Aujourd’hui, c’est ceux de la Bourse.
Il est un archipel du nom de Tuvalu,
Où tous les droits de l’Homme ont élu domicile.
Eh bien ! dans peu de temps il aura disparu
La mer est à deux doigts de submerger les îles.
Les habitants au raz de l’eau
En appellent au droit d’asile,
En vain, jusqu’à présent, rapportent les journaux.
On peut être vert cru, vert pomme ou vert amande,
Vermillon le matin et vermoulu le soir,
Versatile en songeant aux charmes du pouvoir,
Et verseau chaque jour sans donner de la bande.
Cela dit l’on pourrait tout reprendre à l’envers
Mais nous nous garderons de risquer un… revers.
Homme politique français recherche homologue étranger pour
correspondance suivie en langue de bois.
Dès qu’on plonge dans les matières,
On ne sait jamais où l’on va.
Si la GRISE nous sert à percer les PREMIERES
La NOIRE se dérobe à chacun de nos pas.
Quant à celle dite FECALE,
On l’évoque en un cri, lorsqu’on perd les pédales.
Il n’y voyait pas plus loin que le bout de son nez ;
mais comme il l’avait très long, il se disait presbyte.
Yeux qui piquent, nez qui coule,
Voici le rhume des foins.
Cela ne rend pas maboule
Mais demande quelques soins.
Atchoum ! :
C’est le trop plein du réservoir
Qui s’écoule dans le mouchoir.
On ne s’étonne plus de rien :
Même l’exploit se banalise ;
La Bourse, un jour, vous veut du bien,
Le lendemain elle est en crise.
Le Liechtentein est une banque,
Du moins, à quelque chose près.
Comme, de capitaux, il est toujours en manque,
Les sales sont mis au secret.
J’aime les sentiments clairement exprimés
En vers, en prose, peu m’importe.
Mais rien autant ne s’insupporte
Vous qui faites une croisière
Dans le luxe d’un paquebot,
Songez qu’au-dessus des premières
Il existe d’autres niveaux
Et que, « là-bas », près des chaudières,
Des gens font le sale boulot.
On a voulu placer, au départ, la Finance
Avant tout autre sentiment.
Comment peut-on créer un Euro-mouvement
Avec aussi peu d’attirance ?
Incapable de satisfaire
Sa constante passivité,
Il prit la suite de son père,
S’efforcer de rendre service
Peut être un choix malencontreux :
La reconnaissance d’office
N’est pas un acquis, mais un vœu.
Il peut même arriver parfois
Que le geste gratuit joue à fond contre soi.
La pub, par essence, est trompeuse,
Gardons ce principe à l’esprit,
Surtout quand elle est enjoleuse
Et qu’avec l’art, elle sourit.
Etant donné qu’il faut un temps très étendu
Pour transformer à fond une espèce vivante,
On n’est pas prêt de voir l’Humanité branlante
Accéder, de sitôt, à l’étage au-dessus.
Tout serait pour le mieux
Dans le meilleur des mondes,
Si le meilleur du monde
A la veille des élections
Les candidats sont tout oreilles,
Leurs yeux rayonnent d’ambitions,
Leurs mains se tendent à merveille.
Dès le lendemain du scrutin,
L’électeur sait, déjà, qu’il va faire tintin.
Pour payer un peu moins d’impôts,
Il est des paradis fiscaux
D’une discrétion remarquable.
Mais l’on peut, aussi bien, pour plus de sûreté,
Changer de nationalité
Et rester, néanmoins, tout à fait fréquentable.
Voyager en Asie extrême
Peut poser des réels problèmes :
Des gangs vendent les rails à des casseurs chinois,
Ce qui met les trains hors d’eux-mêmes
Et le voyageur hors de soi.
Le nombre des états augmente tous les ans ;
Nous allons atteindre deux cents,
Mais déjà le chiffre est énorme.
Lors, il ne restera bientôt plus qu’un seul grand,
Le plus retors de nos parents,
Qui nous imposera ses normes.
Modérons nos transports quand ils sont en commun,
Dit l’accro de l’automobile,
Pour permettre à tout un chacun
De prendre pleinement possession de la ville…
Les mots incidemment se mettent à la page,
Voyez le terme CONVAINCU.
Qu’il soit pris en entier ou bien mis en partage,
Il est porteur de sens, si ce n’est de vertu.
Quelle attitude avoir quand les mots vous défient,
Quand Satan dit : « Mais non » et Jésus dit : « Messie » ?
Un papillon papillonnait
Comme il savait si bien le faire.
Le ciel était au beau, le jour carillonnait,
Nul besoin, au fond, de s’en faire.
Mais l’insecte ennivré par le parfum des fleurs,
A chaque fleur disait : « Encore ! »
Hélas ! et ce fut son malheur,
La plus belle était carnivore.
L’Américain Horace
Et les Euro-Curiace
Un combat cornélien
Que dire de ces gens qui se voilent la face
Pour, dans le même temps, se dévoiler les fesses ?
Savez-vous pourquoi les orages
Sévissent en ce mois de mai ?
Eh bien ! c’est la faute aux Anglais
Qui s’emploient à nous mettre en rage :
Ainsi cette perfide Albion
Héberge dans le ciel une basse pression
Qui nous souffle un air chaud saturé de nuages.
Un caneton, un peu macho,
Il est vrai déjà presque adulte,
S’étonnait d’un certain tumulte
Dont il percevait les échos.
Comme il se savait beau garçon,
Il voulut en savoir plus long
Sur ce que préparaient les hommes
Et qui le concernait, en somme,
Du moins le pensait-il tout bas.
Sa méprise apparut autrement plus insane
Quand il sut ce qu’était le festival de Cannes :
Rien d’autre que du cinéma.
Chaque campagne électorale
Tient de la farce grand format.
Les électeurs savent cela :
Une mise en scène banale
Et des comédiens sans éclat.
Les gens font semblant d’écouter
Mais c’est par pure charité.
A Douvres un pan de falaise
Dans les flots vient de s’engloutir.
Eh bien ! que dit la presse anglaise,
Aussitôt, pour s’en réjouir ?
« La France, il faut le reconnaître,
S’éloigne encore de vingt mètres. »
Non, elle n’est pas d’abondance
La Corne de l’Est africain :
On s’y bat avec insistance
Pour quelques arpents de terrain
Dépourvus de toute importance.
Mais l’Erythrée et l’Ethiopie
Y ruinent leur économie
Dans la plus grande indifférence.
LA FONCTION DU FONTIONNAIRE
Nous sommes, à coup sûr, les dindons de la course
Dans la course folle au profit,
Nous les simples assujettis
A la retenue à la source.
Et lorsque nous rêvons d’escapade estivale,
Les autres s’initient à l’évasion fiscale.
Dans trois ou quatre ou cinq mille ans.
Si la Terre est toujours d’aplomb sur son orbite,
L’Homme ira sûrement et plus loin et plus vite,
Mais restera soumis à son comportement.
Car pour améliorer l’espèce
Et que le résultat nettement apparaisse,
C’est en millions d’années qu’il faut compter le temps.
Il faut toujours faire attention
A ce qu’on ne fait pas.
Qu’elles que soient les précautions
On risque les faux pas :
Faut pas faire ceci,
On avait poussé le gadget
Jusqu’à s’égarer sur le Net
En quête de grande aventure.
Après bien des tâtonnements,
Ce fut un éblouissement :
On apprenait qu’un gars revendait sa voiture
Et qu’on pouvait la voir chez lui,
Mais à Santiago du Chili…
EVANGILE SELON SAINT GLINGLIN
Si Jésus revenait sur Terre,
Il découvrirait la galère,
Si tant est qu’il obtienne un permis de séjour…
Lui qui prisait si peu tous les marchands du Temple,
Comprendrait assez mal qu’on les donne en exemple
Il est de pure tradition,
Dans toutes les corporations,
De moquer le travail de l’autre.
Prenez n’importe quel chantier :
L’ingénieur critique l’ouvrier,
Le maçon se rit du plombier,
Dans l’invective l’on se vautre…
Bien sûr, dans l’Administration,
On ne saurait faire exception
Tout au long de la hiérarchie.
Et quand on arrive au sommet,
Le grand patron, qui n’en peut mais,
Adresse au Ciel ses vacheries.
PRODUITS DE GRANDE CONSOMMATION
Sauf à s’y prendre comme un pied,
Taper dans un ballon peut devenir rentable,
Voire grandement profitable,
Si l’on sait en faire un métier :
Plus le prix demandé comporte de zéros,
Et plus le footballeur est dit de haut niveau.
Comme il ne savait plus mettre ses pieds ailleurs
Que dans le plat,
Lorsqu’il sortait tout seul, il avait des sueurs
DU MAUVAIS USAGE DES AGES
A quelque soixante ans, c’est déjà la retraite,
Dans le public, dans le privé.
Dans la politique on s’apprête
A partir à l’assaut d’un poste convoité.
Quant au domaine religieux,
On ignore le sens que cache le mot : « vieux ».
On avait décidé de se laisser aller, mais cela
relevait moins de la détente que de la détention.
Loin du cercle des « golden boys »,
(Comme l’on dit en langue d’Oil)
Je voulais être un « star-stupeur »
Et cherchais vivement un « capital-risqueur »
Dans la nouvelle économie.
J’avais promu mon « business-plan »
Pour produire, à mon tour, du vent
Comme fripon et compagnie.
Et pensais gagner la partie.
Eh bien, cela n’aboutit pas,
Le produit existait déjà.
Un aspect de l’automobile
Est d’ajouter un plus à nos emmerdements :
Outre qu’elle nous pousse à des déplacements
O combien parfois inutiles,
Elle pollue abondamment
Les esprits, les poumons et l’environnement.
Quand on voit comment les insectes
Se déplacent la tête en bas
Sans que la posture n’affecte
L’intimité de leurs ébats,
On se sent pris de compassion
Pour nos faibles constitutions.
L’EUROPE A LA PETITE SEMAINE
Avec notre monnaie unique
Comme seul lien européen
Il faut vraiment être euphorique
Pour se sentir unis à nos proches voisins.
Un oisif s’adonnait à son plaisir suprême :
Faire la sieste en temps réel.
Survint un importun à face de carême,
De ceux qui trouvent naturel
D’enquiquiner les gens et ce jusqu’à l’extrême ;
« Mon ami vous avez énormément de chance
De pouvoir vous décontracter.
Moi, mon emploi du temps dans la haute finance
M’interdit de vous imiter. »
Il n’obtint, pour toute réponse,
Que le doux ronflement du bienheureux qui pionce.
On n’a guère, chez les fourmis,
De démarche très personnelle :
Le groupe, semble-t-il, par lui-même est soumis
A des contraintes rituelles.
Toutefois, il peut arriver,
La Fontaine nous le signale,
Qu’une d’elles, sans la chercher,
Rencontre un jour une cigale.
Bref, il ne faut jurer de rien.
La nôtre s’éprit bel et bien
D’un papillon multicolore
Venu butiner l’ellébore.
« Emmène-moi donc avec toi,
Je veux fuir cette fourmilière,
Vivre, enfin, en pleine lumière,
Eprouver, du vol, les émois ».
Le galant ne fut pas insensible à l’audace
Et prit la belle en sa besace.
Et c’est depuis cet hyménée
Que l’on voit des fourmis ailées.
« SUIVANT QUE VOUS SEREZ… »
Un ver luisant s’était posté
Sur un passage fréquenté
Par nombre d’animaux que la nuit suractive.
Conscient du service rendu,
Il pensait que ces inconnus
Apprécieraient l’initiative
Et que quelques uns des passants
Sauraient trouver le compliment.
Las ! ce ne furent qu’invectives
Du genre : « C’est pas avec ça
Qu’on évitera les cacas.
Il voudrait supplanter la Lune
Et nous jouer les importants
Avec si peu de carburant ? »
Le ver fut décontenancé
Par de telles ignominies
Et sur les conseils d’une amie
Il dut remettre à plat sa façon de penser
On est toujours saisi d’effroi
Quand le militantisme croît,
Pour défendre une cause inepte ;
Et que, malgré l’absurdité
Des faux espoirs véhiculés
Il fait, d’autant plus, des adeptes.
Non par esprit d’imitation,
Moins encore par conviction,
Une mante avait pris sa pose religieuse.
N’ayant pu faire ce jour-là
De son amant un vrai repas,
Elle attendait sa proie, anxieuse.
Mais les heures passaient sans le moindre butin,
Le plus petit animalcule,
Pour activer les mandibules,
Quand elle rêvait d’un festin…
Soudain, sans raison apparente,
Sa bouche s’anima d’un léger mouvement.
L’on comprit, alors, que la mante
S’efforçait de prier, vraiment.
Lorsque l’on sort de sa voiture,
Il faut faire bonne figure :
Montrer discrètement ce que l’on tient en main :
Un jeu de clés, bien sûr, un mégot même éteint.
Mais le chic, d’après les sondages,
C’est quand les deux font bon ménage
Avec un portable élégant
Qui vous somme à tout bout de champ.
Comme il redoute fort de tomber sur un os
Chaque fois qu’on lui sert quelque produit gratos,
Il dit que tout se paie en phase libérale.
C’est ainsi que, depuis toujours,
Il ne veut connaître en amour
Que ses dispositions vénales.
QUESTION POUR UN CHAMPION
S’il advenait qu’une comète
S’écrasât sur notre planète,
Nous serions sûrement privés
De voir le choc à la télé.
Pouvez-vous nous dire pourquoi ?
Nous allons compter jusqu’à trois.
Au fond, les convoyeurs de fonds
Ne sont pas des coureurs de fonds
Comme on pourrait parler de coureurs de jupons ;
Mais ils redoutent plus que tout
D’être coureurs de fond traqués par des voyous.
Un pauvre hérisson, malgré tous ses piquants,
Gisait au milieu d’une route.
Et que prêchaient les braves gens ?
Que c’est toujours très imprudent
De vouloir traverser, ainsi, coûte que coûte,
Que l’on a dit et répété
De regarder à droite, à gauche,
Pour éviter que ne vous fauche
Quelque chauffard invétéré ;
Et qu’il est plus que déplaisant
De voir un hérisson gisant,
Alors que tout cela pouvait être évité.
Faut-il faire un effort pour être dans le vent
Ou bien faire du vent et croire qu’on est fort ?
Autrefois, en cas de conflit,
Mieux valait, pour être à l’abri,
Pointer civil que militaire.
Désormais, c’est tout le contraire,
Un soldat ne se risque guère ;
Les Américains l’ont compris
Qui bombardent le sol depuis la stratosphère.
J’aime le bruit de l’eau qui sourd de la fontaine ;
Stupide, direz-vous.
Et pourtant, entre nous,
C’est comme qui dirait une aimable rengaine
A laquelle on prend goût :
Goût-goût, goût-glou, glou-glou…
Quand on brigue la Maison Blanche,
Pour séduire l’électorat,
Mieux vaut avoir été un joyeux cancrelat
Qu’un intello doré sur tranche.
Mais nombre de partants sont vite au « top niveau »
Pour peu que les dollars complètent le tableau.
Combien faut-il compter de temps,
Avant de prendre du bon temps,
Lorsque l’on a l’esprit morose ?
Et que le temps prend tout son temps
Pour chasser les emmerdements
Et patronner la vie en rose ?
C’était un pauvre gnou, borné comme il se doit,
Toujours prêt à suivre son maître,
Même quand ce dernier, il faut le reconnaître,
L’entraînait bêtement dans les pires endroits.
Or, un jour, il advint un fait des plus classiques :
Deux grands chefs s’affrontaient, lequel des deux choisir ?
L’animal n’ayant pas et de loin la pratique
De méditer avant d’agir
Vint se placer entre eux en laissant au hasard
Le soin de dissiper son affreux cauchemar.
Dès lors ce qui devait arriver arriva,
Ce que le pauvre gnou, bien sûr, ne comprit pas.
Les pétro-princes-principaux
Qui gèrent l’Arabie heureuse,
Ont des principes féodaux
Mais des traditions merveilleuses :
Un condamné à mort à la tête tranchée
A la mode ancienne, inchangée.
La morale, vois-tu, ne garde le moral
Que dans la mesure où, peuchère,
Elle accepte, tant bien que mal,
Les variations saisonnières.
On avait rassemblé toutes les précautions
Pour que la fête réussisse :
Les personnalités et leurs décorations,
Les vains discours, les vins d’honneur et vingt saucisses,
En espérant, du ciel, au moins l’absolution.
Il a fallu qu’il nous trahisse.
Pourquoi donc voulez-vous écrire
Puisque vous ne serez pas lu ?
Ainsi questionnait un élu.
–Parce que cela m’aide à rire,
Lui fut-il, alors répondu.
C’est un peu moins de forts en thèmes
Mais un peu plus de gars sympas
Que le recruteurs de l’E.N.A.
Devraient prévoir dans leur barême.
La perle rare demeurant
Du plus haut d’une habitation,
Un pigeon regardait un homme en sa voiture
Prisonnier de son invention.
Et de se demander si, dans cette aventure,
L’homme n’était pas le pigeon.
Non, l’euro n’est pas l’argument
Qui peut mobiliser les foules.
Sauf les spéculateurs, forcément à la coule,
Le commun des mortels s’en fout complètement.
Il paraît que les indigènes,
Dans une île, sans cocotiers,
N’aiment pas trop les allogènes,
A part leur soutien financier.
Et ceux qui ne comprennent pas
Sont rapidement mis au pas.
Si la fréquentation baisse dans les églises,
C’est parce que la foi s’y trouve mal assise.
Pourquoi se limiter aux régions frontalières,
Aux îles plus ou moins guerrières ?
L’Auvergne doit pouvoir jouir des mêmes droits
Et, dans un premier temps, être scindée en trois.
Puis, forte de ses libertés,
Accroître sa diversité
Tout en envisageant lors d’une phase ultime,
D’accéder aux désirs intimes :
Partager les bourgs par niveau,
Saint Flour-le-Bas, Saint Flour-le-Haut.
On lui demande trop de nous prêter main forte,
A Dieu.
Comment voulez-vous qu’il en sorte,
L’air et l’eau sont les carburants
Qui font fonctionner la machine,
Celle qui, notre vie durant,
Alimente notre routine.
Et notre estomac, direz-vous ?
Il ne sert qu’à boucher les trous.
Les journaux relatent souvent
La désinvolture atavique
Du Français moyen recevant
Les étrangers qui touristiquent.
Soixante dix millions, pourtant
Bravent la fâcheuse pratique…
La France serait idyllique
Sans ses maniaques habitants.
Si l’on en croit certains cancans,
Tout n’est pas blanc au Vatican,
Il est aussi des vies en rose,
Malgré l’atmosphère morose,
Qui se vivent discrètement.
Si les oiseaux étaient en somme,
Aussi balourds que nous dans leurs déplacements,
Nous devrions assister, ou ce serait tout comme,
A des heurts quasi permanents.
Rien de tel, fort heureusement
Et dire que Dieu s’est fait Homme…
Une erreur d’orientation
A défaut d’autre explication.
Cent types meurent en bateau,
Les médias en font aussitôt
Leur titre de première page.
Qu’un avion explose en plein vol
Et dans l’instant l’on cherche au sol
Les causes de ce dérapage.
Sur la route, un week-end meurtrier,
Mobilise un bout de papier
Pour rappeler que c’est l’usage.
Chez le jeune Yankee, le jeu qui fait fureur,
C’est une exécution sur la chaise électrique.
Quoi de plus formateur pour la mise en pratique
Qu’il devra promouvoir s’il devient gouverneur !
Le foot n’est plus un sport mais un produit boursier
Et seuls les grands clubs ont la cote.
Les buts enregistrés : autant de bonnes notes
Qui suscitent l’émoi des milieux financiers.
C’est pourquoi les compétitions
Doivent mettre en contact l’élite des champions.
Les équipes font fi des nationalités :
Elles jouent, avant tout, leur rentabilité.
Dire que l’on voit des étoiles
Qui désormais n’existent plus…
La lumière qui les dévoile
N’étant, dès lors, qu’un résidu.
Un sujet de méditation
Pour les soirs sans télévision.
Je viens de lire un titre, inquiétant tout de même :
Stéphanie aurait des problèmes.
Sachant combien la vie est rude à Monaco,
Il ne peut s’agir de ragots.
Bien que parti de rien pour aller nulle part,
L’Homme craint, chaque jour, de prendre du retard.
CONTRONS LES CONTRADICTIONS
Comment baisser l’impôt, avec quelque rigueur,
Sans porter préjudice à ceux qui le perçoivent ?
Comment, très librement, vouloir faire le zouave
Au volant d’un engin équipé d’un moteur
Et crier sus aux pollueurs ?
Comment prôner le blanc et travailler au noir,
Comment chanter la Terre et violer le terroir ?
Ce fut un jour presque idéal :
Nos grands chefs étaient en vacances,
Les autos n’avaient plus d’essence,
On respirait un air normal.
Un instant de rêve assez bref :
On ne peut se passer de chef
Moins encore, bien sûr, d’essence.
Tout de même, ce fut, en France,
Un jour, mine de rien, qui vous rend le moral.
En Arabie, enfin, les femmes,
Qui n’étaient guère que des « âmes »,
Vont avoir dans la société
Une carte d’identité.
Dans ce pays où le pétrole
A seul, ou presque, la parole,
La démocratie, à présent,
Vient de faire un pas de géant !
OUVRONS LE « PARE-COUCHE »
Il va falloir que l’on se terre
Pour éviter l’ultraviolet…
Hélas ! aussitôt c’est la serre
Qui fera sentir son effet.
Mais, de couche, dont on s’étonne,
Demandons-nous honnêtement
Si l’Humanité, franchement,
N’en tient pas quand même une bonne…
C’est sur la pression de la rue,
Lorsque les populations ruent,
Que les gouvernements s’affolent.
Ils trouvent alors de l’argent
Pour apaiser ces braves gens,
De peur qu’ils ne fassent l’école.
On peut dire que les abeilles
Sont formées à l’économie :
La ruche fonctionne à merveille,
Dans le respect des hiérarchies.
Seuls les mâles ont le bourdon,
Même quand, pour un temps, ils font les fanfarons.
Et si l’on revenait à l’Homme des Cavernes
Quand nos grands-parents Cro-Magnon
S’essayaient à compter des gnons
Lorsque la vie à deux s’avérait par trop terne ?
Il suffirait qu’un cataclysme
Se prenne au jeu de l’incivisme
Et parvienne à tarir nos sources d’énergie
Pour nous retrouver « chez Lucie » :
Notre ancêtre préhistorique
Qui vivait, jadis, en Afrique…
La femme a tort de copier l’homme
Dans ses débuts les plus voyants :
Boire et fumer avidement,
Conduire idiot, ou c’est tout comme.
Elle va donc combler inexorablement
L’écart qu’elle creusait fort intelligemment,
Entre elle et lui
Au saut du lit. Quand l’esclave devient le maître,
On doit, hélas, le reconnaître,
Il fait subir souvent à ses subordonnés
Les maux qu’il a lui-même, autrefois, endurés.
Représentez-vous, un instant,
Un lot de patrons, des plus grands,
De ceux qui gèrent la planète
Comme une société secrète,
Contraints de prendre le métro
Parce que, ce jour-là, d’infâmes écolos
Avaient bloqué « leurs voiturettes » :
Conséquence, ô damnation !
De l’anti-mondialisation.
Non, le diplôme n’est pas tout,
Petit ;
Il ne peut être qu’un atout
ON NOUS « BERCY » D’ILLUSIONS
Savez-vous que la T.V.A.
A des caprices de starlettes,
Qu’elle tarifie ses ébats
Pour provoquer des maux de tête ?
Si vous êtes tuyau de chauffage central
Et passez, d’un saut sans bavure,
De l’ancien au tout neuf, dans le même local,
Les taux vont s’appliquer à gonfler la facture.
Un corbeau, perché sur un fil,
Baîllait sans qu’on en sût la cause.
Il arriva, toujours est-il,
Qu’au sol, je fis la même chose.
L’oiseau, sans le vouloir, m’ayant influencé,
Me donna l’impression, alors, de repenser
A son ancêtre de la fable,
Abusé, dans un cas qu’il dut juger semblable ;
Si bien, qu’après un fort et bref croassement
D’une indiscutable insolence,
Il s’envola nonchalamment
Pour montrer son refus de toute connivence.
SIECLE DES LUMIERES TAMISEES
Prenez Jérusalem, une ville insolite
Que l’Histoire a placée au carrefour des rites
Les moins accommodants :
Chaque communauté s’arroge le mérite
D’y vivre et d’y mourir, accrochée à ses mythes,
Œil pour œil, dent pour dent.
Sur le marché des capitaux,
Qui mène le Monde en bâteau,
On parle d’un pays « en développement »
Dès qu’on peut le piller économiquement.
UNE QUESTION DE MOBILIER ? PAS VRAIMENT.
Aux Etats-Unis, il vaut mieux être condamné
au fauteuil électrique roulant
qu’à la chaise électrique fixe.
La pluie est de retour, comme elle sait le faire,
Pour peu que le ciel soit d’accord.
L’escargot vaque à ses affaires,
Le papillon, lui, reste au port.
Seul l’homme, insatisfait, savamment s’interroge :
Arrive-t-elle au bon moment…
Trop abondante ou chichement ?
Et plein de lui-même s’arroge
Le droit d’émettre un jugement.
Nous sommes issus, paraît-il,
Après maints mélanges subtils,
D’une quelconque étoile morte.
Autant dire que nous pourrions
N’être que des produits de récupérations
Bruxelles croule sous le nombre
De problèmes cyclopéens,
Comme se pencher avec soin
Sur la courbure du concombre.
Question posée, au demeurant,
Par un producteur vigilant.
QUAND DEUX VALENT MIEUX QU’UNE
Il convient d’appliquer, lorsqu’on est dans le doute,
Le principe de précaution,
Aussi bien dans le choix de votre casse-croûte,
Qu’au niveau de vos relations.
Supposez qu’une âme frivole
Vous fasse vachement de l’œil :
Gardez-vous d’étaler sottement votre orgueil,
Elle est, à coup sûr, un peu folle.
Si l’on veut être performant,
Il faut écraser l’adversaire,
Phagocyter les concurrents,
Laisser la morale au vestiaire.
C’est l’esprit « S’il-est-con-valley »,
Tel qu’il s’exporte désormais.
On peut avoir le nez ou l’oreille absolu
Et la bêtise, aussi, mais c’est moins reconnu.
Vous cherchez un « terrain d’entente »
Et vous n’avez pas de jardin,
Allez donc planter votre tente
Dans le square public voisin.
Si l’on vous en fait le reproche
Dites que c’était le plus proche…
Que le hasard vous mette en face
De gens qui vous sont inconnus
Et peu à peu, l’idée, en vous, se met en place
Que vous les avez déjà vus.
Prenez sagement le temps de sourire,
Si vous n’avez pas celui de parler.
Il vaut mieux, parfois, rester sans rien dire
Que d’être contraint de se rebeller.
La formule est connue et ce de longue date :
Si l’on veut qu’un problème entre en hibernation,
Il suffit, dans un flot de discours disparates,
Rions de voir qu’en Amérique
L’on se sert encore des mains
Pour recompter des bulletins,
Ainsi qu’on le faisait dans les temps héroïques.
Et comme on est, là-bas, en plus, procédurier
L’on scrute obstinément tous les bouts de papier.
Ornithorinque de naissance,
Presque animal de collection,
L’Homme me tient, par sa science,
Pour une étrange aberration.
Et pourtant, s’il était sincère,
Il verrait que ses congénères
Ont parfois pieds et poings liés
Et des pifs pas très réguliers.
D’autre part quand on sait pondre comme des pros,
Pourquoi ne pourrait-on allaiter ses marmots ?
On l’appelait : « chien de quartier »
Quand il hurlait ses infamies.
Mais dans une armée de métier
Peut-être n’est-il plus, sous des dehors altiers,
Qu’un « animal de compagnie »…
On parle « clos » ou « résidence » :
C’est plus chic que « lotissement »,
De « jardins privatifs », privés d’indépendance,
Et de « vue imprenable », entre deux bâtiments.
Elle s’éloigne de la Terre
D’un bon centimètre en cent ans.
Pour ma part, je n’y vois aucun inconvénient
Mais si vous pensez le contraire,
La télé saura bien nous dire, au bon moment,
Ce que chacun de nous, aussitôt, devra faire.
Dans un espace intermédiaire,
Deux punaises se rencontraient.
L’une venait des bois, l’autre plus casanière,
D’une vieille maison guère ne s’écartait.
La verte s’investit sitôt dans le prologue :
« Venez donc courir dans les champs,
Nous y poursuivons le dialogue
Au grand air et plus librement ».
Mais la plate crut bon de raconter sa vie :
-Hier, punaise de sacristie,
J’ai suivi, la retraite aidant, le tout dernier des officiants.
Je me trouve donc ici-même
Avec le gîte et le couvert,
Sans risque de faire carême,
Protégée été comme hiver.
L’autre, alors, repliqua :
« La maison de retraite
Se paye, semble-t-il quelque peu votre tête
En vous laissant, pour tout repas,
Ce qui tombe des matelas. »
- Certes, mais qu’en est-il de vos bois et prairies
Où, paraît-il les pesticides
Provoquent, dans vos rangs, de multiples suicides
Et déciment vos colonies ?
Ici, j’en suis d’accord, c’est loin d’être parfait,
Mais au moins, voyez-vous, on nous fiche la paix.
Allons, portez-vous bien, je retourne au logis :
C’est l’heure où l’on refait les lits.
Il avait reçu des idées,
Justement des « idées reçues »,
De celles tarasbicotées
Généralement mal venues.
Mais lorsqu’il voulut s’en défaire
Auprès d’illustres inconnus
Il dut renoncer à l’affaire :
Ils étaient largement pourvus.
Nul pays ne peut se permettre
De donner des leçons d’éthique à ses voisins
Car tous peuvent se reconnaître
Dans un rôle de spadassin.
Quant à ceux qui n’auraient pas commis d’exactions…
C’est parce qu’ils n’ont pas encoure eu l’occasion.
Il était « manœuvre léger »
Il est « technicien de surface ».
Pour lui, bien sûr, rien n’a changé :
Il fait un boulot dégueulasse.
Mais la société qui l’emploie
Avait besoin d’un relookage ;
Comme il fallait que ça se voie,
Elle a mis le paquet sur le choix du langage.
La Miss France était aux enchères,
Le suspense, en un mot, devenait oppressant ;
Soudain je m’endormis d’un sommeil innocent
En rêvant de pomme de terre ;
Et pourquoi ? Vraiment je ne sais,
A la « belle de Fontenay »…
Qui pensez-vous qui nous gouverne,
Les politiques de tous bords ?
Ce ne sont là que balivernes,
Le pouvoir est ailleurs, le fort :
Qu’un super financier toussote,
Aussitôt la Bourse clignote
Et les meilleurs projets capotent.
Quand on parle « vide-gousset »,
On oublie, à dessein, « l’Europe des sommets »,
Et pourtant que d’argent jeté par les fenêtres
Pour satisfaire le bien-être
De négociateurs d’accord… pour des banquets.
HELICE AU PAYS DES MERVEILLES
Notre seul porte-avions retourne en cale sèche :
C’est une sage précaution
De le mettre à l’abri, puisqu’il n’a pas la pêche,
Des risques inhérents à la navigation.
Comment voulez-vous que fonctionne
Une Europe à trente nations
Lorsqu’on sait que pour deux personnes
On est loin de trouver toujours la solution…
Mais le Marché tient la vedette,
L’Europe des consommateurs
Se doit, tout d’abord, d’être prête
A se livrer aux producteurs.
On prétend que l’anglais, au fond, est plus pratique
Que notre parler national ;
Alors on dit : « O.K. ! », pour être original
Quand : « D’AC ! » est plus économique.
DANS LES CABINETS
Ministre, l’on vous sollicite Pour un gars dépourvu de spécialisation
Mais nullement de relations ?
Un recours s’offre sans limite :
Nommez-le « chargé de mission ».
Elle se battent, les mésanges,
Pour des graines de tournesol
Alors que la mangeoire est pleine : ras le bol,
Que personne ne les dérange…
C’est la quête d’un PLUS, à vrai dire normal,
Un comportement…d’animal.