureux de l’apprendre,
L’Orégon n’est pas le Texas :
La condamnée à mort peut, là-bas, se reprendre ;
Une chienne a vécu la minute sensass.
Il est vrai que le tribunal
N’a fait jouer le droit de grâce
Qu’en raison des folles menaces
Lancées par les amis de ce pauvre animal. 
 
 
 
CANCRELASSITUDE
 
–Jeune homme, retenez, au moins, cette leçon
Et renvoyez vos connaissances :
La saucisse n’est pas, malgré la ressemblance,
La femelle du saucisson. 
 
 
 
EN EXCLUSIVITE
 
Le « Titanic » est un fromage
Pour les médias de maintenant ;
Qui doivent regretter pourtant
De n’avoir pu filmer, EN DIRECT, le naufrage. 
 
 
 
PALEOLITIGE 
 
Il semblerait, on en dispute,
Que l’homme de Néandertal
Ne serait pas la sombre brute
Alliée au monde animal ;
Mais un prototype en rodage
Simplement brut de décoffrage.
D’autant qu’on le retrouve, encore, savez-vous ?
A peine rectifié, chez nombre d’entre nous. 
 
 
 
 
LIBERO-CENTRISME
 
Entre les multinationales
Et les monopoles d’Etat,
La différence est marginale,
C’est toujours le même combat :
Eliminer la concurrence
Pour agir à sa convenance
A petit bruit, dans tous les cas. 
 
 
 
 
DE QUOI ETRE ATTERRE
 
Cela revient comme une scie :
Rien ne va dans la galaxie
Contrairement aux apparences.
On nous parle de collisions,
De gigantesques explosions,
D’astres toujours en deshérence.
Et la Terre ? me direz-vous ;
Elle est forcément dans le coup…
 
 
 
« A LA VILLE, VILLE , VILLE, VILLE » (comptine)
 
Il faudra bien qu’on les remise,
Ces bagnoles de grand format,
Par manque de terre promise
Pour satisfaire à leurs ébats ;
Et réapprendre, comme avant
A marcher un peu plus souvent.
 
 
 
POUR TOUT PUBLIC
 
La Roumanie à court d’espace
Y remédie avec bonheur.
Les toilettes cèdent la place
A des commerces sans odeur.
Ainsi les « petits coins » publics
Se changent en lieux de trafic.
Gageons que l’affligé d’un besoin très pressant
Saura bien découvrir l’astucieux commerçant
Qui, pour augmenter sa recette,
Fera resservir la cuvette…
 
 
 
PARTAGE A DEMI, DIT !
 
Quand l’Homme est obligé de disputer la terre
A tous les animaux,
Il peut, tant bien que mal, éliminer les gros
Mais souvent ne sait plus que faire
Lorsque les petits prolifèrent.
 
 
 
MARGE D’ERREUR
 
Dans le cadre élargi d’un forum des métiers,
Un stand fut même ouvert à l’apprenti SORCIER :
A celui qui ne sait arrêter promptement
Ce qu’il a déclenché, tout seul, stupidement.
 
 
 
CURSUS-AUX-« FROMAGES »
 
C’était un homme très, très pris
Traître épris de son arrogance.
Méprisé pour son parti pris
Mais prisé pour son influence.
 
 
 
JUSQU'A MON MOI
 
En poussant le nationalisme
Dans ses derniers retranchements,
On en arrive forcément
A rencontrer le népotisme.
 
 
 
MODE : L’AGE
 
Lorsque notre MOI se déglingue,
L’on peut avoir recours aux fringues
Pour masquer son identité. 
Et, sauf à s’attifer foldingue,
Essayer de rester sourdingue
Aux rappels des infirmités.
 
 
 
UN HOMME-ALLO !
 
Il ne vit qu’avec son « portable »
L’homme prétendument pressé ;
Et lorsqu’il n’est plus repérable
Le voilà, soudain, angoissé.
Sachez qu’il est toujours joignable
Même reclus, dans les vécés.
 
 
 
UNE LONGUEUR D’AVANCE
 
Prendre le mors aux dents, lorsqu’on est édenté
Relève de l’exploit technique ;
Mais avoir le bras long, la quenotte identique,
Prédispose aux grands jeux de notre société.
 
 
 
METTEZ-VOUS AUX VERS
 
Le génie, on l’a vu, n’est pas indispensable,
Il suffit d’un crayon et d’un bout de papier.
Le tout est biodégradable,
Y compris le texte, en entier.
 
 
 
« QUI TROP EMBRASSE… »
 
Le clown qui fait trop de grimaces,
Perd, assez vite, ses atouts.
Le spectateur, dès lors se lasse
Et ne rit vraiment plus du tout.
 
 
 
APPEL A TEMOINS
 
Peut-on, sans faire fausse route,
S’aligner sur son quant-à-soi ?
Autrement dit, où que ce soit,
Se mettre sur table d’écoute ?
Il semblerait qu’on ne le puisse
Même sorti droit de la cuisse
D’un Jupiter de bon aloi.
 
 
 
CONTRE LES ABU(ja)
 
Au Nigéria, la symbolique,
Trouve un terrain d’application :
Pour marquer l’équilibre entre les religions
Clochers et minarets, sont, en bonne logique,
Mis à des hauteurs identiques.
 
 
 
TOUJOURS PRET !
 
 Vrai :  « le malheur des uns… » vous connaissez la suite,
Ainsi pense COCA COLA.
Depuis qu’ « el Nino » facilite
les vagues de chaleur, du côté de Lima
La catastrophe, peu ou prou,
Pour lui c’est vraiment… le Pérou.
 
 
 
LA MAIN VA-T-ELLE PASSER LA MAIN ?
 
Il va falloir que l’on fasse
Quelque chose de nos dix doigts
Quand les robots, à notre place,
Essaieront, sans beaucoup d’audace,
De mettre le Monde à l’endroit…
La main va-t-elle évoluer
Et devenir, à terme, un pied dévalué ?
 
 
 
« QUI RIRA VENDREDI… »
 
« A chaque jour suffit sa peine »
Nul besoin, donc, d’en rajouter.
S’il vous advient de redouter
Qu’un trop plein de bonheur ne gêne
L’épanouissement de votre humilité,
Pensez à la fin de semaine.
 
 
 
CHOC DES PASSIONS
 
Ah ! ces combats de chefs, au nom du bien public,
Quand il s’agit, au mieux, de pouvoir et de fric…
 
 
 
A PROPREMENT PARLER
 
Une entreprise britannique
Ayant le sens de l’esthétique
Pour ne pas dire du social,
Offre aux chômeurs qui se négligent
Un déodorant qui corrige
En amont, un effet assurément fatal
A la préparation d’une embauche, en aval.
 
 
 
DEVINETTE
 
COULE, en français, c’est autre chose
Qu’un adjectif passe-partout.
Les moines le savent. Et vous ?
L’anglais, pour une fois, ici, n’est pas en cause.
 
 
 
OUI, C’EST MOI !
 
Etre salué par la garde
Sur le perron de l’Elysée
Quand la caméra vous regarde :
La photo personnalisée,
Pour le petit chef, quel qu’il soit,
C’est la promotion au grand choix.
 
 
 
UNE RACE DE HEROS
 
On sait bien que le dévouement
Est-ce qui prime dans l’Affaire.
D’où l’héroïque acharnement
A demeurer Monsieur le Maire.
Et l’on ne sera pas surpris
Que cela se passe à Paris,
Une ville très ordinaire.
 
 
 
COYOTE
 
Au Texas, les cons font merveille :
Un dénommé John Pitt, député de combat,
 Aimerait que l’on rabaissât
Jusqu’à l’âge où l’ado s’éveille,
La peine de mort qu’il conseille.
Onze ans lui paraissant le moment adéquat
Pour passer de vie à trépas.
 
 
 
HONGROIS TOUT SAVOIR
 
Un clébard ayant chu dans un semblant de puits,
Un quidam se dévoue et le titre d’affaire.
Aussitôt rassuré, son heureux propriétaire
Ramène l’animal chez lui
Mais laisse au fond du trou le sauveur téméraire.
Cela ne vous rappelle rien ?
Le Renard et le Bouc, voyons, vous savez bien ! 
 
 
 
L’AMER DES NUAGES
 
Il est venu le temps où le printemps s’éveille,
Du moins chronologiquement.
Les jours ont rallongé, mais le soleil se paye
Des erreurs de comportement.
Et la pluie accrochée à la nouvelle
Lune Se fait comme un devoir de n’en rater pas une.
 
 
 
MONT-D(im)PIETE
 
Si vous avez besoin d’argent,
Tout en ayant quelque entregent,
Pensez à la haute finance.
Vous connaissez le F.M.I. ?
Il prête sans être soumis
A de morales exigences.
 
 
 
SUPPORTER-A-TERRE
 
Quand un grand stade est à la UNE,
Pour une affaire de ballon,
On joue encor, sur le gazon,
Mais l’on se bat, dans les tribunes.
 
 
 
PRISONS PRISEES
 
Les prisons, divine surprise,
Se révèlent d’un bon rapport.
Les grandes sociétés qui les commercialisent
Affichent des chiffres records.
Et les propriétaires d’actions
Tablent sur un marché toujours en expansion.
 
 
 
CHANSON DE GESTE
 
Après avoir commandé : « halte ! »
Pour un contrôle de routiers,
Les gendarmes de Rivesaltes
Faisaient gentiment leur métier :
Une modeste commission
Evitait les contraventions.
Tout le monde y trouvait son compte,
De l’homme de base au grand ponte ;
Et quand l’Etat voulut leur rappeler le Loi,
Ils ne comprirent pas pourquoi
Les gendarmes de Rivesaltes.
 
 
 
ILLUSIONITE
 
Pourquoi va-t-on chercher ailleurs
Ce que l’on peut trouver sur place :
Les gens propres, les dégueulasses,
Le pire comme le meilleur ?
Est-ce affaire de pourcentages
Ou bien la quête d’un mirage ?
 
 
 
CONTE EN L’AIR
 
Le bonhomme s’était mépris ;
Il avait donc fait le pari
D’escalader à tire-d’aile
La plus haute tour de Paris
Par la face la plus rebelle.
Il est mort sans avoir compris :
Pour une « économie d’échelle ». 
 
 
 
ETAT : NEANT
 
Au Brésil l’esclavage existe,
Les négriers ont fait des petits.
Officiellement aboli,
En Amazonie, il persiste.
Les droits de l’homme c’est zéro
En face des « pistoléros »
 
 
 
DICTON PLUS
 
« La parole est d’argent et le silence est d’or »,
Et ceci d’autant mieux que l’écran-télé dort.
 
 
 
QUAND LE PRESIDENT PRESIDE
 
Ses discours con-venus, qui repartent de même
Ressassent les poncifs à la sauce suprême.
 
 
 
PALEOLITIGE
 
Tataouine a ses dinosaures
Depuis longtemps fossilisés ;
Mais, ici, pas de métaphore,
Il ne saurait s’agir de gens politisés.
Et même si parmi ces restes vénérables
Il existe l’équivalent
De nos sénateurs flageolants,
Rien de cela n’est discernable.
 
 
 
LES LORDS GARDENT LA CHAMBRE
 
Gagnés assurément par l’ostéoporose,
De leurs génuflexions ils ont réduit la dose ;
Mais conservent, bien sûr, perruques et chapeaux,
Pour donner, pensent-ils, du poids à leurs propos.
 
 
 
DEPRIME EN PRIME
 
On a sorti le parasol
Par habitude.
Le ciel est gris comme le sol
Le coup est rude. Misère !
Maman, même en Mai
On ne fait pas ce qu’il nous plaît…
 
 
 
A LA GODILLE
 
On peut se demander, sans être pessimiste,
Comment va fonctionner notre Communauté :
Avec des chefs coupés de la réalité
Et l’euro rejeté bien avant qu’il n’existe.
Il nous faudrait, au moins, une langue commune
Pour supporter, en chœur, notre lot d’infortunes.
 
 
 
EMISSION IMPOSSIBLE
 
Des gaz lâchés dans l’atmosphère
Développent l’effet de serre ;
Les ruminants, en bloc, sont les premiers visés.
Mais, pur respecter les critères,
Va-t-on devoir se satisfaire
De convenables mammifères
Génétiquement modifiés ?
 
 
 
EPIPHENOMENE
 
L’épigramme, en bref, s’apparente
Au compliment à contrario.
Gardez-vous d’évoquer « l’épigramme d’agneau »
En tant qu’aimable variante.
 
 
 
FESTIVAL DE QUAND ?
 
C’était un film en noir et blanc
Avec des beaufs et des amants…
Et des envies.
Il s’est terminé bêtement
Avec des pleurs et des serments…
Comme la vie.
 
 
 
ESSAIS A NE PAS TRANSFORMER
 
L’Inde fait exploser des bombes nucléaires,
Pour entrer dans le club des « grands ».
L’Occident vertueux s’indigne sans mystère,
La Chine, même, est sur les rangs.
Un festival d’hypocrisie
Dont les politiciens, en chœur, se rassasient.
 
 
 
COURS DES COMPTES
 
Les chiffres que l’on donne
Sont approximatifs :
Recenser les personnes
Serait prohibitif.
Alors on se contente
De dénombrer les sous,
Les achats et les ventes,
L’essentiel… après tout.
 
 
 
Objet Vus Non Identifié
 
Les astrophysiciens, toujours prêts à l’emploi,
Recherchent les exoplanètes,
Celles qui, repérées au bout de leurs lunettes,
S’accomoderaient de nos lois.
Faut-il y voir déjà la planche de salut ?
Ce serait, pour le moins, quelque peu farfelu
 
 
 
LES PARTS DE MARCHE 
 
On nous parle de production
Mais jamais de répartition,
C’est pourtant là que le bât blesse.
Entre ceux qui manquent de soins
Et ceux qui crèvent d’embonpoint,
Dure, dure, la mise au point.
 
 
 
AU NOM DU PERE ET DU FRIC
 
L’Eglise d’Angleterre
A le sens des affaires
Puisqu’elle est actionnaire
D’usines d’armements…
Et chez « Viagra », Maman !
En plus des sacrements…
 
 
 
« PRUDENCE EST MERE… »
 
La Corse, de tout temps, saura nous étonner :
Tel ce ramassage scolaire :
Deux cars sur un circuit, l’un pour les abonnés
L’autre, vide, suivant, quasiment débonnaire.
L’ensemble du convoi dûment subventionné.
 
 
 
AFGHANISTAN-QU’ILS-SERONT-IA
 
Pour les purs talibans il n’est pas de mystère
Et tout s’explique on ne peut mieux :
A chaque tremblement de terre
Correspond, forcément, un tremblement de Dieu.
 
 
 
VRAIS FAUX FRAIS
 
Les Euro-députés se veulent bons-vivants
Et leur statut y prédispose.
De nos contributions largement ils disposent
Sans contrôle, le plus souvent.
 
 
 
LIGNE EDITORIALE
 
Les infos, à l’heure présente,
Ne sont crédibles qu’à demi
Car avant leur mise en vente
Elle sont passées au tamis.
 
 
 
TABLEAU SYNOPTIQUE
 
 « Tous les grands ont leurs petitesses
Et les Petits ont leur grandeur.
 –Plus par moins, ça fait quoi, maîtresse ?
–Toto ! Tu fais le raisonneur. »
 
 
 
MES DESSEINS SANS FRONTIERES
 
Washington peste en abondance
Contre l’imprévisible France
Et ses problèmes culturels,
Alors que tout est si facile
Avec l’anglais à domicile
Et le dollar universel.
 
 
 
CONFLITS, CONFLITS, CONFUS
 
Dieu s’étant avisé que notre genre humain,
Avec obstination, cultivait la bêtise,
Essaya, parait-il, de dénouer la crise,
Mais jugea l’effort « surdivin ».
 
 
 
ASSASSINAT-UREL
 
Les polars russes se déchaînent
Et leur succès va grandissant.
Ce, d’autant plus qu’ils sont le reflet saisissant
De l’existence quotidienne.
 
 
 
DEGAZAGE
 
Quoi de plus affligeant qu’une couche d’ozone
Qui vous joue la fille de l’air :
Alors que, dans les cieux, nos savants la bichonne
Dans l’espoir d’un échange au pair,
Lâchée au sol elle déconne.
 
 
 
S’IL FAUT CONCLURE
 
On peut « faire le point » de deux façons très sûres :
On les met sur les i, ou bien dans la figure.
 
 
 
L’ARME A GAUCHE… ET A DROITE
 
Pourquoi traquer les migrateurs,
Ces oiseaux qui, sans bruit, traversent notre espace
Sans rien nous demander et sans laisser de traces
A l’inverse de nos chasseurs ?
 
 
 
MONDIALEMENT VOTRE
  
C’était l’heure de grande écoute.
J’écoutais donc, coûte que coûte,
Le présentateur de faction
Quand on vit surgir un trublion :
« Pourquoi diable de grands garçons
Se disputent-ils un ballon ? »
 
 
 
AVANTAGES EN NATURE
  
Il faut en faire des efforts
Pour ne pas succomber aux tentations funestes…
Exemple : retourner sa veste
Dans l’espoir d’obtenir un surcroît de confort.
 
 
 
DES CHARGES INTERDITES
  
Le danger, pour un procureur,
 C’est d’abuser du jeu que sa fonction procure.
 
 
 
RECHERCHE A CREDIT
  
Un homme ayant pris l’habitude
De redire tout bas ce qu’il pensait tout haut,
Devint vite un sujet d’étude
Et de thèses de haut niveau.
 
 
 
FLEXIBILITE
  
Le « contexte concurrentiel »
Excuse toutes les pratiques :
L’on vend du salaire partiel,
Ou l’on déplace la boutique.
L’idéal toutefois étant
D’user des deux en même temps.
 
 
 
RENOMMEE
  
On est heureux assurément
Que les livraisons d’armements
Augmentent d’années en années.
Cela compense grandement
Notre absence d’engagement
Dans le commerce des idées.
 
 
 
« Y-A-T-IL UN PILOTE DANS… ? »
  
Si la N.A.S.A. nous le révèle
Il faut admettre que c’est vrai :
Le pilote, tout seul, parfois s’endormirait
Quand l’avion file à tire-d’aile.
Les passagers, heureusement,
L’ignorent généralement.
 
 
 
QUAND L’ELITE SE DELITE
  
Nos énarques, dans leurs harangues,
Défendent vaillamment LA LANGUE :
Las ! l’anglaise, franco de port.
Trop heureux de faire étalage
De leur richissime bagage.
Si prisé dans l’import-export.
 
 
 
DEVOIEMENT
  
La Terre, assidûment, tourne autour du soleil
Mais l’astre, pour autant, ne fait pas du sur place ;
Il entraîne son monde au fin fond de l’espace
Et dans le plus simple appareil.
 
 
 
QUESTION POUR UN CHAMPION
  
Il serait fort intéressant,
D’aucuns diraient divertissant,
De connaître l’impact qu’aurait sur le chômage
La suppression des gaspillages.
Et de savoir combien de bras et de cerveaux
Font, quotidiennement, d’inutiles travaux…
 
 
 
COURT-CIRCUIT DANS LE LONG
  
Qu’un satellite tombe en panne
Et le monde informatisé
Se retrouve paralysé
En quête, quasi, d’une canne.
 
 
 
SANS-PAPIERS 
  
Combien d’individus habitent notre Monde,
C’est un problème déroutant.
Trois êtres naissent par seconde,
Il en disparaît presque autant.
Encore s’agit-il d’une approximation,
Les inscrits nulle part se chiffrent par millions.
 
 
 
EN PLUS DES HOOLIGANS
  
L’Angleterre cultive une spécialité,
Allez donc lutter contre ça :
Ses chasse-d’eau pour les « vécés »
Sont les seules qui ne fuient pas.
 
 
 
DROIT SANS LICENCE
  
Ah ! ces conflits de propriété
Qui développent la chicane
Quand la mesquinerie a le droit de cité
Et que le bon sens est en panne…
« Voisin, ce sentier sans issu
Vous appartient, je le concède ;
Mais retenez que je possède
Sur cette voie un droit de vue
Qu’il n’est pas question que je cède. »
 
 
 
QU’EN SAIT-ON ?
  
On dit les micro-organismes
Incapables de réflexion.
Mais les virus et les prions
Se battent avec héroïsme
Contre nos multiples potions.
Et quand, de leurs calculs, nos clercs perdent le fil,
L’infiniment petit, peut-être, sourit-il…
 
 
 
PIED A PIED
  
Connaissez-vous « le point Lagrange ? »
C’est un endroit assez étrange
Où la Terre, en dépit de sa constitution,
Dispute à son soleil son pouvoir d’attraction.
 
 
 
COUT DES MASSES
   
Durant les « trente glorieuses »
C’est grâce aux « masses laborieuses »
Que notre pays progressait.
Mais aujourd’hui les monétaires
Ont remplacé les prolétaires
Pour le résultat que l’on sait.
 
 
 
NID VIDE
   
Lorsque les enfants sont partis,
Ce que chacun trouvait petit
Devient trop grand,
Pour les parents.
Et les surfaces « agrandies »
Se voilent de mélancolie.
 
 
 
CUISINE AU LEURRE
   
Nous mangeons ce que nous voyons,
En fait, une approximation
De ce qu’indique l’étiquette.
Les produits sont préfabriqués
Afin qu’ils tombent, « éduqués »,
Subtilement dans notre assiette.
 
 
 
JETE AUX OUBLIETTES
   
Lorsqu’on n’a vraiment rien à dire
Mais qu’il faut quand même produire
Sous peine de mort absolue,
L’on se répète ou l’on dilue.
 
 
 
LA LOI DU MILIEU
   
 La carpe, un jour, dit au lapin :
« Quand veux-tu que l’on se marie ? »
Devant semblable hypocrisie,
Le gambadeur de la prairie
Pensa lui poser un lapin.
 
 
 
APPROXIMATIVEMENT NOTRE
   
Nos sens nous trompent tous les jours
Bien qu’ils soient à notre service.
Tel objet qui, de loin, apparaît dur et lisse
Peut être aussi mou qu’un discours.
Mais comment pourrions-nous garder nos illusions
Sans le secours fortuit de ces imperfections.
 
 
 
LE PECHE DU PECHEUR
   
Quatre canetons en bas âge,
De l’espèce collet monté,
Suivaient mère-cane à la nage
En respectant, dans son sillage,
Les règles de sécurité.
Mais un pêcheur, avec sa canne,
Vint troubler l’exercice au point ;
Aussitôt la famille en panne
L’abreuva de propos insanes
Dans le vieux dialecte coin-coin.
Réflexe qu’on eût dit humain.
 
 
 
LE « SCOOP » DE l’ETE
   
Quand viennent les grosses chaleurs,
Les journalistes se défilent
Mais le « Monde », qui sait retenir ses lecteurs,
Leur décrit, parexemple, et sans fausse pudeur,
Comment se reproduit la mouche drosophile.
 
 
 
CREVE-CŒUR
   
Nous avons dit NON aux enfants
Qui demandaient un éléphant
Comme animal de compagnie.
Mais pouvions-nous faire autrement
Alors que notre appartement,
Sans monte-charge, évidemment,
A ses pièces mal réparties ?
 
 
 
PARTIR DE LA CAISSE… NOIRE
   
Il est des fonds qu’on dit secrets
Parce que leur premier objet
Est de naviguer en eaux troubles.
Ainsi l’Etat, toujours radin
Avec le simple citoyen
Rémunère-t-il l’agent double.
 
 
 
« CRENEAU PORTEUR »
   
Vous pouvez devenir gourou
Sans formation particulière,
Il suffit de quelques atouts :
Une propension au bagout
Des appels fréquents au mystère
Plus un auditoire un peu flou.
 
 
 
POUR LA PROCHAINE
   
Un bon tiers de l’Humanité
Ignore l’électricité
Et le confort qu’elle confère.
La technique existe… et les sous
Mais notre Monde est bien trop fou
Pour rogner d’un chouia les budgets de la guerre.
 
 
 
ELLE EST POURTANT BIO
   
La détresse étant ce qu’elle est :
Un produit consommé, sous tous les cieux, en masse,
On peut s’étonner, en effet,
Qu’elle n’ait un rayon dans les grandes surfaces.
 
 
 
ETHIQUE ET TACT
   
Il avait encor les pieds plats
Qu’il mettait, hélas, dans le plat
Avec le souci de déplaire.
Jusqu’au jour où son médecin
Ayant repris, ses pieds, en main
Rétablit leurs voûtes plantaires.
 
 
 
ETOILE FILANTE
   
Elle a dit « c’est dur de vieillir »
La star la moins économique
Qui joue à fond de son physique
Et voit son capital faiblir.
De « neuve » passer d’ « occasion »…
L’argus cote sans concession.
 
 
 
IDEE FORCE
   
Comment, sans nuire à son destin,
Flemmarder, au lit, le matin ? :
Une alerte à la bombe auprès de l’entreprise
Et vous misez, peinard, sur l’effet de surprise.
Mais notre homme, en aval, avait sous-estimé
Des gendarmes actifs la perspicacité.
Il fut donc tiré de sa couette
Au beau mitan d’une ronflette
Et prié, au nom de la loi,
De se chercher un autre emploi.
 
 
 
HOMONYMIE-MINABLE
   
Il ne faut pas confondre, en douce,
Sous prétexte d’affinité,
Les petits cafés, sur le pouce,
Et les sournois pousse-café.
 
 
 
OISEUX
   
Une oie, encore blanche, eut l’idée incongrue
De quitter son enclos et de jouer les grues.
Parée aux petits soins elle alla se planter,
Sur une seule patte, au cœur d’une cité.
Le succès ne fut pas ce qu’espérait la belle :
Après avoir subi des remarques cruelles,
Tenant aux malfaçons de son académie,
Elle quitta les lieux atterrée et meurtrie
Quand elle s’avisa que sa masse de graisse
Séduisait bien plus que ses fesses.
 
 
 
LA MERIDIENNE
   
Parlons peu, parlons bien des effets de la sieste
Et ne négligeons pas ses aspects positifs ;
Bien que, de la journée, elle ampute l’actif,
Elle permet, au moins, de supporter le reste.
 
 
 
« SCIENCE SANS CONSCIENCE… »
   
Parvenir à se contredire
Tout en parlant pour ne rien dire,
Cela peut paraître inventé.
Pourtant il n’en est rien, nombre de gens célèbres,
Désireux de sortir des communes ténèbres
Aux yeux d’un public convoité,
Divaguent, par moments, en toute impunité.
 
 
 
JOUR j MINUSCULE
   
Cela peut paraître tout bête :
Mais pourquoi ne pas simplement,
Faire d’une journée un non-évènement
Et le vivre comme une fête ?
 
 
 
PAS A PAS VERS L’APPAT
   
De part et d’autre d’un ruisseau,
Poussaient deux superbes roseaux,
Chacun voulant, à sa manière,
Privilégier sa roselière.
Survint un vieux brochet qui, c’était manifeste,
Cherchait un abri sûr pour entamer sa sieste.
Les herbes, aussitôt, virent là l’occasion
De mesurer leur ambition.
Fort opportunément une brise aigrelette
Vint favoriser les courbettes
Au point que le poisson ne sut de prime abord
De quel côté chercher son port.
Las ! comme des pêcheurs le surnommaient Armand
Et qu’il crut percevoir ce prénom dans le vent,
Il prit la poudre d’escampette.
 
 
 
DELICATESSE
   
« Sachez, mon bon ami, que je n’ai pas la tête
à faire l’amour maintenant.
–Qu’importe, ma chérie, si vous avez le reste… »
 
 
 
STUPIDE OBSTINATION
   
On ne peut tout prendre au PIED DE LA LETTRE,
surtout quand celle-ci n’en a pas.
C’est se mouiller inutilement que de chercher
les pieds dans l’O.
 
 
 
JEU DE LOIS
   
Les Etats-Unis d’Amérique
S’imaginent qu’ils sont uniques
Ce qui leur donne tous les droits ;
Y compris, selon la formule,
Celui d’être fort ridicules
Quand ils pensent devoir nous imposer leurs lois.
 
 
 
UNE FAMILLE UNIE
   
L’on taxe le travail mais pas le capital,
Ce dernier craint la conjoncture ;
Comme il fait des petits, il est donc bien normal
Qu’il veille assidûment sur sa progéniture.
 
 
 
ALLONS DE L’AVANT
   
L’on sait que dans les temps anciens
L’on s’entretuait pour un rien
Faute de formation civique.
Désormais, grâce à l’instruction
Développée à profusion,
Nous pouvons déjouer cette absurde pratique
Et faire en sorte, heureusement,
Qu’on se batte intelligemment.
 
 
 
MINISTERE DES FI-ance
   
Toi, le Français moyen,
Tu payes tes impôts
Et l’Etat dit : « Très bien,
Tu es au « top niveau ».
Mais tu pourrais aussi rester bon citoyen
Sans te charger de ce fardeau.
Il suffit, pour cela, question de numéro,
D’être au bas de l’échelle ou, bien mieux, tout en haut.
 
 
 
DE LA COUPE…AUX LEVRES
   
Mon fromager m’a demandé :
« Préférez-vous un fromage courant ou un coulant ? »
J’ai montré celui qui était à l’arrêt.
 
 
 
EXECUTION !
   
Au Texas le productivisme
Bat des records d’activité :
Dans ses prisons, où l’incivisme
Est traité sans ambiguïté,
Le couloir de la mort est un créneau porteur
où l’on soigne, avant tout, l’accueil des spectateurs.
Les aménagements sont, eux, exécutés
Par les bienheureux condamnés
Et pendant les travaux, l’affaire est entendue,
Les exécutions continuent.
 
 
 
PROCES VERBEUX
   
L’homme dut subir un BRIN DE CONDUITE
pour avoir confondu l’état de bonheur avec l’état
d’ivresse.
 
 
 
INCOMPRIS
   
A force de TIRER AU FLANC il s’était MIS SUR LE FLANC
et prêtait LE FLANC A LA CRITIQUE.
Eh bien, il en était resté COMME DEUX RONDS DE FLAN.
 
 
 
FOIN ! DE L’EUROPE
   
Les Anglais l’ont trouvé sans peine
Le motif d’un nouveau rejet :
L’Euro n’a pas prévu la tronche de leur reine
Sur ses nouveaux billets.
 
 
 
BOF !
   
Peut-on réellement avoir des idées neuves
Quand tout semble avoir été dit ?
Il paraît bien que non et la meilleure preuve
C’est ce que chaque jour j’écris.
 
 
 
UN DROLE DE…
   
Pourquoi L’Y s’apparente-t-il à un oiseau ?
Parce que c’est un I-BIS.
 
 
 
LIBERTE, LIBERTE CHERIE…
   
Sur internet tout est possible,
L’extravagance a libre cours
Et ce que l’Homme sait produire de nuisible,
S’y fraye aisément un parcours.
C’est ainsi que, grâce à la Toile,
On peut vous vendre des étoiles.
 
 
 
VOUS Y CROYEZ, VOUS ?
   
Il paraît qu’on se sent MOINS JEUNE
quand le temps est PLUVIEUX…
 
 
 
UN GARS DU COIN
   
C’est un type à grosse voiture,
Gros cigare et gros embonpoint
Mais incapable néanmoins
De régler sa propre voilure.
Alors il fait beaucoup de bruit,
Occupe aussi beaucoup de place
Et finalement ne déplace
Que son ennui.
 
 
 
INTERACTION
   
Avec quelques crédits et maintes relations,
On peut faire beaucoup de choses :
Par exemple servir une mauvaise cause,
Ou bien gagner une élection :
Deux actes toujours susceptibles
D’être entièrement compatibles.
 
 
 
« RACONTE-NOUS, GRAND-PERE »
   
-Le combat fut épique, au Sénat, mes enfants,
Pour l’accès à la Présidence.
Deux papis s’affrontaient, sans aucune prudence,
Un duel presque au premier sang ».
 
 
 
PRODUIT AVANTAGEUX
   
Occuper le petit écran
Est le rêve des politiques
Et cela, bien sûr, se comprend,
Puisque l’on y peut, sans réplique,
Laisser croire que l’on est GRAND
Sur le plan moral et … physique.
 
 
 
AU CLAIRON !
   
Que d’hommes tués sans raison
Pour la gloire d’un pauvre con,
Pour sa médaille.
Parce que fort de son galon
Il voulait reprendre un piton
Sous la mitraille…
 
 
 
AU-DELA DE L’AILLEURS
   
Parler d’étoiles à neutrons,
Lorsque l’on n’est qu’un électron
C’est entrer dans le champ des flops astronomiques ;
Où nos calculs savants ne servent plus à rien,
Tant nous sont étrangers les ballets aériens
Des catastrophes galactiques. 
 
 
 
ECHAPPEMENTS LIBRES DE TOUTES CONTRAINTES
   
Vous aimez sûrement la course automobile,
On en a prévu tous les ans.
C’est dangereux, bruyant, futile,
Polluant, mais quand même utile,
Pour distraire nos grands enfants.
D’autant qu’en prime, pour les « sourds »
On sonorise le parcours.
 
 
 
LA COUR AU JARDIN
   
Un escargot, nouvelle drague,
Rêvait d’amour un soir d’été :
Coquille de travers et cornes dans le vague,
Il savourait sa puberté.
Survint, si l’on peut dire, une jeune limace
Heureuse semblait-il de le suivre à la trace.
Le baveux la jaugea non sans quelque mépris :
Elle était toute nue et n’avait pas compris
Que sans dot sur le dos, contre toute espérance,
Elle n’avait aucune chance.
   
Moralité :
La belle toutefois n’en tomba point malade
Et trouva son bonheur au pied d’une salade.
 
 
 
SURPOPULATION
   
Il peut paraître raisonnable
De se METTRE EN QUATRE, et pourtant,
Que tous les gens, d’un coup, veuillent en faire autant,
Et cela devient invivable.
 
 
 
QUAND ON SE SENT SANS SENTIMENT
   
« Faut-il que je m’ôte la vie,
Sylvie ?
–Il est certain que tu me gênes,
Eugène.
–Mais qua vais-je faire sans toi,
Ni toit ?
 –Va finir de boire tes sous,
T’es soûl.
 
 
 
ELONGATION
   
On comprend qu’il soit nécessaire
D’avoir toujours les pieds sur terre
Dans la cabine d’un grutier :
Mais quel métier !
 
 
 
AVEC NOTRE CONTRIBUTION
   
Nul doute que la République,
Prend soin de ses grands serviteurs ;
Ainsi, pour éviter d’ennuyeuses suppliques,
Un pouvoir d’achat destructeur,
Seuls les intéressés, mais avec discrétions,
Gèrent leurs rémunérations.
 


Date de création : 05/11/2007 * 18:25
Dernière modification : 10/01/2009 * 21:02
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