Les épigrammes de Léo
 -  A lire directement
Epigrammes de Léo
+ Les volumes prêts à imprimer
Lettre d'information
Pour avoir des nouvelles de ce site, inscrivez-vous à notre Newsletter.
S'abonner
Se désabonner
25 Abonnés
Webmaster - Infos
Ecrire à killwill69  Webmestre
Ajouter aux favoris  Favoris
Recommander ce site à un ami  Recommander
Version mobile   Version mobile
Visites

   visiteurs

   visiteurs en ligne

Sondage
Quelles évolutions voulez-vous que ce site aborde?
 
Plus d'épigrammes
Plus d'interactivité
Un forum
Pouvoir partager mes épigrammes
Résultats

A lire directement - 11-Onzième volume

leo - bann468x60.gif
ONZIEME VOLUME

 
UNE « ENCORSE » AU REGLEMENT
 
Il ne vivait depuis longtemps
Que d’allocations familiales ;
Or il n’avait aucun enfant,
Si ce n’est virtuellement ;
Mais des relations amicales
Avec la Caisse Régionale
Y suppléaient parfaitement.
Jusqu’au jour où, manque de pot,
Ce fut l’appel sous les drapeaux…
 
 
 
INTERET CAPITAL
 
Quand un pays entre en Histoire,
Comme l’on entre en religion,
Soit parce qu’un voisin met soudain la pression
Ou par le simple jeu de ses propres déboires,
Il fait un bon sujet pour la télévision.
Mais dès lors qu’à nouveau le système ronronne,
Il n’intéresse plus personne.
 
 
 
SCIURIDO
 
C’était un tout jeune écureuil
Que ses parents avaient à l’œil,
Vu qu’il était enclin à chercher l’aventure.
Un jour qu’il s’égayait hors des sentiers battus,
Dans un buisson il aperçut
Un objet rouge et blanc, couvert de moisissures.
De retour au bercail, il s’adresse aux parents,
Sans préciser l’endroit, décrit l’évènement
Et s’inquiète des conséquences.
« Si ce que tu dépeins, répondit le papa,
Est vrai, dans le détail, ce n’est qu’un livret A.
Et la maman, qui savait lire,
D’ajouter, avec un sourire
« Celui de l’Ecureuil, qui ne rapporte pas. »  
 
 
 
PRENDRE LANGUE
 
Prise de bec, prise de sang,
Prise de participation ;
Prise d’otage à l’occasion,
Le verbe parfois se surprend
A rêver qu’il demande au ciel
D’être employé à « temps partiel ».
 
 
 
UN CAS
 
Tonton était tenté par la contestation ;
On le tâtait souvent à table.
Alors, quand il voulait se montrer plus aimable,
Du repas, pris sans conviction,
Il disait que c’était mangeable.
 
 
 
EN BONS POINTS
 
Conjuguer, à loisir, les thèses libérales
Et la surcharge pondérale,
Relève des atouts requis
Pour être un honnête Yankee.
 
 
 
ENTRAIDE
 
Si vous n’avez plus de problèmes,
Faites appel à vos voisins.
Soyez sûrs qu’ils sauront, d’eux-mêmes,
Regarnir votre magasin.
 
 
 
POUR SUR, COMTESSE
 
On dit « Les Mémoires d’un Ane »
Serait-ce un pluriel singulier ?
Rien, pourtant, n’est plus régulier.
Car Baudet, que l’Homme condamne
A n’être qu’un sot maquillé,
Se souvient de tous ceux qui l’ont fort humilié.
Et rien ne sert d’user du subterfuge toc
Qui consiste à passer, presto, de l’âne-au-coq.
 
 
 
L’HOMME FUT SAUF
 
Elever des faisans pour les tuer, en vol,
Est un des plaisirs de la chasse.
Or il advint qu’un vil rapace
Crut bon d’intervenir, au sol.
Que fit le vaillant éleveur ?
Il occit, sans remord, le cruel prédateur.
 
 
 
LA TETE PRES DU BONNET
 
Entre l’accent dit GRAVE et l’autre, CIRCONFLEXE,
On peut envisager, même si ça les vexe,
Une certaine parenté.
Rien de tel pour l’AIGU. Sans être fort tête,
Il mène seul sa barque et se tient sur la crête,
Insensible à l’adversité.
Quand au TREMA, peinard, il n’a qu’une ambition :
Contrer le point sur l’ I dans quelques occasions.
Un exemple donné gratis :
Quand l’un veut faire : MAIS, l’autre reprend ; MaïS.
 
 
 
NI PLUS, NI MOINS
 
L’épigramme, c’est quoi ? dirons les gens honnêtes :
De la philosophie au ras des pâquerettes ;
 
 
 
IL EN FAUT POUR TOUS LES COUT
 
Les gens ne sont pas difficiles,
Un rien, très souvent, les distrait.
Un spectacle, même débile,
Pour un certain public ne manque pas d’attrait.
C’ est pourquoi la télévision
N’a pas à redouter une désaffection.
 
 
 
TROU-LAI-TROU
 
Savez-vous qu’un « secret défense »,
Mis en évidence au menu,
Dissimule souvent, soyez-en convaincu,
L’une de ces grosses dépenses
Dites, en clair, « à fonds perdus » ?
 
 
 
LA LOI DU RETOUR
 
Qui parle de « retour sur investissement »
Dit « retour de bâton » sur des licenciements.
 
 
 
DEVISE
 
On « raffine » bien le pétrole…
Pourquoi donc n’essaierait-on pas
Avec « le brut », qu’à petits pas,
L’on achemine vers l’école ?
 
 
 
MOUVEMENTS DE FOULES
 
Que dire de ces étourneaux
Qui volent par monts et par vaux,
En rangs serrés, à vive allure
Et sans ne jamais se heurter ?
Comme si leur sécurité
S’identifiait à leur nature…
 
 
 
GRANDE DISTRIBUTION
 
C’est à l’heure de grande écoute
Qu’on nous sert les « images-choc ».
Et c’est pour éviter, sans doute,
De se trouver, un soir, en rupture de stock,
Que nos sociétés en déroute
S’emploient à cultiver les misères ad hoc.
 
 
 
MODELE DE VERTU
 
Le gouvernement saoudien
Est souvent célébré pour sa rigueur morale.
Un exemple montre, ô combien,
Il sait éradiquer les pulsions infernales :
Surpris en possession de chocolats fourrés
A la liqueur,
Cet homme perverti fut sur le champ fouetté
Avec vigueur.
 
 
 
MORCEAU CHOISI
 
Qui ne connaît pas le « canard » ? :
Un « sucre » qu’on trempe avec art
Dans une boisson adéquate…
Eh bien, sachez que l’on constate
Que s’il est de « canne » pur jus
Votre plaisir s’en trouve accru.
 
 
 
DE LUNE A L’UNE
 
Un clair de Terre sur la Lune,
Ce doit être vraiment super…
Mais comment feront les experts
Pour nous transposer, une à une,
Les rituelles expressions
Infligées à l’astre en question ?
Un sélénite débonnaire,
Trop distrait pour devoir être pris au sérieux,
Va-t-il se voir traiter, au mieux,
Comme un gars « toujours dans la Terre » ? 
 
 
 
GLISSEMENT DE TERRAIN
 
La goutte d’eau qui fait déborder…
la vase.
 
 
 
DES LITS MAJEURS 
 
On construit sciemment sur des sols inondables :
C’est donc normal d’être inondé.
Ce serait même inexplicable
Et moralement condamnable
De ne pas, une fois, en être incommodé.
 
 
 
PAVILLONS FISCAUX 
 
Certains mots, parfois, nous torturent
Alors que d’autres font plaisir :
« Paradis » fait bonne figure,
« Complaisance » sait se tenir,
Mais dès l’instant qu’on les allie
A des termes pourtant de bonne compagnie
La suspicion les dénature.
 
 
 
RECEPTION-DECEPTION
 
Ils avaient pourtant mis les petits dans les grands
Plats,
Mais ces petits n’ont pu séduire ces grands
Or c’était des petits reconvertis en grands
Plats :
Petits, évitez donc d’imiter ces grands
Là.
 
 
 
CANARDAGE
 
Le canard n’étant pas un animal féroce,
A moins qu’il ne soit enchaîné,
On peut le voir rouler sa bosse
Sans crainte de l’importuner.
Mais si sa partition dérape, par hasard,
N’allez pas l’accuser d’avoir fait un canard,
Il s’en flatterait comme un gosse.
 
 
 
EN ATTENDANT L’AUTRE MILLENAIRE
 
L’on se bat, à peu près, sur les cinq continents
Et les marchands d’armes s’activent.
Mais pourquoi s’étonner d’une telle dérive,
N’est-elle pas bien née avec la nuit des temps ?
 
 
 
GEOMETRIE DANS L’IMPASSE
 
On parle de cercle « vicieux » ;
Est-ce parce qu’il fuit notre « piR2 »
Et réduit à néant, malgré la conjoncture
La question de la « quadrature » ?
 
 
 
RABELAIS-VOUS
 
Avoir l’eau à la pompe est un progrès palpable,
Mais l’avoir à la bouche est, de loin, préférable.
 
 
 
EGALITE DES CHANCES
 
Du virus à l’espèce humaine,
Le matériau de base est paraît-il standard :
Le bipède ambitieux, le placide canard
Entretiennent les mêmes gènes.
Et seul l’agencement de ces petites bêtes,
Nous classe en queue ou bien en tête.
 
 
 
FOURNISSEUR D’ACCES… DE FIEVRE
 
L’on « communique », c’est très net,
D’autant mieux, semble-t’il, qu’on pratique Internet.
Mais pour se dire quoi de vraiment remarquable ?
Qu’il fait froid où l’on est, que le temps est pluvieux,
Que tout irait moins mal si tout était plus mieux ?
Un moteur de recherche est-il indispensable ?
 
 
 
LE SIECLE DES LUMIERES
 
L’on redécouvre la bougie
Lors des grandes intempéries,
Quand l’électricité s’arrête.
Et pour bien lui montrer qu’on se réconcilie
On la promeut « lampe tempête ».
 
 
 
NE VOUS MAREE PAS
 
La bourrasque ayant fort soufflé,
Le pays fut tout déplumé
Et l’océan eut noire mine.
Mais tandis qu’on lançait un appel général
Aux bonnes volontés, sur le plan national,
On entendit comme un murmure :
« Nous vous paierons quelques factures,
Avant mazout, foi de Total,
Pour vous remonter le moral ».
 
 
 
CARNET MONDAIN
 
Curieusement les médias nous signalent tous
les jours des disparitions de personnalités
mais jamais des naissances…
 
 
 
ELEPHANT-AISIE
 
C’était un éléphant fantasque
Qui vivait sur la côte basque
Et barrissait tout haut ce qu’il pensait tout bas.
Lassé de sa vie apathique
Dans un jardin zoologique,
Il rêvait de musique et de grand apparat.
Hélas, pris dans le jeu de notre économie,
C’est au cirque… de Gavarnie
Qu’un beau matin il échoua,
Pour, en guise de cavalcade,
Transporter du touriste au pied de la cascade.
 
Epilogue : Cette existence en grande pompe
Qu’il attendait à son de trompe,
Après en avoir fait son deuil,
Il la vécut en trompe-l’œil.
 
 
 
SYSTEME-SOLAIRE-DE QUOI
 
On dit la Terre ronde et c’est une patate
Qui tourne dans l’espace on ne sait trop comment.
Surchargée, à ras bords, de milliards de primates
Qui se tolèrent ou se battent,
En quête d’un emplacement.
 
 
 
TIC !TOC !
 
Quand votre horloge interne, ou mieux, biologique,
Doit se mettre à l’heure d’été,
-En hiver c’est presque identique-
Elle n’a, pour cela, nul moyen mécanique,
C’est au corps, patiemment, à se réadapter.
Et plus question d’électronique…
 
 
 
L’AFRIQUE PROFONDE
 
Le « Dakar » est la course, en tous points, populaire,
Avec sont coût modeste et son trajet pépère,
A l’abri, désormais, des risques d’attentat
Grâce au pont aérien mis au point sur le tas :
L’assurance pour la facture
Et le pays pour les ordures.
 
 
 
ERREUR N’EST PAS COMPTE
 
Avoir deux poids et deux mesures,
Est source de graves erreurs.
C’est ainsi qu’un « Mars-Orbiter »,
Très susceptible par nature,
A mis fin à son aventure
En cessant d’obéir à nos ordinateurs.
 
 
 
SPORT DE HAUT NIVEAU
 
Prendre la vie du bon côté
Quand elle offre très peu de prises,
Exige une grande maîtrise
Et passablement de doigté.
A moins, mais il y faut un remarquable effort,
De la saisir à bras-le-corps.
 
 
 
MARGE A SUIVRE
 
La dictature pure et dure
Favorise, sans le savoir,
Le renouveau de la culture
Et la démocratie…au noir.
 
 
 
EMPLOI A DUREE DETERMINEE
 
Prenez le Président de notre République :
Il peut, l’air convaincu, dire n’importe quoi.
Fort de l’impunité qui le met hors la Loi,
Un œil sur Matignon, il gère sa boutique.
 
 
 
DEFENSE DU SECRET
 
Un grand patron, en fait, gagne beaucoup d’argent
Mais il préfère qu’on le taise ;
Surtout lorsqu’il se dit chrétien intransigeant,
De peur de créer un malaise
Dans le cercle vicieux des « frères » indigents
Qui dans la rancœur se complaisent.
 
 
 
L’HOMME NOUVEAU 
 
Il suivait les cours de la Bourse  
De jour, dit-on, comme de nuit.
Il fallait être dans la course
Pour en récolter tous les fruits.
C’est ainsi qu’il obtint, mais en avant-première,
D’avoir sa place au cimetière.
 
 
 
« SARKO »-PILOTE-AUTOMATIQUE
 
Comment ne pas être surpris
Devant une telle carence :
Neuilly, la ville ouvrière, emblème de la France,
N’a plus, aux portes de Paris,
Les moyens de loger ses nombreux « sans-abri »
Avec un peu moins d’un pour cent
De logements sociaux décents…
 
 
 
FAUT TOUJOURS PARTIR DE LA BASE
 
On contrôle et c’est un devoir,
Le petit délinquant primaire,
Le chômeur qui travaille au noir,
Ou le tricheur-allocataire.
Il reste donc peu de moyens
Pour surveiller les citoyens
Aux revenus excédentaires…
 
 
 
CHAMPS MAGNETIQUES
 
La chèvre, comme la brebis,
Ne fréquent guère Paris
Et ce depuis belle lurette.
La première, pourtant, longuement racontait
Ce qui, chaque jour, s’y passait ;
L’assistance écoutait, muette.
Quand la chèvre eut fini son brillant exposé,
Le troupeau s’enquit, médusé,
Du « comment » de ses connaissances :
Etait-ce donc possible, en France,
Tout ce savoir accumulé
Sans le secours de la télé ?
L’oratrice se tut, puis calme et souveraine,
Avec un plaisir calculé,
Déclara sur un ton faussement désolé :
« Ce sont mes cornes, mes antennes. »
 
 
 
GADGET SYMPA
 
L’armée américaine a des pensées honnêtes :
Protéger l’environnement.
Quoi de mieux, pour cela, que des balles proprettes
Et sans plomb, bien évidemment ;
Mais dont le fabricant garantit, c’est testé,
La totale efficacité.
 
 
 
ANESTHESIE
 
Pour maintenir les gens tranquilles
Il est un remède facile,
Que les Romains appliquaient, eux :
Assurer le pain et les jeux.
De nos jours c’est encore un peu moins compliqué,
Nous avons, en plus, la télé.
 
 
 
DANS LES BRAS DE MORPHEE
 
Le feu ronronne dans l’insert,
Un ministre sur France-Inter,
Le résultat est prévisible.
Je m’étire dans mon fauteuil,
La sieste m’aurait-elle à l’œil ?
Ce ne serait pas impossible.
Dehors le temps s’emploie à rester gris-souris,
Il fait moins zéro sous abri,
Ou c’est tout comme.
Je sens que mon éveil est en fin de parcours,
Le ministre cause toujours,
Va, pour un somme !
 
 
 
MISE A PLAT
 
Oui, JE SUIS DESOLE, de passer la mesure ;
Mais ce crève cœur formulé
Pour excuser une bavure,
Est un jeu de mots éculé
Que chacun d’entre nous emploie avec usure.
 
 
 
« DITES-MOI OU… »
 
Existe-t-il au Monde un pays de cocagne
Où l’on puisse jouer, sans crainte, à qui perd gagne ?
 
 
 
LES GRANDES OREILLES
 
Les Américains nous espionnent
Avec le concours des Anglais,
Ce qui n’étonnera personne,
Ils nous ont toujours dans le nez.
Mais ce qui semble plus navrant
C’est que bien de nos chefs n’étaient pas au courant.
 
 
 
LE FAIT DU PRINCE
 
Au Liechtenstein, la délinquance
Est vue à différents niveaux :
La grande est accueillie au sein de la Finance,
La petite, en revanche, est punie aussitôt.
 
 
 
DE BUSH A BUSH
 
C’est au Texas que la justice
Fait d’incontestables progrès :
Pour condamner à mort, avec un franc succès,
On choisit l’avocat, que l’on commet d’office,
Qui pique un roupillon durant tout le procès.
 
 
 
NE NOUS ALARMONS PAS
 
Il est bon de savoir faire la différence
Entre les armes de défense
Et celles destinées à gagner du terrain.
Les deux tuent, admettons, avec le même entrain,
Mais les premières, c’est tranché,
Se vendent mieux sur le Marché.
Et l’on peut, d’autre part, tout en restant fidèle
Aux grands principes affichés,
Solliciter la clientèle.
 
 
 
VOLCAN-CAN
 
Le grand tourisme ayant quasiment disparu,
Un volcan, sagement, décida de s’éteindre ;
Aussitôt tous les gens du cru
Sottement se mirent à geindre :
« la nature est ceci, la nature est cela,
Elle se paye notre tête. »
La montagne écouta ces propos malhonnêtes
Jusqu’à ce qu’excédée, un jour, elle explosa.
Et le grand tourisme reprit,
Cette fois comme à POMPEI.
 
 
 
L’INTOX
 
Une araignée ayant appris
Que l’Homme découvrait les vertus de la Toile,
Pensa qu’en tant qu’experte en tissage de voiles,
On allait, de son art, reconnaître le prix.
Ainsi, gonflée à bloc par la fausse nouvelle,
Elle se creusa la cervelle
Pour chercher des supports nouveaux
Afin d’étendre son réseau.
Hélas ! son illusion fut de courte durée :
La maîtresse des lieux, soudain exaspérée
Parce qu’elle avait pris pour de la négligence,
Interpella son intendance.
Aussitôt ce fut la ruée
Sur la toile et sur l’araignée
Laquelle dut, en fait, de sauver sa personne
A l’affolement de la bonne.
Constat : Deux précautions valent mieux qu’une
Même quand l’info fait « la Une ».
 
 
 
FAUTE DE MIEUX
 
Elle prenait, dit-on, Le Pirée pour un homme,
Chaque fois que le sien la négligeait, en somme.
 
 
 
CA COINCE QUELQUE PART
 
Qu’en est-il du modeste impôt
Sur la valse des capitaux
Que nous avaient promis les grands chefs dans la course ?
Naguère c’était Billancourt
Dont il fallait suivre les cours
Aujourd’hui, c’est ceux de la Bourse.
 
 
 
TOUT UN SYMBOLE
 
Il est un archipel du nom de Tuvalu,
Où tous les droits de l’Homme ont élu domicile.
Eh bien ! dans peu de temps il aura disparu
La mer est à deux doigts de submerger les îles.
Les habitants au raz de l’eau
En appellent au droit d’asile,
En vain, jusqu’à présent, rapportent les journaux.
 
 
 
VERS OU ALLONS-NOUS ?
 
On peut être vert cru, vert pomme ou vert amande,
Vermillon le matin et vermoulu le soir,
Versatile en songeant aux charmes du pouvoir,
Et verseau chaque jour sans donner de la bande.
Cela dit l’on pourrait tout reprendre à l’envers
Mais nous nous garderons de risquer un… revers.
 
 
 
ANNONCE CLASSEE
 
Homme politique français recherche homologue étranger pour
correspondance suivie en langue de bois.
 
 
 
TABLE DES MATIERES
 
Dès qu’on plonge dans les matières,
On ne sait jamais où l’on va.
Si la GRISE nous sert à percer les PREMIERES
La NOIRE se dérobe à chacun de nos pas.
Quant à celle dite FECALE,
On l’évoque en un cri, lorsqu’on perd les pédales.
 
 
 
QUESTION D’ECHELLE
 
Il n’y voyait pas plus loin que le bout de son nez ;
mais comme il l’avait très long, il se disait presbyte.
 
 
 
LE SACRE DU PRINTEMPS
 
Yeux qui piquent, nez qui coule,
Voici le rhume des foins.
Cela ne rend pas maboule
Mais demande quelques soins.
Atchoum ! :
C’est le trop plein du réservoir
Qui s’écoule dans le mouchoir.
 
 
 
ECONOMIE-FIGUE-MI-RAISIN
 
On ne s’étonne plus de rien :
Même l’exploit se banalise ;
La Bourse, un jour, vous veut du bien,
Le lendemain elle est en crise.
 
 
 
IL A DU COFFRE
 
Le Liechtentein est une banque,
Du moins, à quelque chose près.
Comme, de capitaux, il est toujours en manque,
Les sales sont mis au secret.
 
 
 
NE TRICHONS PAS
 
J’aime les sentiments clairement exprimés
En vers, en prose, peu m’importe.
Mais rien autant ne s’insupporte
Que le bavardage assumé.
 
 
 
MEME EN BATEAU
 
Vous qui faites une croisière
Dans le luxe d’un paquebot,
Songez qu’au-dessus des premières
Il existe d’autres niveaux
Et que, « là-bas », près des chaudières,
Des gens font le sale boulot.
 
 
 
DE GUERE, LAS
 
On a voulu placer, au départ, la Finance
Avant tout autre sentiment.
Comment peut-on créer un Euro-mouvement
Avec aussi peu d’attirance ?
 
 
 
VOCATION
 
Incapable de satisfaire
Sa constante passivité,
Il prit la suite de son père,
Comme sénateur assisté.
 
 
 
BOOMERANG
 
S’efforcer de rendre service
Peut être un choix malencontreux :
La reconnaissance d’office
N’est pas un acquis, mais un vœu.
Il peut même arriver parfois
Que le geste gratuit joue à fond contre soi.
 
 
 
PUBERTE
 
La pub, par essence, est trompeuse,
Gardons ce principe à l’esprit,
Surtout quand elle est enjoleuse
Et qu’avec l’art, elle sourit.
 
 
 
EVOLUTION
 
Etant donné qu’il faut un temps très étendu
Pour transformer à fond une espèce vivante,
On n’est pas prêt de voir l’Humanité branlante
Accéder, de sitôt, à l’étage au-dessus.
 
 
 
SIMPLISSIMO
 
Tout serait pour le mieux
Dans le meilleur des mondes,
Si le meilleur du monde
Occupait tous les lieux.
 
 
 
EN MARCHE VERS LE MARCHE
 
A la veille des élections
Les candidats sont tout oreilles,
Leurs yeux rayonnent d’ambitions,
Leurs mains se tendent à merveille.
Dès le lendemain du scrutin,
L’électeur sait, déjà, qu’il va faire tintin.
 
 
 
DELON EN LARGE
 
Pour payer un peu moins d’impôts,
Il est des paradis fiscaux
D’une discrétion remarquable.
Mais l’on peut, aussi bien, pour plus de sûreté,
Changer de nationalité
Et rester, néanmoins, tout à fait fréquentable.
 
 
 
VLADIVOSTOK-OPTION
 
Voyager en Asie extrême
Peut poser des réels problèmes :
Des gangs vendent les rails à des casseurs chinois,
Ce qui met les trains hors d’eux-mêmes
Et le voyageur hors de soi.
 
 
 
Union Sans Appel
 
Le nombre des états augmente tous les ans ;
Nous allons atteindre deux cents,
Mais déjà le chiffre est énorme.
Lors, il ne restera bientôt plus qu’un seul grand,
Le plus retors de nos parents,
Qui nous imposera ses normes.
 
 
 
REVE D’AMOUR
 
Modérons nos transports quand ils sont en commun,
Dit l’accro de l’automobile,
Pour permettre à tout un chacun
De prendre pleinement possession de la ville…
 
 
 
CREUSET DE MOTS
 
Les mots incidemment se mettent à la page,
Voyez le terme CONVAINCU.
Qu’il soit pris en entier ou bien mis en partage,
Il est porteur de sens, si ce n’est de vertu.
 
 
 
AVIS DE PASSAGE
 
Quelle attitude avoir quand les mots vous défient,
Quand Satan dit : « Mais non » et Jésus dit : « Messie » ?
 
 
 
 ELLE ET LUI
 
Un papillon papillonnait
Comme il savait si bien le faire.
Le ciel était au beau, le jour carillonnait,
Nul besoin, au fond, de s’en faire.
Mais l’insecte ennivré par le parfum des fleurs,
A chaque fleur disait : « Encore ! »
Hélas ! et ce fut son malheur,
La plus belle était carnivore.
 
 
 
N’OUBLIONS PAS
 
L’Américain Horace
Et les Euro-Curiace
Un combat cornélien
Dont chacun se souvient…
 
 
 
HYPOCRISIE
 
Que dire de ces gens qui se voilent la face
Pour, dans le même temps, se dévoiler les fesses ?
 
 
 
LA COUPE EST PLEINE
 
Savez-vous pourquoi les orages
Sévissent en ce mois de mai ?
Eh bien ! c’est la faute aux Anglais
Qui s’emploient à nous mettre en rage :
Ainsi cette perfide Albion
Héberge dans le ciel une basse pression
Qui nous souffle un air chaud saturé de nuages.
 
 
 
DECONVENUE
 
Un caneton, un peu macho,
Il est vrai déjà presque adulte,
S’étonnait d’un certain tumulte
Dont il percevait les échos.
Comme il se savait beau garçon,
Il voulut en savoir plus long
Sur ce que préparaient les hommes
Et qui le concernait, en somme,
Du moins le pensait-il tout bas.
Sa méprise apparut autrement plus insane
Quand il sut ce qu’était le festival de Cannes :
Rien d’autre que du cinéma.
 
 
 
ECLATS DE VOIX
 
Chaque campagne électorale
Tient de la farce grand format.
Les électeurs savent cela :
Une mise en scène banale
Et des comédiens sans éclat.
Les gens font semblant d’écouter
Mais c’est par pure charité.
 
 
 
EURO-TRAITES
 
A Douvres un pan de falaise
Dans les flots vient de s’engloutir.
Eh bien ! que dit la presse anglaise,
Aussitôt, pour s’en réjouir ?
« La France, il faut le reconnaître,
S’éloigne encore de vingt mètres. »
 
 
 
ZERO DE CONDUITE
 
Non, elle n’est pas d’abondance
La Corne de l’Est africain :
On s’y bat avec insistance
Pour quelques arpents de terrain
Dépourvus de toute importance.
Mais l’Erythrée et l’Ethiopie
Y ruinent leur économie
Dans la plus grande indifférence.
 
 
 
LA FONCTION DU FONTIONNAIRE
 
Nous sommes, à coup sûr, les dindons de la course
Dans la course folle au profit,
Nous les simples assujettis
A la retenue à la source.
Et lorsque nous rêvons d’escapade estivale,
Les autres s’initient à l’évasion fiscale.
 
 
 
A GRAND AHAN !
 
Dans trois ou quatre ou cinq mille ans.
Si la Terre est toujours d’aplomb sur son orbite,
L’Homme ira sûrement et plus loin et plus vite,
Mais restera soumis à son comportement.
Car pour améliorer l’espèce
Et que le résultat nettement apparaisse,
C’est en millions d’années qu’il faut compter le temps.
 
 
 
PERPLEXITE
 
Il faut toujours faire attention
A ce qu’on ne fait pas.
Qu’elles que soient les précautions
On risque les faux pas :
Faut pas faire ceci,
Faut pas faire cela.
 
 
 
FORMIDABLE !
 
On avait poussé le gadget
Jusqu’à s’égarer sur le Net
En quête de grande aventure.
Après bien des tâtonnements,
Ce fut un éblouissement : 
On apprenait qu’un gars revendait sa voiture
Et qu’on pouvait la voir chez lui,
Mais à Santiago du Chili…
 
 
 
EVANGILE SELON SAINT GLINGLIN
 
Si Jésus revenait sur Terre,
Il découvrirait la galère,
Si tant est qu’il obtienne un permis de séjour…
Lui qui prisait si peu tous les marchands du Temple,
Comprendrait assez mal qu’on les donne en exemple
De nos jours.
 
 
 
LA VIE EST UN COMBAT
 
Il est de pure tradition,
Dans toutes les corporations,
De moquer le travail de l’autre.
Prenez n’importe quel chantier :
L’ingénieur critique l’ouvrier,
Le maçon se rit du plombier,
Dans l’invective l’on se vautre…
Bien sûr, dans l’Administration,
On ne saurait faire exception
Tout au long de la hiérarchie.
Et quand on arrive au sommet,
Le grand patron, qui n’en peut mais,
Adresse au Ciel ses vacheries.
 
 
 
PRODUITS DE GRANDE CONSOMMATION
 
Sauf à s’y prendre comme un pied,
Taper dans un ballon peut devenir rentable,
Voire grandement profitable,
Si l’on sait en faire un métier :
Plus le prix demandé comporte de zéros,
Et plus le footballeur est dit de haut niveau.
 
 
 
DESEQUILIBRE
 
Comme il ne savait plus mettre ses pieds ailleurs
Que dans le plat,
Lorsqu’il sortait tout seul, il avait des sueurs
A chaque pas.
 
 
 
DU MAUVAIS USAGE DES AGES
 
A quelque soixante ans, c’est déjà la retraite,
Dans le public, dans le privé.
Dans la politique on s’apprête
A partir à l’assaut d’un poste convoité.
Quant au domaine religieux,
On ignore le sens que cache le mot :  « vieux ».
 
 
 
PROJET
 
On avait décidé de se laisser aller, mais cela
relevait moins de la détente que de la détention.
 
 
 
NET PLUS ULTRA
 
Loin du cercle des « golden boys »,
(Comme l’on dit en langue d’Oil)
Je voulais être un « star-stupeur »
Et cherchais vivement un « capital-risqueur »
Dans la nouvelle économie.
J’avais promu mon « business-plan »
Pour produire, à mon tour, du vent
Comme fripon et compagnie.
Et pensais gagner la partie.
Eh bien, cela n’aboutit pas,
Le produit existait déjà.
 
 
 
AUTO-INSUFFISANCE
 
Un aspect de l’automobile
Est d’ajouter un plus à nos emmerdements :
Outre qu’elle nous pousse à des déplacements
O combien parfois inutiles,
Elle pollue abondamment
Les esprits, les poumons et l’environnement.
 
 
 
APESANTEUR OU PRESQUE
 
Quand on voit comment les insectes
Se déplacent la tête en bas
Sans que la posture n’affecte
L’intimité de leurs ébats,
On se sent pris de compassion
Pour nos faibles constitutions.
 
 
 
L’EUROPE A LA PETITE SEMAINE
 
Avec notre monnaie unique
Comme seul lien européen
Il faut vraiment être euphorique
Pour se sentir unis à nos proches voisins.
 
 
 
A L’ECHELLE HUMAINE
 
Un oisif s’adonnait à son plaisir suprême :
Faire la sieste en temps réel.
Survint un importun à face de carême,
De ceux qui trouvent naturel
D’enquiquiner les gens et ce jusqu’à l’extrême ;
« Mon ami vous avez énormément de chance
De pouvoir vous décontracter.
Moi, mon emploi du temps dans la haute finance
M’interdit de vous imiter. »
Il n’obtint, pour toute réponse,
Que le doux ronflement du bienheureux qui pionce.
 
 
 
VOL AU VENT
 
On n’a guère, chez les fourmis,
De démarche très personnelle :
Le groupe, semble-t-il, par lui-même est soumis
A des contraintes rituelles.
Toutefois, il peut arriver,
La Fontaine nous le signale,
Qu’une d’elles, sans la chercher,
Rencontre un jour une cigale.
Bref, il ne faut jurer de rien.
La nôtre s’éprit bel et bien
D’un papillon multicolore
Venu butiner l’ellébore.
« Emmène-moi donc avec toi,
Je veux fuir cette fourmilière,
Vivre, enfin, en pleine lumière,
Eprouver, du vol, les émois ».
Le galant ne fut pas insensible à l’audace
Et prit la belle en sa besace.
Et c’est depuis cet hyménée
Que l’on voit des fourmis ailées.
 
 
 
« SUIVANT QUE VOUS SEREZ… »
 
Un ver luisant s’était posté
Sur un passage fréquenté
Par nombre d’animaux que la nuit suractive.
Conscient du service rendu,
Il pensait que ces inconnus
Apprécieraient l’initiative
Et que quelques uns des passants
Sauraient trouver le compliment.
Las ! ce ne furent qu’invectives
Du genre : « C’est pas avec ça
Qu’on évitera les cacas.
Il voudrait supplanter la Lune
Et nous jouer les importants
Avec si peu de carburant ? »
Le ver fut décontenancé
Par de telles ignominies
Et sur les conseils d’une amie
Il dut remettre à plat sa façon de penser
La vie.
 
 
 
DEVIANCE
 
On est toujours saisi d’effroi
Quand le militantisme croît,
Pour défendre une cause inepte ;
Et que, malgré l’absurdité
Des faux espoirs véhiculés
Il fait, d’autant plus, des adeptes.
 
 
 
MANTE, ALLO !
 
Non par esprit d’imitation,
Moins encore par conviction,
Une mante avait pris sa pose religieuse.
N’ayant pu faire ce jour-là
De son amant un vrai repas,
Elle attendait sa proie, anxieuse.
Mais les heures passaient sans le moindre butin,
Le plus petit animalcule,
Pour activer les mandibules,
Quand elle rêvait d’un festin…
Soudain, sans raison apparente,
Sa bouche s’anima d’un léger mouvement.
L’on comprit, alors, que la mante
S’efforçait de prier, vraiment.
 
 
 
TOUT EST DANS LA DEGAINE
 
Lorsque l’on sort de sa voiture,
Il faut faire bonne figure :
Montrer discrètement ce que l’on tient en main :
Un jeu de clés, bien sûr, un mégot même éteint.
Mais le chic, d’après les sondages,
C’est quand les deux font bon ménage
Avec un portable élégant
Qui vous somme à tout bout de champ.
 
 
 
CAPITAL-HYMNE
 
Comme il redoute fort de tomber sur un os
Chaque fois qu’on lui sert quelque produit gratos,
Il dit que tout se paie en phase libérale.
C’est ainsi que, depuis toujours,
Il ne veut connaître en amour
Que ses dispositions vénales.
 
 
 
QUESTION POUR UN CHAMPION
 
S’il advenait qu’une comète
S’écrasât sur notre planète,
Nous serions sûrement privés
De voir le choc à la télé.
Pouvez-vous nous dire pourquoi ?
Nous allons compter jusqu’à trois.
 
 
 
FRIC-TRAQU’
 
Au fond, les convoyeurs de fonds
Ne sont pas des coureurs de fonds
Comme on pourrait parler de coureurs de jupons ;
Mais ils redoutent plus que tout
D’être coureurs de fond traqués par des voyous.
 
 
 
QUAND L’INFO PASSE MAL
 
Un pauvre hérisson, malgré tous ses piquants,
Gisait au milieu d’une route.
Et que prêchaient les braves gens ?
Que c’est toujours très imprudent
De vouloir traverser, ainsi, coûte que coûte,
Que l’on a dit et répété
De regarder à droite, à gauche,
Pour éviter que ne vous fauche
Quelque chauffard invétéré ;
Et qu’il est plus que déplaisant
De voir un hérisson gisant,
Alors que tout cela pouvait être évité.
 
 
 
QUERELLE D’EXPERTS
 
Faut-il faire un effort pour être dans le vent
Ou bien faire du vent et croire qu’on est fort ?
 
 
 
RECONVERSION
 
Autrefois, en cas de conflit,
Mieux valait, pour être à l’abri,
Pointer civil que militaire.
Désormais, c’est tout le contraire,
Un soldat ne se risque guère ;
Les Américains l’ont compris
Qui bombardent le sol depuis la stratosphère.
 
 
 
EAU-LA-LA !
 
J’aime le bruit de l’eau qui sourd de la fontaine ;
Stupide, direz-vous.
Et pourtant, entre nous,
C’est comme qui dirait une aimable rengaine
A laquelle on prend goût :
Goût-goût, goût-glou, glou-glou…
 
 
 
TEXAS-CO
 
Quand on brigue la Maison Blanche,
Pour séduire l’électorat,
Mieux vaut avoir été un joyeux cancrelat
Qu’un intello doré sur tranche.
Mais nombre de partants sont vite au « top niveau »
Pour peu que les dollars complètent le tableau.
 
 
 
MONTRE EN MAIN
 
Combien faut-il compter de temps,
Avant de prendre du bon temps,
Lorsque l’on a l’esprit morose ?
Et que le temps prend tout son temps
Pour chasser les emmerdements
Et patronner la vie en rose ?
 
 
 
ENTRE GNOUS
 
C’était un pauvre gnou, borné comme il se doit,
Toujours prêt à suivre son maître,
Même quand ce dernier, il faut le reconnaître,
L’entraînait bêtement dans les pires endroits.
Or, un jour, il advint un fait des plus classiques :
Deux grands chefs s’affrontaient, lequel des deux choisir ?
L’animal n’ayant pas et de loin la pratique
De méditer avant d’agir
Vint se placer entre eux en laissant au hasard
Le soin de dissiper son affreux cauchemar.
Dès lors ce qui devait arriver arriva,
Ce que le pauvre gnou, bien sûr, ne comprit pas.
 
 
 
SABRE AU CLAIR !
 
Les pétro-princes-principaux
Qui gèrent l’Arabie heureuse,
Ont des principes féodaux
Mais des traditions merveilleuses :
Un condamné à mort à la tête tranchée
A la mode ancienne, inchangée.
 
 
 
EVIDENCE
 
La morale, vois-tu, ne garde le moral
Que dans la mesure où, peuchère,
Elle accepte, tant bien que mal,
Les variations saisonnières.
 
 
 
FLOP !  
 
On avait rassemblé toutes les précautions
Pour que la fête réussisse :
Les personnalités et leurs décorations,
Les vains discours, les vins d’honneur et vingt saucisses,
En espérant, du ciel, au moins l’absolution.
Il a fallu qu’il nous trahisse.
 
 
 
OBSTINATION
 
Pourquoi donc voulez-vous écrire
Puisque vous ne serez pas lu ?
Ainsi questionnait un élu.
–Parce que cela m’aide à rire,
Lui fut-il, alors répondu.
 
 
 
AU CAS PAR CAS
 
C’est un peu moins de forts en thèmes
Mais un peu plus de gars sympas
Que le recruteurs de l’E.N.A.
Devraient prévoir dans leur barême.
La perle rare demeurant
Le brave type compétent.
 
 
 
TU PIGES ?
 
Du plus haut d’une habitation,
Un pigeon regardait un homme en sa voiture
Prisonnier de son invention.
Et de se demander si, dans cette aventure,
L’homme n’était pas le pigeon.
 
 
 
VOUS DITES ?
 
Non, l’euro n’est pas l’argument
Qui peut mobiliser les foules.
Sauf les spéculateurs, forcément à la coule,
Le commun des mortels s’en fout complètement.
 
 
 
MAQUIS-TANCE
 
Il paraît que les indigènes,
Dans une île, sans cocotiers,
N’aiment pas trop les allogènes,
A part leur soutien financier.
Et ceux qui ne comprennent pas
Sont rapidement mis au pas.
 
 
 
QUESTION DE FONDEMENT
 
Si la fréquentation baisse dans les églises,
C’est parce que la foi s’y trouve mal assise.
 
 
 
AUTONOMISONS
 
Pourquoi se limiter aux régions frontalières,
Aux îles plus ou moins guerrières ?
L’Auvergne doit pouvoir jouir des mêmes droits
Et, dans un premier temps, être scindée en trois.
Puis, forte de ses libertés,
Accroître sa diversité
Tout en envisageant lors d’une phase ultime,
D’accéder aux désirs intimes :
Partager les bourgs par niveau,
Saint Flour-le-Bas, Saint Flour-le-Haut.
 
 
 
CIEL DE TRAINE
 
On lui demande trop de nous prêter main forte,
A Dieu.
Comment voulez-vous qu’il en sorte,
Le Vieux ?
 
 
 
LES PETITS CREUX
 
L’air et l’eau sont les carburants
Qui font fonctionner la machine,
Celle qui, notre vie durant,
Alimente notre routine.
Et notre estomac, direz-vous ?
Il ne sert qu’à boucher les trous.
 
 
 
TOURISME-TOUS-RISQUES
 
Les journaux relatent souvent
La désinvolture atavique
Du Français moyen recevant
Les étrangers qui touristiquent.
Soixante dix millions, pourtant
Bravent la fâcheuse pratique…
La France serait idyllique
Sans ses maniaques habitants.
 
 
 
ECHO DES CAVES
 
Si l’on en croit certains cancans,
Tout n’est pas blanc au Vatican,
Il est aussi des vies en rose,
Malgré l’atmosphère morose,
Qui se vivent discrètement.
 
 
 
RADAR-DARE-DARE
 
Si les oiseaux étaient en somme,
Aussi balourds que nous dans leurs déplacements,
Nous devrions assister, ou ce serait tout comme,
A des heurts quasi permanents.
Rien de tel, fort heureusement
Et dire que Dieu s’est fait Homme…
Une erreur d’orientation
A défaut d’autre explication.
 
 
 
IL Y A MORT ET MORT
 
Cent types meurent en bateau,
Les médias en font aussitôt
Leur titre de première page.
Qu’un avion explose en plein vol
Et dans l’instant l’on cherche au sol
Les causes de ce dérapage.
Sur la route, un week-end meurtrier,
Mobilise un bout de papier
Pour rappeler que c’est l’usage.
 
 
 
N’Y « BUSHEZ » PAS
 
Chez le jeune Yankee, le jeu qui fait fureur,
C’est une exécution sur la chaise électrique.
Quoi de plus formateur pour la mise en pratique
Qu’il devra promouvoir s’il devient gouverneur !
 
 
 
TANSFERT 
 
Le foot n’est plus un sport mais un produit boursier
Et seuls les grands clubs ont la cote.
Les buts enregistrés : autant de bonnes notes
Qui suscitent l’émoi des milieux financiers.
C’est pourquoi les compétitions
Doivent mettre en contact l’élite des champions.
Les équipes font fi des nationalités :
Elles jouent, avant tout, leur rentabilité.
 
 
 
LA GRANDE ILLUSION
 
Dire que l’on voit des étoiles
Qui désormais n’existent plus…
La lumière qui les dévoile
N’étant, dès lors, qu’un résidu.
Un sujet de méditation
Pour les soirs sans télévision.
 
 
 
AUX DERNIERES NOUVELLES
 
Je viens de lire un titre, inquiétant tout de même :
Stéphanie aurait des problèmes.
Sachant combien la vie est rude à Monaco,
Il ne peut s’agir de ragots.
 
 
 
A MARCHE FORCEE
 
Bien que parti de rien pour aller nulle part,
L’Homme craint, chaque jour, de prendre du retard.
 
 
 
CONTRONS LES CONTRADICTIONS
 
Comment baisser l’impôt, avec quelque rigueur,
Sans porter préjudice à ceux qui le perçoivent ?
Comment, très librement, vouloir faire le zouave
Au volant d’un engin équipé d’un moteur
Et crier sus aux pollueurs ?
Comment prôner le blanc et travailler au noir,
Comment chanter la Terre et violer le terroir ?
 
 
 
QUAND LA PANNE DEPANNE
 
Ce fut un jour presque idéal :
Nos grands chefs étaient en vacances,
Les autos n’avaient plus d’essence,
On respirait un air normal.
Un instant de rêve assez bref :
On ne peut se passer de chef
Moins encore, bien sûr, d’essence.
Tout de même, ce fut, en France,
Un jour, mine de rien, qui vous rend le moral.
 
 
 
LARGUER LE VOILE
 
En Arabie, enfin, les femmes,
Qui n’étaient guère que des « âmes »,
Vont avoir dans la société
Une carte d’identité.
Dans ce pays où le pétrole
A seul, ou presque, la parole,
La démocratie, à présent,
Vient de faire un pas de géant !
 
 
 
OUVRONS LE « PARE-COUCHE »
 
Il va falloir que l’on se terre
Pour éviter l’ultraviolet…
Hélas ! aussitôt c’est la serre
Qui fera sentir son effet.
Mais, de couche, dont on s’étonne,
Demandons-nous honnêtement
Si l’Humanité, franchement,
N’en tient pas quand même une bonne…
 
 
 
GOUVERNER C’EST SUBIR
 
C’est sur la pression de la rue,
Lorsque les populations ruent,
Que les gouvernements s’affolent.
Ils trouvent alors de l’argent
Pour apaiser ces braves gens,
De peur qu’ils ne fassent l’école.
 
 
 
COMMENT FAIRE SON MIEL
 
On peut dire que les abeilles
Sont formées à l’économie :
La ruche fonctionne à merveille,
Dans le respect des hiérarchies.
Seuls les mâles ont le bourdon,
Même quand, pour un temps, ils font les fanfarons.
 
 
 
RETROSPECTION
 
Et si l’on revenait à l’Homme des Cavernes
Quand nos grands-parents Cro-Magnon
S’essayaient à compter des gnons
Lorsque la vie à deux s’avérait par trop terne ?
Il suffirait qu’un cataclysme
Se prenne au jeu de l’incivisme
Et parvienne à tarir nos sources d’énergie
Pour nous retrouver « chez Lucie » :
Notre ancêtre préhistorique
Qui vivait, jadis, en Afrique…
 
 
 
PERTE DE SENS
 
La femme a tort de copier l’homme
Dans ses débuts les plus voyants :
Boire et fumer avidement,
Conduire idiot, ou c’est tout comme.
Elle va donc combler inexorablement
L’écart qu’elle creusait fort intelligemment,
Entre elle et lui
Au saut du lit.
RATAGE
 
Quand l’esclave devient le maître,
On doit, hélas, le reconnaître,
Il fait subir souvent à ses subordonnés
Les maux qu’il a lui-même, autrefois, endurés.
 
 
 
PRAGUE A PART
 
Représentez-vous, un instant,
Un lot de patrons, des plus grands,
De ceux qui gèrent la planète
Comme une société secrète,
Contraints de prendre le métro
Parce que, ce jour-là, d’infâmes écolos
Avaient bloqué « leurs voiturettes » :
Conséquence, ô damnation !
De l’anti-mondialisation.
 
 
 
MEME SI…
 
Non, le diplôme n’est pas tout,
Petit ;
Il ne peut être qu’un atout
Requis.
 
 
 
ON NOUS « BERCY » D’ILLUSIONS
 
Savez-vous que la T.V.A.
A des caprices de starlettes,
Qu’elle tarifie ses ébats
Pour provoquer des maux de tête ?
Si vous êtes tuyau de chauffage central
Et passez, d’un saut sans bavure,
De l’ancien au tout neuf, dans le même local,
Les taux vont s’appliquer à gonfler la facture.
 
 
 
LE FROMAGE EN MOINS
 
Un corbeau, perché sur un fil,
Baîllait sans qu’on en sût la cause.
Il arriva, toujours est-il,
Qu’au sol, je fis la même chose.
L’oiseau, sans le vouloir, m’ayant influencé,
Me donna l’impression, alors, de repenser
A son ancêtre de la fable,
Abusé, dans un cas qu’il dut juger semblable ;
Si bien, qu’après un fort et bref croassement
D’une indiscutable insolence,
Il s’envola nonchalamment
Pour montrer son refus de toute connivence.
 
 
 
SIECLE DES LUMIERES TAMISEES
 
Prenez Jérusalem, une ville insolite
Que l’Histoire a placée au carrefour des rites
Les moins accommodants :
Chaque communauté s’arroge le mérite
D’y vivre et d’y mourir, accrochée à ses mythes,
Œil pour œil, dent pour dent.
 
 
 
ANGLE D’ATTAQUE
 
Sur le marché des capitaux,
Qui mène le Monde en bâteau,
On parle d’un pays « en développement »
Dès qu’on peut le piller économiquement.
 
 
 
UNE QUESTION DE MOBILIER ? PAS VRAIMENT.
 
Aux Etats-Unis, il vaut mieux être condamné
au fauteuil électrique roulant
qu’à la chaise électrique fixe.
 
 
 
SCENE D’AUTOMNE
 
La pluie est de retour, comme elle sait le faire,
Pour peu que le ciel soit d’accord.
L’escargot vaque à ses affaires,
Le papillon, lui, reste au port.
Seul l’homme, insatisfait, savamment s’interroge :
Arrive-t-elle au bon moment…
Trop abondante ou chichement ?
Et plein de lui-même s’arroge
Le droit d’émettre un jugement.
 
 
 
CATASTRONOMIQUE
 
Nous sommes issus, paraît-il,
Après maints mélanges subtils,
D’une quelconque étoile morte.
Autant dire que nous pourrions
N’être que des produits de récupérations
En quelque sorte.
 
 
 
SURHUMAIN !
 
Bruxelles croule sous le nombre
De problèmes cyclopéens,
Comme se pencher avec soin
Sur la courbure du concombre.
Question posée, au demeurant,
Par un producteur vigilant.
 
 
 
QUAND DEUX VALENT MIEUX QU’UNE
 
Il convient d’appliquer, lorsqu’on est dans le doute,
Le principe de précaution,
Aussi bien dans le choix de votre casse-croûte,
Qu’au niveau de vos relations.
Supposez qu’une âme frivole
Vous fasse vachement de l’œil :
Gardez-vous d’étaler sottement votre orgueil,
Elle est, à coup sûr, un peu folle.
 
 
 
COTE ET SURCOTE
 
Si l’on veut être performant,
Il faut écraser l’adversaire,
Phagocyter les concurrents,
Laisser la morale au vestiaire.
C’est l’esprit « S’il-est-con-valley »,
Tel qu’il s’exporte désormais.
 
 
 
ABSOLUTION
 
On peut avoir le nez ou l’oreille absolu
Et la bêtise, aussi, mais c’est moins reconnu.
 
 
 
NE VOUS DECOURAGEZ PAS
 
Vous cherchez un « terrain d’entente »
Et vous n’avez pas de jardin,
Allez donc planter votre tente
Dans le square public voisin.
Si l’on vous en fait le reproche
Dites que c’était le plus proche…
 
 
 
FAITES L’ESSAI
 
Que le hasard vous mette en face
De gens qui vous sont inconnus
Et peu à peu, l’idée, en vous, se met en place
Que vous les avez déjà vus.
 
 
 
PRESENCE D’ESPRIT
 
Prenez sagement le temps de sourire,
Si vous n’avez pas celui de parler.
Il vaut mieux, parfois, rester sans rien dire
Que d’être contraint de se rebeller.
 
 
 
A LA TRAPPE !
 
La formule est connue et ce de longue date :
Si l’on veut qu’un problème entre en hibernation,
Il suffit, dans un flot de discours disparates,
De créer une commission.
 
 
 
FLORAISON EN FLORIDE
 
Rions de voir qu’en Amérique
L’on se sert encore des mains
Pour recompter des bulletins,
Ainsi qu’on le faisait dans les temps héroïques.
Et comme on est, là-bas, en plus, procédurier
L’on scrute obstinément tous les bouts de papier.
 
 
 
UN MARGINAL ORIGINAL
 
Ornithorinque de naissance,
Presque animal de collection,
L’Homme me tient, par sa science,
Pour une étrange aberration.
Et pourtant, s’il était sincère,
Il verrait que ses congénères
Ont parfois pieds et poings liés
Et des pifs pas très réguliers.
D’autre part quand on sait pondre comme des pros,
Pourquoi ne pourrait-on allaiter ses marmots ?
 
 
 
L’ADJUDANT « LIEDEVIN »
 
On l’appelait : « chien de quartier »
Quand il hurlait ses infamies.
Mais dans une armée de métier
Peut-être n’est-il plus, sous des dehors altiers,
Qu’un « animal de compagnie »…
 
 
 
POUR CHAMBRER LE CHALAND
 
On parle « clos » ou « résidence » :
C’est plus chic que « lotissement »,
De « jardins privatifs », privés d’indépendance,
Et de « vue imprenable », entre deux bâtiments.
 
 
 
LA LUNE PART AILLEURS
 
Elle s’éloigne de la Terre
D’un bon centimètre en cent ans.
Pour ma part, je n’y vois aucun inconvénient
Mais si vous pensez le contraire,
La télé saura bien nous dire, au bon moment,
Ce que chacun de nous, aussitôt, devra faire.
 
 
 
PAS EN ODEUR DE SAINTETE
 
Dans un espace intermédiaire,
Deux punaises se rencontraient.
L’une venait des bois, l’autre plus casanière,
D’une vieille maison guère ne s’écartait.
La verte s’investit sitôt dans le prologue :
« Venez donc courir dans les champs,
Nous y poursuivons le dialogue
Au grand air et plus librement ».
Mais la plate crut bon de raconter sa vie :
-Hier, punaise de sacristie,
J’ai suivi, la retraite aidant, le tout dernier des officiants.
Je me trouve donc ici-même
Avec le gîte et le couvert,
Sans risque de faire carême,
Protégée été comme hiver.
L’autre, alors, repliqua :
« La maison de retraite
Se paye, semble-t-il quelque peu votre tête
En vous laissant, pour tout repas,
Ce qui tombe des matelas. »
- Certes, mais qu’en est-il de vos bois et prairies
Où, paraît-il les pesticides
Provoquent, dans vos rangs, de multiples suicides
Et déciment vos colonies ?
Ici, j’en suis d’accord, c’est loin d’être parfait,
Mais au moins, voyez-vous, on nous fiche la paix.
Allons, portez-vous bien, je retourne au logis :
C’est l’heure où l’on refait les lits.
 
 
 
TRES MARQUE
 
Il avait reçu des idées,
Justement des « idées reçues »,
De celles tarasbicotées
Généralement mal venues.
Mais lorsqu’il voulut s’en défaire
Auprès d’illustres inconnus
Il dut renoncer à l’affaire :
Ils étaient largement pourvus.
 
 
 
UN TEMPS POUR TOUT
 
Nul pays ne peut se permettre
De donner des leçons d’éthique à ses voisins
Car tous peuvent se reconnaître
Dans un rôle de spadassin.
Quant à ceux qui n’auraient pas commis d’exactions…
C’est parce qu’ils n’ont pas encoure eu l’occasion.
 
 
 
L’ETIQUETTE EQUITABLE
 
Il était « manœuvre léger »
Il est « technicien de surface ».
Pour lui, bien sûr, rien n’a changé :
Il fait un boulot dégueulasse.
Mais la société qui l’emploie
Avait besoin d’un relookage ;
Comme il fallait que ça se voie,
Elle a mis le paquet sur le choix du langage.
 
 
 
« OUI, JEAN PIERRE »
 
La Miss France était aux enchères,
Le suspense, en un mot, devenait oppressant ;
Soudain je m’endormis d’un sommeil innocent
En rêvant de pomme de terre ;
Et pourquoi ? Vraiment je ne sais,
A la « belle de Fontenay »…
 
 
 
PLUS QUE JAMAIS
 
Qui pensez-vous qui nous gouverne,
Les politiques de tous bords ?
Ce ne sont là que balivernes,
Le pouvoir est ailleurs, le fort :
Qu’un super financier toussote,
Aussitôt la Bourse clignote
Et les meilleurs projets capotent.
 
 
 
ARTICLES DE LUXE
 
Quand on parle  « vide-gousset »,
On oublie, à dessein, « l’Europe des sommets »,
Et pourtant que d’argent jeté par les fenêtres
Pour satisfaire le bien-être
De négociateurs d’accord… pour des banquets.
 
 
 
HELICE AU PAYS DES MERVEILLES
 
Notre seul porte-avions retourne en cale sèche :
C’est une sage précaution
De le mettre à l’abri, puisqu’il n’a pas la pêche,
Des risques inhérents à la navigation.
 
 
 
A MARCHE FORCEE
 
Comment voulez-vous que fonctionne
Une Europe à trente nations
Lorsqu’on sait que pour deux personnes
On est loin de trouver toujours la solution…
Mais le Marché tient la vedette,
L’Europe des consommateurs
Se doit, tout d’abord, d’être prête
A se livrer aux producteurs.
 
 
 
ON NOUS BOURRE LE MOU
 
On prétend que l’anglais, au fond, est plus pratique
Que notre parler national ;
Alors on dit : « O.K. ! », pour être original
Quand : « D’AC ! » est plus économique.
 
 
 
DANS LES CABINETS
 
Ministre, l’on vous sollicite
Pour un gars dépourvu de spécialisation
Mais nullement de relations ?
Un recours s’offre sans limite :
Nommez-le « chargé de mission ».
 
 
 
A MOI ! A MOI !
 
Elle se battent, les mésanges,
Pour des graines de tournesol
Alors que la mangeoire est pleine : ras le bol,
Que personne ne les dérange…
C’est la quête d’un PLUS, à vrai dire normal,
Un comportement…d’animal.
 
 
 
 
 
 
 
 
 


Date de création : 09/01/2008 * 11:13
Dernière modification : 21/05/2008 * 11:33
Catégorie : A lire directement
Page lue 454 fois


Prévisualiser la page Prévisualiser la page     Imprimer la page Imprimer la page

react.gifRéactions à cet article


Personne n'a encore laissé de commentaire.
Soyez donc le premier !


^ Haut ^

  Site créé avec GuppY v4.5.8 © 2004-2005 - Licence Libre CeCILL

Document généré en 0.12 seconde