Les épigrammes de Léo
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A lire directement - 13-Treizième volume

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TREIZIEME VOLUME

 

NAVIGUATION AU LONG COURS
 
La Bourse ne prospère
Qu’autant que la misère
Lui donne un coup de main.
Un brutal limogeage,
A la clé, le chômage
Et le bond est certain.
Mais la meilleure affaire,
C’est quand même la guerre
Avec ses destructions.
On fabrique des armes
Plus encore des larmes,
Une bénédiction !
Les cours alors s’envolent,
Les actions caracolent
Secteur du bâtiment.
Et les pompes funèbres
Emergent des ténèbres
Pour les enterrements.
 
 
 
TETE EN L’AIR
 
C’est un nuage qui s’attarde
Pour capter un rai de soleil
Et qui tout aussitôt se farde
D’un rouge quasiment vermeil.
Mais l’astre du jour n’en a cure,
Il se doit d’assurer la nuit ;
Et l’autre, là-haut, malgré lui
Retrouve sa couleur nature.
 
 
 
TROIS FOIS RIEN
 
Une semelle
Et deux ficelles
C’est un tong.
Une gamelle
Que l’on martelle
C’est un gong.
 
 
 
L’ENVERS A SOI
 
Comment savoir s’ils sont sincères
Dans l’échange des compliments
Quand tant de non-dits interfèrent
Et règlent les comportements…
« Cher ami » souvent est un leurre.
Les deux mots comptent pour du beurre
Et de mauvaise qualité.
Faut-il, pour autant, s’en déprendre
Ou bien les garder, à tout prendre,
Aux rayons des civilités ?
 
 
 
FAUX SEMBLANTS
 
La hiérarchie est une drogue
Pour qui la consomme à haut bruit.
Elle engendre des bouledogues
Et des crétins en usufruit.
 
 
 
COURANT D’AIR
 
L’Australie, aujourd’hui, veut aller de l’avant
Et bâtir une tour défiant les nuages(1km)
En captant des watts au passage.
Les grincheux disent : « Pour du vent ».
 
 
 
INTROSPECTION
 
On avait fait, bien sûr, le tour de la question
Sans jamais l’aborder de face.
Tant et si bien que pour ne pas perdre la face,
L’on dut se remettre en question.
 
 
 
SA LANGUE N’EST PAS DE BOIS
 
Un drôle d’animal que ce caméléon
Qui n’est pas franchement d’un humain la réplique
Mais change de couleur, devant vous, sans façon,
Bien mieux que ne le font nos hommes politiques.
 
 
 
UN POINT : C’EST TOUT
 
La Terre est une particule
Dans l’Espace inhospitalier.
Alors imaginons un peu le ridicule
De nos petits riens journaliers
Ou de nos grands travaux d’Hercule…
 
 
 
« APRES VOUS CHER AMI »
 
Lorsque les Grands se réunissent
Pour parler de la pollution,
Toutes les rencontres finissent
Par de vagues propositions.
Les seuls résultats qui figurent
A « l’actif » des gouvernements
C’est le règlement des factures
Qui couvrent leurs déplacements.
 
 
 
« LA FEMME DU BOULANGER »
 
Elle me souriait particulièrement
Du moins l’avais-je cru par trop naïvement ;
En fait c’était à tout le monde
Qu’elle souriait à la ronde.
 
 
 
LE GRAND HAGARD
 
Cela peut paraître incroyable
Et pourtant cela s’est produit :
C’est dans une zone inondable
Que l’édifice fut construit.
Lequel, à peine inauguré,
Par le torrent fut emporté.
Il s’agit, vous vous en doutiez,
De la caserne des pompiers.
 
 
 
OU LES PREND-ON ?
 
Comment peut-on « laisser des plumes »
Dans une affaire, dites-moi,
Etant donné que, je présume,
On n’en a jamais eues sur soi ?
 
 
 
DECHETS-CHERS
 
Il nous faut traiter nos ordures,
Pas seulement par le mépris ;
Et plus nous tarderons à prendre des mesures,
Plus on devra monter le prix.
On pourrait retenir, parmi les solutions,
De mettre un frein sérieux à la consommation,
Mais pour y parvenir il faudrait une guerre
Avec le risque accru d’un gros effet de serre,
De serre la ceinture…
 
 
 
MEDISANCE OU CALOMNIE ?
 
On dit que chez « les Verts » le nombre de courants
Dépasse, en général, celui des adhérents.
 
 
 
A MARCHE FORCEE
 
Il est bien certain qu’on se lasse
Du luxe comme de la crasse,
L’esprit vante le changement.
L’enfance se vit transitoire,
La vieillesse sans moratoire,
Au fond, on n’est jamais content.
 
 
 
ARRAS-LE-BOL
 
Une affaire de mœurs, la justice espérait :
PAS DE CAS LAID.
 
 
 
FEU A VOLONTE !
 
Il fut, d’abord, tout feu tout flamme,
Puis il mourut : un « feu » discret.
Et maintenant, paix à son âme,
Il est, au mieux, un feu follet.
 
 
 
RENOUVEAU
 
Il est des gens pas trop sceptiques
Qui pensent que la politique
N’est qu’une affaire d’intérêts.
Jadis, ce fut peut-être vrai.
Mais aujourd’hui, la Droite en place
Fait en sorte que tout se passe
Dans la plus grande abnégation ;
Jusqu’à prôner l’absolution
Pour les fautes présidentielles
Qui pourraient laisser des séquelles.
 
 
 
IL FAUDRA BIEN Y VENIR
 
Et cet Espéranto,
Il serait opportun
D’enfin le mettre au pot…
Commun !
 
 
 
CONFRONTATION
 
Après avoir ouï la THEORIE papale,
L’ATHEE A RI.
 
 
 
L’ENFANCE BRIMEE
 
« Vous vous rendez compte, Monsieur,
De mon existence précaire,
Dans ce nid bâti près des cieux,
Au lieu de l’être au ras de terre ? »
Ainsi geignait notre merleau
Ballotté par le vent au faîte d’un bouleau.
« Et ça, figurez-vous, dit mon papa têtu,
Pour sortir des sentiers battus… ».
J’essayai, maladroitement
De reprendre, à la base, un vieux raisonnement
Mais notre oisillon n’en eut cure.
« Vous êtes, semble-t-il de la même mouture
Que mes foldingues de parents.
Pourriez-vous me dire comment,
En étant ainsi secoué,
On peut grandir équilibré,
Lorsque pour gober ma pitance,
Je n’ai pas la moindre assistance ? »
Etait-ce un appel fort de la France « d’en haut » ?
Je n’eus pas le loisir de questionner l’oiseau,
Les parents, guillerets, revenaient de vacances.
 
 
 
CA BIO-GAZE
 
Avec les déjections de tous ses animaux,
La Bretagne pourrait produire, en l’occurrence,
De l’énergie ad hoc, à tire larigot,
Voire en exporter hors la France.
 
 
 
LA FORCE DE L’HABITUDE
 
A peine en a-t-on terminé
Avec les conflits planétaires,
Qu’aussitôt notre Humanité
Mijote de nouvelles guerres.
A croire que les temps de réconciliation
Sont des moments de distraction.
 
 
 
BLOC DE LA FOI
 
En prison, c’est dans un « mitard »
Qu’on enferme les fortes têtes.
Au-dehors, c’est dans un « placard »
Qu’on isole ceux qui rouspètent.
Ainsi la Société croit-elle tourner rond
Quand chaque individu, dans la foule, se fond
Et que pour la gamberge,
Le chef, tout seul, émerge.
 
 
 
UNE MINUTE DE SILENCE
 
Compte tenu que notre espèce
Est limitée dans ses prouesses,
On voit bien qu’elle n’en peut mais
Devant cet Infini… qui ne finit jamais.
 
 
 
DEFENSE DU PATRIMOINE
 
En Suisse, le secret bancaire
Participe du culturel.
Ailleurs, un coffre-fort est un bien usuel,
Berne en a fait un sanctuaire.
 
 
 
ON N’EST SUR DE RIEN
 
Un vieux sage déambulait
Sur une route vagabonde,
Où rien ne le prédisposait
A croire que la Terre est ronde.
Il se mit donc à réfléchir,
Ce qu’il faisait par habitude,
Et comme il avait des loisirs,
Pensa reprendre ses études
Inquiet qu’un doute aussi subit
En un tel endroit l’assaillît.
 
 
 
ENTETEMENT
 
Les cow-boys ont pour eux cette persévérance
A maintenir le cap dans l’inintelligence :
Un exercice ardu, que Bush obstinément
S’emploie à préserver dans son gouvernement.
 
 
 
BRELOQUE-LOQUE
 
C’est la course aux honneurs, les impétrants se pressent ;
On convoque, à la fois, les amis et la presse,
Pour un petit bout de ruban
Que l’on peut arborer à chaque boutonnière,
Démontrant qu’on n’est pas de l’espèce ordinaire,
Ni le dernier des Mohicans.
 
 
 
TANT QUE VOUS Y ETES
 
Encore un effort, braves gens,
Donnez un peu de votre argent
Pour couvrir les frais de campagne
Des candidats, pourvus sans doute d’un seul pagne,
Tant les achats de vêtements
Ont formé le plus gros des investissements.
Bien que nombre d’entre eux, pour ne pas être en reste,
N’avaient programmé qu’une « veste ».
 
 
 
UN, DEUX, TROIS, SOLEIL !
 
Si l’on appliquait simplement
La devise accrochée à notre République,
On n’aurait besoin nullement
D’ajouter les potions magiques
Que proposent, sans fondement,
Les religions œcuméniques.
Trois mots en « té » que l’on malmène
Comme des éphiphénomènes.
 
 
 
HYPERMARCHE 
 
Que ne feraient pas les grands chefs
Pour être « en tête de gondole »
Et vendre, à coup sûr, leurs paroles…
Puisque c’est là qu’est le bénef
Même au rayon des « casseroles ».
 
 
 
CENTRE NERVEUX OPERATIONNEL 
 
C’est par le bout des doigts que l’influx amoureux
Conquiert sûrement l’organisme ;
La tête n’intervient qu’après, par loyalisme,
Pour prendre en compte les enjeux.
 
 
 
AMELIE-MELO
 
Parler anglais, et plus, penser américain,
Tel est pour nous, Français, le « fabuleux destin. »
 
 
 
MANQUE D’ENTRAIN
 
Autrefois les vaches regardaient passer les trains.
C’était leur train train quotidien.
Aujourd’hui, au train où vont les trains, leur
train de vie en est bouleversé et c’est vachement frustrant.
 
 
 
DIALOGUE DE SOURDS
 
L’on peut bien prendre langue avec les fous de Dieu
Mais cela ne rend pas les rapports plus faciles.
Qui ne croit pas comme eux n’est qu’un triste imbécile,
L’éliminer devient un jeu.
 
 
 
EROSION
 
L’Evangile eut besoin d’Hérode
Pour un épisode sanglant.
La Nature, elle, nous érode
Dès que nous prenons notre élan.
A chaque stade elle nivelle,
Comble les trous, rase les monts,
S’acharne contre les rebelles.
Faire du « plat », pour elle, est un péché mignon.
 
 
 
PHILOZOZOPHIE
 
Imaginer qu’un dieu puisse créer un homme
Pour se faire adorer par lui
Est une idée admise et pourtant à la gomme
Dont toute religion collecte l’usufruit.
Or un Etre Suprême,
C'est-à-dire plus que parfait,
Que nos saluts réjouiraient
Se rendrait suspect à lui-même…
 
 
 
CR’ANERIE
 
Un baudet content de son maître,
Voulant lui faire un compliment,
Dirait tout naturellement :
« Quel âne ! »…
Et serait dans le vrai. Sachons le reconnaître.
 
 
 
ENTRISME
 
Pour se mouvoir entre les gens
Avec aisance,
Il faut avoir de l’entregent
En suffisance.
 
 
 
CAISSE A DIRE
 
Soyons très heureux qu’ils existent,
Entre nous, les fonds de tiroir.
C’est de là que partent les pistes
Qui mènent aux fonds de terroir.
Sans eux nous perdrions, j’imagine,
Des témoins de nos origines
En coupant l’herbe sous les pieds
Des explorateurs de greniers.
Il faut donc que, pour notre histoire,
On fabrique ces accessoires.
 
 
 
MESALLIANCE ATLANTIQUE
 
C’est grâce aux pays francophones
Que le français peut s’enrichir.
Nos élites prennent plaisir
A s’exhiber dans l’anglophone :
Toutes tendances confondues
Vers l’Amérique elles se ruent…
 
 
 
LA COUR A COURT DE…
 
Un laquais de la reine était indélicat :
Il s’était approprié maints bijoux et breloques.
Mais on craignait qu’il n’évoquât,
Comme témoin, quelques ébats
Et autres secrets équivoques :
Le juge fut prié de clore le débat.
 
 
 
QUAND IL NE S’EN FAUT PAS QUE D’UN…
 
Comment se faire des cheveux
Lorsque la calvitie est vraiment manifeste ?
Couper en quatre ceux qui restent
Ne vous rendra pas plus heureux.
Et les faire dresser, ensemble, sur la tête,
Risque de vous donner l’air bête.
Les laisser en l’état est encore le mieux.
 
 
 
POURQUOI RIEZ-VOUS ?
 
Aujourd’hui la Chine est honnête,
L’Amérique l’a décidé.
Le capital y fait recette,
Le rouge s’est embourgeoisé.
Pour Cuba, c’est une autre affaire ;
Son Marché manque trop d’ampleur,
L’on peut jouer, ici, les moralisateurs
Et s’indigner de l’arbitraire.
Il en irait tout autrement,
Si l’on y découvrait de l’or ou des diamants…
 
 
 
HEUREUX NEOLOGISME
 
Il est un mot qui fait sourire
Mais qui dit bien ce qu’il veut dire,
C’est « girafer »,
Que les Africains utilisent
Lorsque l’on cherche, par surprise,
Dans un examen, à copier.
 
 
 
OCEAN-INTOX
 
Oh ! combien de malins, soi-disant capitaines,
Qui sont partis joyeux pour des Bourses lointaines,
Face à des épargnants se sont évanouis !
Combien ont disparu, nantis de leur fortune,
Laissant des trous sans fond, des malheureux sans thunes,
Quand, eux, rapidement, se sont ragaillardis !
 
Combien de ces patrons, fors de leur équipage,
Ouragans dans la vie et poltrons en ménage,
Qu’un souffle d’un seul coup a poussés vers les flots !
Mais qui, nageurs experts, évitant la plongée,
Ont retrouvé la rive avec leur destinée
Et sous les cocotiers recomptent leur magot !
 
Oh ! que de pauvres gens qui n’avaient plus qu’un rêve
Par leur banquier entretenu,
Sont morts, en regrettant, tous les jours sur la grève,
L’absence de leurs revenus !
 
d’après Hugo Victor
(des Ombres sans Rayons)
 
 
 
MARCHANDAGE
 
Des gens morts, ont parfois, beaucoup plus d’importance
Qu’il n’en ont eue de leur vivant.
C’est le cas, lorsque la finance
Aiguisant l’esprit commerçant,
On trafique des ossements.
Ainsi ce cher Colomb Christophe
Qui n’avait pourtant plus d’étoffe
En fin de parcours, d’un héros,
Se retrouve objet de bisbille
Entre un paradis des Antilles
Et l’Andalousie au cœur gros.
 
 
 
CORSONS UN PEU
 
En Corse, les contribuables,
Se trouvent sur le continent.
L’île finance seulement
L’argent de poche indispensable
Pour les attentats tout-venant.
 
 
 
POUR LE CA-Z-OU
 
Rien de tel que les statistiques
Pour mettre le moral à bas
Chez les gens qui, dans la pratique,
Les gobent à même le tas.
Que ces dernières se surpassent
Par quelque bourde sur l’espace
En assurant, mine de rien,
Un possible conflit entre de « faux martiens »
Et, sans tarder, par précaution,
Le crédule apeuré stocke des provisions.
 
 
 
LES TENTACULES QUI ACCULENT
 
A l’heure des grandes surfaces
Financières,
La lutte des « petites espaces »
S’exaspère.
 
 
 
APPEL D’OFFRES
 
Etant le fruit amer d’une ample évolution,
Que peut, l’Homme, espérer d’une génération
Pour améliorer son espèce ?
Ce serait vraiment surprenant
Qu’en quelque trente ou cinquante ans,
Il puisse se soustraire aux coups de pieds aux fesses
Qu’il s’inflige à lui-même avec obstination.
 
 
 
AH ! SI ELLE CRIAIT…
 
Pourquoi couper une salade ?
N’est-ce pas un être vivant
Que l’on meurtrit atrocement
Lorsqu’on arrache sans pommade
Chaque feuille sadiquement ?
Et que, poursuivant le supplice
On la touille avec des épices
Pour pouvoir la manger crûment ?
 
 
 
SUPER TROU NOIR
 
Vu que l’infiniment petit
Tout comme l’infiniment grand
Le sont, d’emblée infiniment,
Cela perturbe hélas ! fondamentalement
La Recherche en produits finis.
 
 
 
C’EST PAS LE PARADIS
 
Si la forme de notre planète
l’apparente à une pomme de terre,
on ne peut guère la confondre
avec une « patate douce ».
 
 
 
SOYONS BREFS
 
Lorsqu’il faut ajouter, à tout prix, quelque chose
A l’essentiel déjà produit,
Le verbiage survient et torpille la cause
Que l’on défendait avec fruit.
 
 
 
CLAIR-OBSCUR
 
Un aigrefin polyvalent,
A l’écart de toute tutelle,
Avait pris pour un compliment :
« Il vole de ses propres ailes »
 
 
 
RAYONNEMENT
 
A force de bouffer des ondes
Par les canaux les plus divers,
Nous risquons d’en émettre, en clair,
A la ronde…
 
 
 
MAINTENIR MAINTENANT
 
On critique le fonctionnaire
Qui défend l’avantage acquis ;
Est-il beaucoup de gens sur notre pauvre Terre
Qui prennent un autre parti ?
Voyez nos hommes politiques
Avec leur cumul de mandats
Et les grands patrons qui s’appliquent
A se ménager des « encas »
En prenant appui sur l’Etat.
 
 
 
ON NOUS FAIT « MARCHE »
 
Il faut consommer davantage
Pour soutenir l’activité,
Pour entretenir le mirage
D’une saine prospérité.
C’est ainsi qu’on délocalise,
Sans aider les plus démunis,
En sachant que seuls les nantis
Paieront moins cher les marchandises.
 
 
 
JACQUES ET NICOLAS
 
Le tandem Chirac-Sarkozy,
A ne considérer que les quatre initiales,
Donne une traduction assez originale
De notre Seigneur, Jésus Christ.
 
 
 
VU DES TRIBUNES
 
Quand les violons se décarcassent
Pour mettre en place
Les accords,
Que dire de la contrebasse ?
Que c’est un instrument qui souvent se prélasse
Et demande assez peu d’efforts,
Hormis au moment du transport…
 
 
 
AU PIF !
 
On ne connaîtra sûrement jamais
Combien d’habitants peuplent la planète.
Les recensements, c’est à vue de nez,
Que faute de mieux, on les interprète.
Comment voulez-vous compter les humains ?
Leur nombre varie à chaque seconde…
Sans parler de ceux qui viennent au
Monde Inconnus à vie, au bord du chemin.
 
 
 
ILS ONT DU COFFRE
 
L’ennui, lorsqu’on délocalise,
C’est qu’on touche toujours à la France « d’en bas » ;
Les sommets ignorent la crise,
Les bénefs, eux, ne bougent pas.
 
 
 
RACCOURCI
 
Jadis l’amour courtois appelait Cupidon
Pour ne pas déroger aux lois des convenances.
De nos jours on s’emploie à gommer les distances
Et l’on se passe de « pidon ».
 
 
 
DERIDAGE
 
Il se dit : « qu’à cela ne tienne,
Je me paye une estéticienne
Qui va me refaire mon look » ;
En oubliant qu’il était bouc…
Comme le traitement n’eut hélas rien de mièvre,
Notre malheureux devint chèvre.
 
 
 
ARRETONS LE MASSACRE
 
 Supposons que le Monde clone
Des cons à tire-larigot ;
Chacun, on ne nomme personne,
Sait qu’ils sont à tous les nivaux.
Supposons donc qu’on en arrive
A cette effroyable dérive
Et que l’Humanité, par eux, soit mise au pas,
Alors qu’on a déjà vu ça…
 
 
 
BLUFF EN DAUBE
 
Les « bons vœux » du gouvernement,
Comme ceux du « périphérique »,
Sont deux comédies anémiques
Qui chargent inutilement
La consommation électrique.
 
 
 
SERVICE APRES VANTARDISE
 
Après une année atypique,
Tout au moins politiquement,
La nouvelle sera, nous dit-on, dynamique
Au niveau des prélèvements.
Et nous n’avons évidemment,
Nulle raison d’être sceptiques.
 
 
 
LES MOTS QUI TUENT
 
On m’a dit : «  Vous rajeunissez ».
Fier de ce constat insolite,
J’ai cru pouvoir marcher plus vite
Et je me suis cassé le nez.
 
 
 
QUESTION POUR UN CHAMPION
 
Comme la Terre prend son temps
Pour faire évoluer son Monde,
Combien lui faudra-t-il de tours de mappemonde
Pour mettre au point « l’homme épatant » ?
 
 
 
SECURITE DE L’EMPLOI
 
Dans « intermittent du spectacle »,
Le premier terme fait obstacle
Aux ambitions d’un débutant.
Rien de semblable en politique :
Le spectacle, dans la pratique,
Pour ainsi dire est permanent.
 
 
 
ALLUSIVEMENT VOTRE
 
Les contes licencieux écrits par La Fontaine
S’apparentent à des fredaines
Comparés à ceux d’aujourd’hui
Où pour faire vrai l’on s’entraîne
A mettre les points sur les i.
 
 
 
JONGLONS AVEC LA JUSTICE
 
Un vieux python piteux mais goulu de naissance
Peinait à déguster sa proie
Quand un zèbre, rempli de joie,
Vint le narguer sans réticence.
« Ah ! ah !, le gros bouffi te voilà bien en peine,
Tu m’en vois vraiment réjoui.
Tiens ! prends ce coup de pied, ça coupe l’appétit. »
Et le pauvre serpent de rester interdit
Tant il avait la bouche pleine.
 
 
 
« LA PISTE AUX ETOILES »
 
Ils ont pu marcher sur la Lune,
Comment ne pas les envier !
Voir la Terre de loin, tout entière, à la une,
Quel privilège singulier !
Et pourtant ce n’est rien…
Quand l’Homme, vers l’Azur, aura mis grand les voiles,
Ne sera plus terrien,
Le globe apparaîtra comme une pâle étoile,
Pour autant qu’elle aura, du soleil, le soutien.
 
 
 
L’EPIGRAMME
 
Bien qu’elle s’aide de métrique,
Elle n’a rien d’un petit poids.
Il serait incongru de vouloir, en pratique,
Du côté des kilos lui chercher un emploi.
 
 
 
A LA DROITE DU PERE
 
Où va-t-on pouvoir caser ces chrétiens
Que Rome, à l’envi, canonise ?
Dans le calendrier les places sont prises
Et les occupants s’y cramponnent bien.
Est-ce qu’il faudra morceler le temps,
Regrouper les saints par ethnies,
Comprimer un peu la Vierge Marie…
Avec Jésus en faire autant ?
Ainsi donc il ressort qu’à l’étage suprême
Les inégalités perdurent, sans problème.
 
 
 
GELEE ROYALE
 
Dès qu’elle vit sur un grand pied,
Neige ne fait pas de quartier
Et l’auto perd son assurance.
Pour peu que le verglas pèse dans la balance,
Homo Sapiens est estropié.
 
 
 
ENTRER EN JEU
 
Les élèves s’ennuient car il leur faut apprendre
ce que leurs aînés ont appris.
Mais le goût de l’effort, difficile à comprendre,
N’a guère la cote aujourd’hui.
C’est donc en s’amusant qu’on doit entrer en classe,
Le professeur devient simple meneur de jeu.
Et si de tout cela nos élèves se lassent,
Il reste la télé pour faire des heureux.
 
 
 
MAT DE COCAGNE
 
Gauche, Droite n’ont qu’un souci :
C’est l’élection présidentielle.
L’Elysée est un lieu grandement à l’abri
Des poursuites occasionnelles :
Un étape providentielle,
Avant la retraite… et l’oubli.
 
 
 
SANS CESSER DE SOURIRE
 
Pour que l’évolution s’avère bénéfique,
Il aurait convenu que l’on s’améliorât.
Or, aussi loin que l’Homme enquête sur son cas,
Il retombe toujours sur les mêmes pratiques.
Est-ce à dire qu’il reste assommé sous son sort
Et ce sans se soucier d’exciter ses ressorts ?
On finirait bien par le croire
Dès lors qu’on parcourt son histoire…
 
 
 
RENDEZ-VOUS COMPTE
 
On sature les sols avec des pesticides
Puis l’on va récolter des produits homicides.
Et c’est ainsi qu’un sang impur
Abreuve nos sillons, Arthur !
 
 
 
TARISSEMENT A LA SOURCE
 
Il devient difficile, et ça va s’amplifier,
De découvrir un lieu sur la planète Terre,
Où, comme l’on disait naguère,
La main de l’homme, encor n’a jamais mis les pieds.
Il va falloir qu’ « Ushuaia »
S’en aille prospecter la Lune
Pour se maintenir à la une
Des reportages grand format.
 
 
 
COMMENT FAIRE SON TROU
 
Sûr que les petites communes
Ont peur d’être phagocytées
Par les grandes, toujours portées
A se pavaner à la une.
Comment ne pas plaindre Paris
Qui se sent toujours incompris
D’une France qui l’importune.
 
 
 
UN BATIMENT D’AILES SUFFIT
 
De même qu’un joyeux promeneur du dimanche
Peut déclancher une avalanche,
Parfois une bonne intention
Provoque incidemment une révolution.
 
 
 
C’EST TOUT VU
 
Le Monde est trop souvent gouverné par des fous ;
L’Histoire en collectionne un sacré florilège.
Hélas ! bien que nés parmi nous,
On ne les reconnaît qu’une fois sur le Siège.
 
 
 
DICTON DETOURNE
 
Tous les chemins, dit-on, jadis menaient à Rome.
Aujourd’hui l’on dirait : mènent au Cédérom…
 
 
 
ECONOMIE DOMESTIQUE
 
Si l’Homme accordait à la paix
Autant de soin qu’il met à préparer la guerre,
On pourrait s’entraîner à séjourner sur Terre
Avec un minimum de frais.
 
 
 
BIEN DE CHEZ NOUS
 
C’était un imbécile en tous points incurable.
Bien que reconnu comme tel,
Pas vraiment biodégradable,
Il restait inscrit sur les tables
Des produits classés « naturels ».
 
 
 
VU CE QU’IL RESTE A FAIRE
 
Abstenons-nous d’être loquace,
D’user de termes conquérants,
Pour décrire objectivement
Un saut de puce dans l’Espace.
D’autant que l’on devrait savoir
Qu’au cœur de chaque galaxie,
Se cache un monstreux « trou noir »
Qui phagocyte toute vie.
 
 
 
DE NOS JOURS
 
Ne confondons pas trop, ce par jeu dialectique,
Un ascenseur social d’avec un mécanique
Bien que les deux susdits, mis en situation,
Tombent souvent en panne avec obstination.
 
 
 
GAZ MASQUE
 
Pourquoi « l’usine à gaz » est-elle devenue
Le symbole attitré d’ une vaste pagaille ?
 « Ca gaze » signifiait pourtant, vaille que vaille,
L’absence de déconvenue ?
 
 
 
POURQUOI SE VOILER LA FACE
 
Tout intégriste est dangereux
Qu’il soit laïc ou religieux
Qu’il soit de droite ou bien de gauche.
Seule compte son opinion
Ce qui réduit la discussion
Même pas à l’état d’ébauche.
Nous en connaissons des pays
Où l’on vous répond : «C’est écrit ! »
Si vous émettez quelque doute,
Où, si vous n’êtes pas d’accord,
Malgré d’agréables abords,
Au mieux on vous coupe… la route.
 
 
 
 « TU TREMBLES, CARCASSE »
 
La Terrre tremble ; croyez-vous
Que le gouvernement va faire quelque chose ?
Manifestement il s’en fout,
Ce n’est pas une bonne cause.
 Il est regrettable qu’il faille
Attendre encore un bout de temps
Avant qu’il songe franchement
A réprimer le « jeu des failles ».
 
 
 
A NE PLUS S’Y RECONNAITRE
 
Pourquoi s’arrêter en chemin ?
 L’évolution du genre humain
S’effectue à petite allure ;
Mais dans quelques millions d’années,
Si notre pauvre Terre est toujours habitée,
L’Homme aura changé de figure.
 
 
 
INEGALITE CRIANTE
 
Ceux qui ne gagnent rien ne payent pas d’impôts
L’avantage est considérable,
Comparativement aux gros contribuables
Qu’on sollicite à tout propos.
 
 
 
SCENE (presque) AFRICAINE
 
Popomouche, un tout jeune hippo,
Voulait que Placidou-rouge-gorge, son pote,
Le débarrasse des « coyotes »
Qui s’étaient installés dans les plis de sa peau.
La besogne était d’importance
Et l’oiseau voulut composer.
« Je t’offre, dit l’hippo, sans frais, la résidence,
Sur moi tu peux te reposer. »
Placidou réfléchit encore
Puis, soudain, répondit, finaud :
 « D’accord, mais tu sais que j’abhorre
La puanteur du marigot.
– C’est bon ! c’est bon ! dit Popomouche,
- Va falloir passer sous la douche »…
- Et l’oiseau d’ajouter, non sans quelque amertume :
- « Las, une fois n’est pas coutume »
 
 
 
L’ETERNEL SUPPLIE
 
La démocratie a ses vices,
Quand le suffrage universel
Amène au pouvoir des jocrisses
Saupoudrés de spirituel.
 
 
 
« VOYAGE AUTOUR DE MA CHAMBRE »
 
Comme il est, en tous lieux, le même pourcentage
De gens sympas et de crétins,
A quoi bon s’escrimer à faire des voyages
Dans l’espoir de trouver, quelque part, « le gratin »…
 
 
 
SAURIEN PAS SI SOT QUE CA
 
Il cherchait sur un mur le soleil printanier.
Il le trouva par intuition,
Mais allez donc le vérifier…
Car sur le monument était une inscription :
Les Arts Premiers.
 
 
 
PIS QUE PENDRE
 
On nous dit que les pies jacassent ;
S’agit-il de l’oiseau vorace
Où sont-ce de simples cancans
Par référence… au Vatican ?
 
 
 
UNE IDEE A CREUSER
 
Il est des assertions qui vous laissent songeurs :
Ainsi nous avons lu, sous toute garantie,
Que le chômage avait l’avantage majeur
D’économiser l’énergie.
 
 
 
ON EN CONNAIT UN RAYON
 
Il faut savoir que la LUMIERE
N’engendre pas que le dégel :
Si LUMINEUX est débonnaire,
ILLUMINE n’a rien de tel.
 
 
 
SCENE DE JARDIN
 
Venez donc voir cette corneille
Prélevant sur un vieux bouleau
Les brindilles qui font merveille
Pour mettre un nid au « top niveau. »
 
 
 
IMPRUDENCE
 
Nul n’est parfait à cent pour cent,
C’est une banale évidence.
Même nos chefs omniscients
Ont d’inévitables carences ;
Et que dire du Ciel qui, lui, s’est fourvoyé
Lorsqu’il nous a « dégoupillés ». 
 
 
 
PUITS DE SCIENCE
 
Si vous voulez comprendre Bush,
Mieux vaut pratiquer le texan
Et si vous le parlez, de plus, avec l’accent,
L’oïl, sitôt, lui vient à la bouche.
 
 
 
MYSTERE
 
Le temps passe à la même allure,
Mais on le perçoit autrement :
Entre l’ENCORE qui perdure
Et le DEJA qui vole au vent.
 
 
 
RAPPEL TERRE A TERRE
 
Un homme marchait dans la rue
Le regard tourné vers le ciel
Et comme il avait bonne vue,
Il pensait y voir l’Eternel.
Dans sa démarche téméraire,
Il rencontra un lampadaire.
 
 
 
CONCERTO
 
J’écoute le chant des oiseaux
Chacun ressort son répertoire,
Qui perché sur le saule et qui sur le bouleau.
Pour leur montrer qu’ils sont égaux
A mes yeux et non pas rivaux,
Je leur sers tous les jours à boire.
 
 
 
C’EST LE FOND QUI MANQUE LE PLUS
 
Tout ayant été dit, même le plus énorme,
Pour être original, il nous reste la forme.
 
 
 
GENRE : INTOX
 
La guerre est un produit pour la télévision
Qui se vend, à prix d’or, sur toute la planète.
Les combats constituent, en clair, l’animation
Et les morts sont requis pour faire plus honnête.
 
 
 
RIS DE VEAU
 
Susciter, chez autrui, le rire, intelligent,
Molière aurait conclu :
« C’est une étrange affaire ».
Alors que s’employer à dérider les gens
En se vautrant dans le vulgaire
Relève, hélas, en son entier
D’un vague comique troupier.
 
 
 
PAS DANS LES GRANDES LARGEURS
 
Construire à Monaco, ce n’est pas impossible,
Il suffit de voir en hauteur ;
De prendre comme argent le prince inamovible
Et le Ciel comme promoteur.
 
 
 
VENT DE SABLE
 
Où sont donc ces armes chimiques
Que fabriquait, en grand, l’Irak
Et qui devaient flanquer le trac
Jusqu’au fin fond des Amériques ?
Heureusement que le pétrole
De tous ces tracas nous console.
 
 
 
VU D’EN HAUT
 
Un merle perché sur un pin
Regardait passer les voitures
Et, tout en lissant sa voilure,
Marmonnait sur le genre humain :
« Tout ce bruit pour se déplacer !
L’Homme est vraiment mal carrossé. »
 
 
 
REGIME INTIME
 
Le hic inhérent au grand monde,
C’est de manger sans trop grossir.
C’est l’inverse pour le quart monde
Qui voudrait manger sans maigrir.
 
 
 
MARINES
 
« Programmés pour tuer », telle est la noble tâche
Du soldat dit professionnel.
Concept que ses chefs lui rabâchent
Pour rendre l’acte naturel.
 
 
 
GARDIEN DU TEMPLE
 
Il disait qu’il était Virgile,
Bien sûr il n’était jamais cru
Parce qu’il lui manquait cet R indélébile
Du latiniste convaincu.
 
 
 
S.V.P. : NE COUPEZ PAS
 
FAUCON ne dépeint Bush que pris en un seul mot,
Vouloir l’écrire en deux fausserait le tableau.
 
 
 
DESTIN TOUT TRACE
 
Vers l’au-delà, l’homme est parti,
Mais déjà dès sa prime enfance,
L’on disait, avec insistance :
« Sûr qu’il ira loin, le petit. »
 
 
 
MARCHE DE LA CREATION
 
La vie est associée à tellement de crimes
Qu’on ne peut la tenir toujours en grande estime.
Pour vivre, il faut tuer, la plante ou l’animal
Et non se contenter. C’eût été plus moral,
De l’eau, de l’air, du temps, avec l’amour en prime.
 
 
 
POLITIQUE DE TERRAIN
 
Que dit la Maison Blanche aux fidèles d’Allah ?
Allez-y mollo, les mollahs.
 
 
 
EN APESANTEUR 
 
Quand le sommeil nous prend, à l’heure de la sieste,
Il nous fait, sans effort, oublier tout le reste.
 
 
 
SANS ESPOIR
 
Tandis que l’oiseau vole,
L’Homme, au sol, est piégé.
Avant qu’il ne s’envole
La Terre aura plongé
Dans la fournaise du soleil
Et dans le plus simple appareil.
 
 
 
POUR SUR
 
« Que placer au cœur de l’école ? »
Titre le journal d’aujourd’hui.
Est-ce pour voir l’effet produit,
Ou bien pour que l’on en rigole ?
Car pour autant qu’on s’en souvienne,
Cette question pour être ancienne,
N’a jamais fait beaucoup de bruit.
 
 
 
RIME RICHE
 
Un mot, en poésie, inspire le M.E.D.E.F. (syndicat patronal)
Vous l’avez deviné, c’est celui de bénéf.
 
 
 
COUAC-ON-EN-DISE
 
De la langue, aujourd’hui, il faut en convenir,
L’usage, à la télé, règle le devenir.
 
 
 
FLOP !
 
En se perdant de vue, on se perd pour de bon
Dès qu’il ne reste plus, comme lien, que le nom.
Quand le cœur subit la décote,
Les amis deviennent « d’ex-potes ».
 
 
 
DISCRETION
 
L’homme ne parlait pas du tout,
Il se contentait de sourire.
On ne comprenait qu’après coup :
Le personnage était en cire.
 
 
 
SANS PLUS
 
A des étapes de la vie,
Peut naître une affreuse question :
De quoi pourrais-je avoir envie
Dans le flot des interdictions ?
 
 
 
ETAPE A L’ŒIL
 
D’abord il faut savoir parler pour ne rien dire
Si l’on veut être un vrai leader.
Pour peu que l’on sache sourire,
L’on devient un chef au grand cœur.
 
 
 
JEHOVAH COMME JE TE POUSSE
 
Faute de ne pouvoir foncièrement souscrire
A de signes spécieux,
Depuis la nuit des temps l’Humanité soupire
En regardant les cieux.
 
 
 
ON EN EST LAS
 
Passer du laxatif d’emblée à l’astringent
Relève de l’impéritie.
C’est ainsi que la Bourse, en nos démocraties,
Traite nombre de pauvres gens.
 
 
 
PROFIL BAS
 
On peut, sans trop d’effort, se faire tout petit
Si la situation l’exige.
Se grandir, en revanche, est toujours un défit
Qui frise, parfois le prodige.
 
 
 
COMPETITION
 
Le mensonge est un art que les gouvernements
Pratiquent tous avec aisance.
Mais lorsqu’on est le chef d’une super puissance
L’on se doit d’être performant…
 
 
 
INQUIETANT
 
Comment peut-on moralement
Mener sa vie professionnelle
Comme ingénieur de l’armement
Sans que ça laisse des séquelles ?
 
 
 
DICRETION
 
La dernière feuille du hêtre
Culmine à vingt mètres du sol.
Vous allez penser que, peut-être,
Elle va se pousser du col ?
Point du tout et l’on voit par ce trait anodin
Qu’elle n’a vraiment rien d’humain.
 
 
 
DE BAS EN HAUT
 
Il avait passé tous les tests
Requis pour gravir l’Everest,
Son matériel était complet.
Mais la déception fut de taille,
Au moment de livrer bataille,
On faisait la queue…au sommet.
 
 
 
QUI L’EUT CRU… 
 
« Quand les poules auront des dents »
Renvoyait aux calendes grecques.
Mais l’expression, c’est évident,
N’a plus sa valeur intrinsèque
Car les savants, poussés à bout,
Viennent de réussir leur coup.
 
 
 
EN PLUS IL LUI FAUT UN SUPPORT
 
Pour symboliser la paresse,
Rien de tel qu’un volubilis :
La fleur s’ouvre, au matin, si le soleil la presse
Mais se ferme en un tour de vis
Dès que les rayons disparaissent.
 
 
 
POIDS DES TRADITIONS
 
Il faut parfois
Forcer la Loi
Pour la conformer aux usages
Et c’est ainsi,
Qu’en Corse, aussi,
Les bombes gèrent l’arbitrage.
 
 
 
LAISSER-ALLER
 
Comme les pattes d’un chameau
Le couple longtemps alla l’amble.
Mais à force de vivre ensemble
Tour alla bientôt à vau-l’eau :
Quand l’un disait : « allons ! »
L’autre criait : « allo ? ».
 
 
 
VOL AU VENT
 
Comment s’unir au partenaire
Lorsque l’on vole jour et nuit ?
Faut-il qu’un moucheron devienne grabataire
Pour qu’une belle s’offre à lui ?
 
 
 
BENI-OUI-OUI
 
Les conflits c’était sa hantise :
Il refusait d’en discuter.
Si bien que dans son emprise
On l’appelait le « Père O.K. »
 
 
 
JEUNE AMBITIEUX
 
Depuis qu’il allait tout seul à la selle,
Le jeune Toto
Disait, affirmant son côté rebelle,
Qu’il avait du pot.
 
 
 
CATASTROPHE NATURELLE
 
De part ses très hautes fonctions,
Le Sénat n’est jamais en manque.
Il a découvert sa mission
Dans la tectonique des planques.
 
 
 
INTERNATIONALEMENT VOTRE
 
«Faîtes ce que je dis et non se que je fais »
La formule est usée au-delà du possible ;
Et pourtant elle sert et ce plus que jamais
Dans l’espoir d’expliquer les rapports impossibles.
 
 
 
PROGRAMME MINIMUM
 
Comme il est toujours difficile
D’échapper à la gravité
Pour arpenter l’immensité,
On tourne en rond à domicile,
En plus ou moins accéléré,
A la poursuite du futile.
 
 
 
LA FOI QUI SAUVE
 
Il ouvrait l’Ancien Testament
A la lueur d’un ver luisant
L’anachorète.
Mais c’était machinalement
Vu qu’il était pratiquement
Analphabète.
 
 
 
SOCIAL : ISTHME ETROIT
 
Il va de congrès en congrès
Sans se réformer, il est vrai,
Par habitude.
Il entretient quelques courants
Pour se maintenir au courant :
Objets d’études.
Ira-t-il au gouvernement
Diriger comme auparavant ?
Incertitude.
 
 
 
EVIDENT
 
Quand la force prime le droit
Et que le droit n’a plus la force
De faire respecter la Loi,
On n’est pas forcément en Corse.
 
 
 
BEREZINA 
 
C’est la retraite… de Russie
Pour ceux qui n’auront pas la chance
D’avoir cotisé d’abondance
Au cours d’une « vie réussie ».
 
 
 
ALORS…
 
Au lieu de gaver les obèses,
Mieux vaudrait, semble-t-il, nourrir les affamés.
Mais il paraît que cette thèse
Offense les lois du Marché.
 
 
 
APPROXIMATION
 
La vérité c’est qui ? La vérité c’est quoi ?
Un petit bout de vrai, plus un grand bout de FOI.
 
 
 
DE PLUS EN PLUS FLOU
 
D’aucuns, désormais, nous prédisent
Que les nanotechnologies
Par leurs promesses infinies
Mèneront aux macro-bêtises.
Et cela, ni vu ni connu
Pour qui n’est pas de l’entreprise
Puisque invisibles à l’œil nu.
 
 
 
QUADRATURE DU CERCLE
 
Ces milliers de bouquins qui sortent dans l’année,
Comment voulez-vous qu’on les lise ?
Et le meilleur de la fournée,
Comment voulez-vous qu’on l’élise ?
 
 
 
PLEIN TEMPS
 
Pour être remarqué, mieux vaut faire celui
Dont l’agenda s’émeut d’être trop bien rempli.
 
 
 
MAUVAIX CHOIX
 
Une construction linguistique
Parasite la symbolique :
Ajouter le Christ à Staline
Pour faire le mot cristaline,
Relève d’un artificiel
Qui doit faire tiquer le Chef.
 
 
 
UN CAS
 
C’était un fier crétin, type formule UN
Parfaitement inefficace.
Et comme il refusait le mélange des races,
On l’isola dans les communs.
 
 
 
FUMEE AVEC FEU
 
Le tabac tue et ça se sait ;
Mais contre l’abus, rien n’y fait,
Il faut dire aussi que l’Etat
Profite au mieux de cet état
De fait.
 
 
 
DEGAZAGE
 
Le chauffard voit souvent sa puissante bagnole
Comme l’équivalent d’un moderne Pactole.
 
 
 
L’ARABIE HEUREUSE
 
C’est un pays intéressant
Pour l’indigène bien pensant
Qui nanti de pétro-dollars
Et de quelques loisirs, peut s’y faire du lard.
 
 
 
EMIGRES
 
Le plus dur des chemins dans lequel ils s’enlisent
Est celui, présumé, de la Terre Promise.
 
 
 
CONTRAIRE AUX LOIS DE LA PHYSIQUE
 
Qu’est-ce donc qui se mondialise ?
D’aucuns diront : c’est la bêtise
Qui leste les gouvernements.
Mais à moins d’avoir la berlue,
Rien ne nous indique vraiment
Que dans son élan d’expansion,
De part la baisse de pression,
A nos yeux elle se dilue.
 
 
 
SAUTE QUI PEUT
 
Un simple saut dans l’Inconnu
Tel est le lot de la Science
A chacune de ses avances :
Un saut de puce, tout au plus.
 
 
 
EN MARCHE VERS…
 
 L’agriculture pompe l’eau,
L’industrie, elle, pompe l’air :
Nous avons atteint un niveau
De civilisation hors pair.
A ce dispositif super,
Il nous faut ajouter l’auto.
 
 
 
ET APRES ET APRES…
 
Fixant un point du ciel, je puis aller tout droit
Sans jamais rencontrer l’ombre d’une limite ;
A l’exception, hélas, de celle qui m’irrite
Mais qui ne concerne que moi.
 
 
 
ADVERSITE
 
Si l’Homme invente la machine,
Elle s’émancipe très tôt
Et dans sa hâte elle assassine
Celui qui l’a crée et lui prend son boulot.
 
 
 
LA CHANCE A SAISIR
 
Penser des coups tordus, c’est le job quotidien
Des réseaux gangrenés qui vivent de la Bourse :
Ils cherchent des pigeons qui se croient dans la course
Et, sans beaucoup d’efforts, s’emparent de leurs biens.
 
 
 
PLAIDOIRIE
 
Tenez, prenez le pour puis ajouter le contre ;
Si le total tend vers zéro
Le seul attrait du « numéro »
C’est l’exposé « contre la montre ».
 
 
 
SILENCE ON (ne) TOURNE (pas)
 
Chaque ferme, bientôt, aura son festival,
Mais comment être original
Quand toutes les places sont prises ?
Peut-être pourrait-on chercher l’innovation
Dans le repos et l’inaction,
Dans l’art requis, pour l’occasion,
De ne pas mouiller sa chemise…
 
 
 
SEXISME 
 
« Amateur », pour l’instant, n’a pas de féminin
Tout au moins reconnu par notre Académie.
« A ma botte », en revanche, en fait l’économie
En optant pour le « genre humain ».
 
 
 
LOGIQUE, NON ?
 
Dès lors que la température
Dérègle notre agriculture,
S’écarte plus ou moins des quotas établis,
On appelle à cor et à cris L’Etat,
 « l’omniprésent » maudit
Pour qu’il assume la soudure.
 
 
 
LIBERIA
 
Quand l’esclave devient le maître,
Il oublie, alors, ce qu’il fut
Et, pour se faire reconnaître,
Il recourt, sans gêne, aux abus.
 
 
 
A MARCHE FORCEE
 
Nous sommes en transit, ça c’est le b-à-ba.
Sans savoir d’où l’on vient, ni savoir où l’on va.
 
 
 
VIE CLAIRE
 
A la question :  « Œufs frais ? » Il me fut répondu
« Biologiquement pondus. »
 
 
 
SILHOUETTE
 
Avec un nouveau nez fraîchement raccourci 
Il avait programmé de faire des conquêtes.
Nez en moins, néanmoins, cela n’a pas suffi
Car il avait la grosse tête.
 
 
 
PEUT ETRE SAINT GLINGLIN…
 
Quel saint faudrait-il invoquer
Pour déclancher la pluie a verse
Sans provoquer de controverse
Au sein du saint des saints, plus ou moins syndiqués ?
 
 
 
DOSAGE
 
« Il faut de tout pour faire un monde »
Dit le proverbe bien connu
Mais lorsque la partie immonde
Se répand par trop à la ronde,
Mieux vaudrait revoir le menu.
 
 
 
DENIVELE
 
Si l’Homme est franchement à l’image de Dieu,
Comme la Bible le proclame,
Ou le premier est prétentieux,
Ou le second a rendu l’âme.
 
 
 
DEVIANCE
 
L’économie à courte vue
Produit, avant tout, des bévues
En remplaçant le salariat
Par un cupide actionnariat.
 
 
 
BUT BUTE
 
L’intégrisme est toujours un danger potentiel
Pour l‘Humanité qui l’irrite :
Il veut, sans discussion, la pousser vers le Ciel,
Alors qu’il n’a jamais déterminé le site.
 
 
 
QUESTION DE NIVEAU
 
Tout le monde sait que l’ozone
Nous perturbe mieux que personne
Eu égard à sa position :
Entre celui d’En Haut qui sert de protection
Et celui d’En Bas qui nous gêne
On retrouve, à nouveau, ce même phénomène
Que pointent nos grands chefs en d’autres occasions.
 
 
 
METTEZ AUX VOIX
 
Ils ont fait tourner les machines,
Celles qui prédisent le temps.
Elles annoncèrent : « pluie fine »
Le pifomètre en dit autant.
 
 
 
LA ROUE TOURNE
 
Tout a bien une fin, même les fins de mois ;
Certaines à regret, d’autres de bon aloi.
 
 
 
CANICULE
 
Un ordre est arrivé : « Trop de feuilles en place,
Stop ! à la solidarité »
Les racines ont dit : « Vu qu’on se décarcasse,
Il faut faire jouer la flexibilité ».
Et l’arbre se découvre en crise
Comme une vulgaire entreprise.
 
 
 
FEU : ADJECTIF
 
Ne laissons pas l’enfant jouer avec le feu
Il peut aussi devenir « feu ».
 
 
 
CELLE QUI NE REND PAS IMMORTEL
 
Mauvaise herbe, à ce jour, on sait que l’ambroisie
Irrite, sans fard, nos muqueuses.
On ne peut, néanmoins, la traiter d’emmerdeuse,
Elle fait son boulot, dans sa catégorie.
 
 
 
EGALITARISME
 
La mondialisation de l’imbécilité
Ne nécessite, en clair, nul effort spécifique,
Car la tare est partout à l’état endémique
Et nombre de chefs politiques
Assurent sa pérennité.
 
 
 
CA CHAUFFE !
 
Oui, pour faire du froid, il faut de la chaleur :
On sombre dans le ridicule
D’autant qu’en cas de canicule,
Le résultat est sans valeur ;
Et même, disent les savants,
L’inverse de celui qu’on mettait en avant.
 
 
 
DEFAUT DE PARALLELISME
 
C’était une chauve souris,
Un nom qui ne lui convient guère.
Un jour qu’étant partie en guerre
Contre les moucherons dont elle se nourrit,
Après avoir happé maints insectes nocturnes,
Elle vint trouver sa co-turne
Pour solliciter un avis.
« Crois-tu donc que le rat soit de notre famille
Et qu’il se nourrit comme nous ? »
L’autre lui répondit : « T’es fou !
Entre l’Homme d’en haut et le même d’en bas,
C’est comme nous avec le rat. »
 
 
 
UNE AFFAIRE DE COUPS
 
Deux loisirs, à grand bruit, sèment la zizanie,
La chasse, tout d’abord, et la tauromachie.
 
 
 
« LES VOIX DU SILENCE »
 
« Plus près de toi, mon Dieu, » chantent les catholiques
Mais l’écart reste sous-jacent.
Ils aimeraient une réplique,
Elle est aux abonnés absents.
 
 
 
ON PHOSPHORE
 
Les vers à pieds, bien sûr, sont faciles à faire,
Il suffit de savoir compter.
Mais pour les vers luisants, là, c’est une autre affaire,
L’éclat n’est pas donné par l’électricité.
 
 
 
TETE D’AFFICHE
 
Pour avoir un pavé dans le carnet du « Monde »
Nul besoin d’être grand, au sens noble du mot.
L’Amin Dada le plus immonde
Y trouve place, avec photo.
 
 
 
A DEFAUT DE…
 
Mieux vaut des tas de religions
Qu’une seule d’Etat.
Dans la première option
Le « Pourquoi ? » est admis
Dans l’autre il est honni
Et dangereux d’en faire état.
 
 
 
PERMANENCE
 
On pourrait essayer de définir la poisse
Comme étant des ennuis qui feraient du surplace.
 
 
 
CHUT !
 
Les états adossés aux principes moraux
Passent bravement sous silence
Les petits paradis fiscaux
Qui vivent sous leur dépendance ;
Ce qui les autorise en toute impunité
A s’affranchir, au noir, de la légalité.
La France a des îles australes,
Les Anglais des occidentales.
 
 
 
LES GONCOURT
 
Ils sont nommés à vie et, malgré leur grand âge,
Savent, sans l’avoir lu, couronner un ouvrage.
 
 
 
CHAUDS LES MARRONS !
 
S’il est un arbre qui prospère
Quand tous les autres font pitié,
Lorsqu’un été caniculaire
Perturbe jusqu’aux vacanciers,
Cet arbre c’est la marronnier
Que la presse écrite vénère.
 
 
 
MAIS N’EN ABUSONS PAS
 
L’anglicisme, parfois, peut offrir un recours :
Pour désigner une starlette,
Sauf à choisir d’être un balourd,
Qui pourrait parler « d’étoilette » ?
 
 
 
FORTE TETE
 
Esprit toujours fécond en matière fécale,
Ses bons mots n’empruntaient qu’à des parties anales.
 
 
 
SI VOUS EN AVEZ…
 
Les socialistes sont en panne
D’idées en devenir.
Et d’aucuns d’appeler : « Sœur Anne 
Ne vois-tu rien venir ? »
 
 
 
SCROGNEUGNEU !
 
L’Irak après l’Afghanistan
Et les exploits en Somalie,
Le Gendarme du Monde offre une panoplie
De ratages retentissants.
 
 
 
DU BON USAGE DE
 
L’attrait de l’inaction est un pas vers la sieste ;
Pour le sommeil profond, la télé fait le reste.
 
 
 
RADARS EN RADE
 
En voulant tolérer les excès de vitesse,
La route est devenue une VOIX DE DETRESSE.
 
 
 
AVANT LA MODIALISATION
 
Quand les trains arrivaient à l’heure
Et le courrier aussi,
C’était des moments réussis
Où la France faisait son beurre.
 
 
 
NUANCE
 
Si l’on traite de corruption
C’est vers l’étranger qu’on se tourne.
Chez nous il en est peu question :
On parle plutôt de ristournes
Ou d’erreurs sur les stock-options.
 
 
 
SPIRALE
 
Augmentez substantiellement
Les places de stationnement
Et vous verrez grossir le nombre de voitures ;
Au point qu’on peut se demander
De ces deux chiffres excités
Lequel aura l’autre à l’usure.
 
 
 
COMME A DIT L’AUTRE…
 
« Quand la Chine s’éveillera »
Et prendra pleinement sa place,
L’espèce humaine se verra
Sourire… jaune, dans la glace.
 
 
 
DECELERONS
 
Les statistiques sont têtues :
Ce n’est pas la route qui tue.
A défaut de pouvoir raisonner les chauffeurs,
Essayons, pour le moins, de brider les moteurs.
 
 
 
AINSI VA L’EUROPE
 
La Suède, pour l’heure, a dit non à l’euro
Et l’Estonie a dit : banco !
L’une avait peur de trop donner,
L’autre espère bien encaisser.
 
 
 
HOMMAGE
 
Comme ils sentent le réchauffé
Tous ces « bons et loyaux services »,
Auxquels on accole en coulisse,
Les heures de boulot et les congés payés !
 
 
 
JUGEMENT DERNIER
 
« L’Europe, dit la Maison Blanche,
N’est qu’un marché, pour être franche,
Qui n’est jamais assez ouvert.
Et ses exceptions culturelles
Sont à considérer comme des bagatelles
Qui tiennent à ses goûts pervers. »
 
 
 
GALILEO
 
Après quatre milliards et plus de kilomètres,
La sonde américaine, il faut le reconnaître,
A choisi le plongeon fatal.
Quatorze ans à scruter les planètes gazeuses
Ne pouvaient qu’altérer les cellules nerveuses
D’un voyeur, fût-il marginal…
 
 
 
REFORMER L’ECOLE
 
Comment perdre un latin qu’on ne possède pas,
Faudrait-il l’acquérir pour justifier sa perte
Et rendre au dicton son éclat ?
La question, bien sûr, reste ouverte.
 
 
 
ALTERMONDIALISATION
 
On pourrait délocaliser
Des institutions politiques :
Sénat, Conseil Economique…
Vers des pays favorisés
Par des salaires anémiques :
Avantage pour les Finances,
Effet nul sur la Gouvernance.
 
 
 
Organisation Mondiale Calamiteuse
 
Un mouflet africain reçoit moins de provende
Qu’une vache nourrie à la mode normande.
Logique, direz-vous : l’une a du rendement
Quand l’autre ne produit que des emmerdements.
 
 
 
DU DEJA VU
 
Prôner « l’interdit d’interdire »,
C’est s’acheminer, sans le dire,
Vers le régime : « Pas de lois ».
Et son homonymie du plus mauvais aloi.
 
 
 
EXEMPLE A SUIVRE
 
Contrairement à l’entreprise,
Le Sénat n’est jamais en crise :
Et moins il joue un rôle actif
Plus il accroît ses effectifs.
 
 
 
ALERTE AU STRING
 
Il est clair que les religions
Mènent sans cesse l’offensive
 Contre la prolifération
D’armes de destruction lascives.
 
 
 
« A MOI, COMPTE ! »
 
On sait compter les sous mais pas les habitants
Avec la précision de la Mathématique.
La Science n’a pu, malgré l’informatique,
Mettre sur le marché des outils performants.
 
 
 
PENSONS-Y
 
Il faut se dire qu’une image
Est toujours le fruit d’un montage,
Surtout à la télévision
 Où le naturel n’est de mise
Que pour afficher la bêtise
Propre à certaines émissions.
 
 
 
POINT MORT
 
Si cette Europe dite Unie
Se borne à promouvoir l’euro
La seule chose garantie
C’est notre moral à zéro.
 
 
 
ET POUR LE PARADIS : TINTIN !
 
Lorsque la papauté papote
Sur la déchéance des mœurs
Elle omet de porter en note
Que le dérapage majeur
Remonte, en fait,au premier homme
Qui magouilla pour une pomme.
 
 
 
VOIES DIVERGENTES
 
L’importun qu’on met à la porte,
Peut, malgré tout, en quelque sorte,
Par la fenêtre revenir.
L’argent, qui par cette dernière,
Est jeté sans trop de manières,
S’empresse, lui, de déguerpir.
 
 
 
MARTIALEMENT VOTRE
 
Washington ne connaît que l’unilatéral
Et l’anglais, dominant, à l’international.
Tout le reste n’est que broutille
Pour la vieille Europe en guenilles.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


Date de création : 17/03/2008 * 13:06
Dernière modification : 21/05/2008 * 11:35
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