« Caïn-caha », c’est la formule
Qui s’imposa rapidement
Dès le jour que le Père Adam
Donna naissance à ses émules.
Quand le poids d’une hiérarchie
Installe, en prime, la bêtise
Et puis l’institutionnalise,
C’est par la force d’inertie
Qu’on freine sa vitesse acquise.
Comment vit-on à Dubaï ?
Un peu mieux, semble-t-il, que dans d’autres pays
Si l’on prend le goût des affaires
Et l’habitude de se taire.
La Nature a ses lois, il faut s’en souvenir
Avant de s’étonner, ou pire, de gémir.
Se faire rectifier la langue,
Pour mieux baragouiner l’anglais,
C’est dire si la raison tangue…
Même Bush ne l’aurait pas fait…
En Corée du Sud on opère
Pour préparer l’enfant à la loi des affaires.
Deux gars qui se tapent dessus
Jusqu’à ce qu’un des deux s’écroule,
C’est l’un des sports les plus maboules
Que la bête humaine ait conçu.
EN JOUANT SUR LES FAUSSES PEURS
Deux virus dialoguant, comme ils savent le faire
Dans un langage codifié,
Cherchaient le moyen approprié
De parvenir à se défaire
D’un médicament vivifié.
Ils découvrirent l’imparable :
Rendre la drogue non rentable
Aux yeux des milieux financiers.
Savez-vous que les lampadaires
Perturbent les coléoptères
Dans leurs nocturnes relations ?
A l’instar de nos astronomes
Qui s’insurgent comme un seul homme
Contre les illuminations.
APRES AVOIR QUITTE LE SINGE
C’était au temps de l’ancien temps
Quand les Arabes parlaient nombre…
Et les Chinois inventaient l’ombre…
Peut-être même encore avant.
Et que découvrit l’Homme en ces lointains instables ?
Que la vie et la mort étaient inséparables.
Ils se détestent mais en douce
Avec, de temps en temps, un petit coup de pouce
Pour entretenir la rancœur.
Leur ambition étant la même :
Décrocher la place suprême
Avec le fric et les honneurs.
Tous les nouveaux pays que l’Union prend en charge,
Séduits par Washington, regardent vers le large.
Quand verra-t-on les dirigeables
Sillonner à nouveau le ciel ?
Un moyen de transport soucieux pour l’essentiel
Nous dit-on, du confort du râble.
Nous savons, un don reconnu,
Mettre au point un œuf à la coque ;
Mais le bâteau à double coque
Pose un problème plus ardu.
Si bien que les rafiots poubelles
Vont avoir encor la vie belle.
Si tu veux une référence
Chiffrée,
Cherche, d’abord, qui la finance
La Chine est, de nos jours, un pays de cocagne
Pour de nombreux investisseurs.
Il reste, paraît-il, encore quelques bagnes
Mais c’est pour les contradicteurs.
A PROPOS DU FILM « FRANCK RIVA »
Tous les acteurs, sauf un, ayant un rôle en marge,
Il fallait le titrer : « Alain DELON en large ».
L’Age, dit-on, aidant ou plutôt n’aidant pas,
On avance sans trop allonger le compas.
Pourquoi « laisser du temps au temps »
Puisque le Temps a tout son temps…
C’est au nom des symboles
Qu’on coupe la parole
A qui n’abonde pas toujours dans le bon sens
Et récuse la myrrhe aussi bien que l’encens.
Mais il est d’autres solutions
Pour convertir ceux qui rigolent
Si l’on savait qu’ « Après » il ne se passe rien,
La vie en société serait vite malsaine.
Combien de ces millions d’honnêtes citoyens
Laisseraient libre cours à la nature humaine…
LES FOSSOYEURS DE L’ECONOMIE
Ils bossent devant des écrans
Pour comptabiliser les dépôts de bilan
Des entreprises.
Et cela les excite avantageusement
Car leurs propres émoluments
S’élèvent d’autant plus qu’une affaire est en crise.
Il était émotif, ce n’est rien de le dire :
Les larmes lui venaient pour un fait très banal,
Sans aucune raison et c’est là le pire :
Rome a le Vatican, Paris a le Sénat :
Deux havres appréciés quand le grand âge est là.
Un « fumiste » n’est pas toujours, et c’est dommage,
Ce triste individu qui nous prend en otage
A force de propos sans cesse décousus.
Non, ce peut être aussi et c’est là qu’est l’outrage,
Un spécialiste du chauffage
Et qui n’ait en rien farfelu.
Ne pas perdre le nord, c’est le point cardinal
Qui permet d’avancer dans le sacerdotal.
« DE GAULLE » UN PEU « FOCHE »
C’est avec de vieilles hélices
Que vogue notre porte-avions :
Utile récupération
Par ces temps de grande avarice.
On aurait pu pousser plus loin
En fouillant un peu dans les coins
Du vieil ancêtre hors service…
Mais l’économie en béton
Eut été de changer tout simplement le nom.
Les étoiles, jadis, c’était la poésie ;
Rien de tel à ce jour, le rêve est périmé.
La Science les scrute avec avidité
Pour leur piquer de l’énergie.
Rien de pire que ceux qui par « révélation »
Affirment détenir, pour tout, la solution.
Pourquoi quitter le port et gagner l’autre rive,
Ce, pour y découvrir d’identiques dérives,
Courir contre la montre, aborder maints fâcheux
Et se perdre en transports qui n’ont rien d’amoureux ?
L’axe Londres-Paris, ce n’est plus Fontenoy,
Où nous voulions tirer… mais après les Anglois.
Comment naissent, en fait, les écarts de langage…
Les mots n’y sont pour rien et seul leur assemblage
Engendre l’harmonie ou bien les dérapages.
On vous l’installa sur le seuil
De la maison, comme vigile,
Dans une posture virile,
Afin qu’il ait l’alarme à l’œil.
Il semblerait que Bush veuille aller sur la Lune
Par astronaute interposé.
Mais c’est la restriction qui crée une lacune,
Sinon un tel désir serait fort louangé…
Surtout si le retour n’est pas envisagé.
Fuyant l’ennui comme la PESTE,
Le COMBAT fut son lieu de vie.
Mais avec l’ETRANGER il ne fut pas en reste
Et crut se limiter à de JUSTES envies.
Comme il ne savait pas à quel SEIN se vouer,
Il opta pour les deux et n’eut qu’à s’en louer.
Nous sommes tous sur « internet » :
Les bons, les durs et les « pas nets »
Plus tous les autres…
S’entend-on un peu mieux qu’avant
Lorsqu’il fallait un peu de temps
Pour se dire : « A la bonne vôtre » ?
Si Lucie
Scie,
Henri
« Rassurez-vous, je vous assure
Contre toutes les aventures,
Dit l’assurer classé retors ;
Vous êtes ma « poule aux œufs d’or ».
La crème arrange bien des choses :
Le chou comme le brocoli,
La femme comme le mari,
Le tout est d’ajuster la dose.
Lorsque je suis déterminé
Visiblement à ne pas l’être,
C’est que j’omets de reconnaître
Que je suis déjà programmé.
Mettre du « plomb dans la cervelle »
Prête par trop à confusion ;
Mieux vaut parler « maturation »
Pour éviter l’erreur mortelle.
On se disait que l’O.P.A.
Entre deux firmes d’ici-bas,
La Bourse l’avait inventée.
Erreur, c’est notre « Voie Lactée »,
Où les fusions-acquisitions
Sont le chic des occupations.
Il a suffit d’un choc, dicté par le hasard,
Pour que notre planète accouche de la vie.
La Lune, évidemment, était de la partie
En maintenant la Terre inclinée, au départ.
« Que fait-on au dernier étage ? »
On élabore à tour de bras,
Pour rentabiliser l’usage
Que le sous-sol fait … des gros bras.
Supposons qu’un astéroïde,
D’un kilomètre d’embonpoint,
Vienne percuter comme un poing
Notre Terre patatoïde…
Et voilà que l’Humanité n’a plus accès à la télé.
C’est un adjuvant bien commode
Que nous baptisons l’inconscient :
Discret mais toujours à la mode
Et disponible à bon escient.
« Une entrée gratuite au Musée »
Après la chute accélérée
Des revenus de la famille,
Va remettre du baume au cœur
Des retraités et des chômeurs
Que chaque jour la vie houspille.
C’est un îlot, un avorton,
Un atoll nommé Clipperton,
Piqué, tout seul, sur un tropique.
Riche surtout d’isolement,
Défendu symboliquement
Par des crabes jaunes toxiques :
L’endroit quasiment idéal
Pour faire un paradis fiscal
Sous l’œil, soupçonneux, du Mexique.
Tout passe par l’informatique,
Les compliments et les critiques.
Que reste-t-il pour le papier ?
On n’ose trop le souligner…
Ce serait pourtant hygiénique.
Deux siècles et plus, c’est le temps, ma chère,
Que mettra Pluton
Pour faire son tour de Soleil, pépère,
Lorsque l’honneur est mal placé,
Vous voyez ce que l’on veut dire,
Non content de se déclasser
Bien souvent il conduit au pire.
Quand la délocalisation
Aura transféré hors de France
Cent pour cent de la production,
Qu’aurons-nous comme référence
Dans un univers de chômeurs ?
D’un côté la haute finance,
De l’autre les « Restos du Cœur ».
Comme il faut faire quelque chose pour les vieux,
L’Etat active leur passage vers les cieux.
Lorsque les effets secondaires
Dépassent, de loin, les primaires,
On est en droit de s’inquiéter
Si le médicament a quelque utilité.
On est vraiment des moins que rien
Si l’on se compare aux sauriens
Qui peuplèrent la Terre aux temps géologiques :
Deux cents millions d’années et plus,
De quoi sourire d’un cursus
Du plus avantageux des hommes politiques.
Le problème de l’eau nous occupe amplement,
Comme source de vie et comme emmerdement
Car il faut, à la fois, la conserver potable
Et la laisser filer hors du lit convenable.
SANS PARTICULE PARTICULIERE
Nous avons tous autant d’ancêtres
Que le plus titré de nos rois ;
Mais c’est par discrétion, ma foi,
Qu’ils ne se sont pas fait connaître…
L’évocation de l’Univers,
Ne concerne que l’observable
Car l’autre, l’incommensurable,
Ignorera toujours ce qu’est le « der des ders »
Au fond, lorsque dans un parti
Les chefs sont presque tous pourris
Et pratiquent en grand un certain art de feindre,
Ce sont les militants qui sont le plus à plaindre.
Puisque on sait qu’un Américain
Pollue au moins autant que dix simples péquins,
Qu’adviendra-t-il de la planète
Quand ces derniers exigeront
Et ce non sans quelque raison,
D’appliquer les mêmes recettes ?
Dès que nos affaires vont mal,
Paris crée un « observatoire »
Avec quelques experts notoires
Qui rendront un rapport moral
Pour être archivé sans histoire.
On nous parle « secret défense »
Pour camoufler une dépense
Qu’on devrait montrer au grand jour,
Mais qu’on dissimule toujours
En raison de son aberrance.
Ayant ôté mes deux prothèses,
Je n’ouïs que modérément :
C’est sensible pour les fadaises
Un peu moins… pour les compliments.
Dans la bouche d’un sénateur
Qui défend ses viticulteurs,
Le vin est devenu « la boisson agricole ».
L’alcool dûment occulté,
Le breuvage ainsi présenté,
Retrouve une place à l’école.
Quand les gens se mettent en quatre
Pour chercher, au plus tôt, des raisons de se battre,
La bêtise, à coup sûr, tient le haut du pavé ;
Et seul un tiers payant, ou plus ou moins payé,
Peut leur demander d’en rabattre.
On lui dit : « Prenez du recul
Dans votre affaire rien ne presse ; »
Mais lui, pour montrer son adresse,
Dérapa sur un faux calcul
Et se retrouva sur ses fesses.
Elles s’imposent avec l’âge
Les poches qu’on a sous les yeux ;
Celles du pantalon sont autrement plus sages,
Que ce dernier soit jeune ou vieux.
On nous dit que le vent se lève…
Ah ! s’il pouvait rester couché
Et laisser le soleil, seul prendre la relève,
Quand l’hiver est mal embouché…
Mieux vaut être « vache allaitante »
Dans un pays favorisé
Qu’ « habitant-sous-développé »
En quête d’une aide alléchante :
Deux dollars pour le quadrupède,
Mais un tout seul pour le bipède.
Si chaque individu défend son pré-carré
Ne nous étonnons pas que rien ne tourne rond.
C’est difficile d’être honnête
Quand on est seul en tête à tête
Avec soi
Et qu’après un conflit reconnu par trop bête,
Il faut tout remettre à l’endroit…
L’Infini dans le temps, l’Infini dans l’espace,
Souligne, à l’infini, notre ignorance crasse.
L’Afrique, au sud du Sahara,
Lorsqu’une aide elle sollicite,
S’entend répondre à la va vite :
« Patientez, demain ça ira…
Notre richesse a ses limites ».
Que d’arbres sacrifiés pour renforcer l’outrage
D’une publicité réduite à des images !
Tous ces petits trucs qui fonctionnent
A l’intérieur de notre corps,
Sans rien demander à personne,
Comment peut-on parler de transport en commun
Lorsque, dans l’autobus, on n’est guère plus qu’un ?
CA VAUT SURTOUT POUR LE MORAL
Prendre le bon côté des choses,
(Ou les choses du bon côté),
C’est laisser l’autre de côté.
Si bien qu’en tout état de cause,
On traite l’affaire à moitié.
En supposant qu’une montagne
Puisse accoucher d’une souris,
On peut se demander, au fond, quel abruti
Oserait, dans ce cas, s’en faire une compagne.
J’ai cru, sottement il est vrai,
Que COACHIN nommait, en anglais,
Le cochon de nos latitudes :
Ne confondons pas intégrisme
D’avec intégrité.
Le premier est un cataclysme
Nous allons manquer de pétrole
Mais chacun pense : « Ma parole
Les puits fonctionneront, pour sûr, autant que moi ;
Comme aurait dit un certain roi.
Ah ! que d’économies, en France, on pourrait faire
En piochant simplement au sein des ministères…
Voire en envisageant itou la suppression
D’inutiles CHARGES, d’inutiles MISSIONS.
Lorsqu’un problème reconnu
Parvient au siège de l’O.N.U.,
L’assemblée envoie un message
Qui rappelle aux belligérants
Qu’ils doivent se mettre au courant
Des règles de bon voisinage.
Rien de tel que le tape-à-l’œil
Pour taper le porte-monnaie.
Les Etats-Unis d’Amérique
Se placent au-dessus des lois
Dès l’instant que leur quant-à-soi
Est l’objet de vives critiques.
On peut se poser la question :
Vaut-il mieux, en toute occasion,
Employer les produits physiques
Plutôt que les produits chimiques ?
« Un cousin abusant d’un fâcheux parentage »
Vint perturber le jeu d’un discret voisinage
Et, sans le moindre accord de réciprocité,
Crut, à tout bout de champ, pouvoir tout emprunter.
On n’a plus peur du ridicule,
La télé le prouve amplement :
Une avancée en majuscule
Qui fascine nos gouvernants ;
Lesquels en toutes occasions
Sollicitent ses prestations.
Lorsqu’en Arabie Saoudite
Un prince déroge à la loi,
Cette dernière a le mérite
D’être perméable à des choix ;
Sans que cela se répercute
Sur le manant qu’on exécute.
L’homme n’avait qu’une idée fixe :
Chercher querelle à tout propos ;
Si bien qu’on l’avait, au boulot,
Surnommé « La plainte contre X ».
Proust a perdu bien plus de temps
A rechercher le « Temps perdu »
Qu’il n’en avait perdu vraiment…
« Pourquoi les gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux. »
Parce qu’ils trouvent dégueulasse
Que quelqu’un roule, ailleurs, quand eux font du surplace,
Et que c’est là qu’eux font la queue.
our que la Terre tourne rond
On nous dit : Economisez !
Mais l’Etat, en quête de ronds,
Nous encourage à consommer…
ET POURTANT TOUT SE TIENT
C’est par une vue arbitraire
De la vie,
Que l’Homme assure, sans repères,
Passer d’un ministère à l’autre, incontinent,
N’exige aucun diplôme ou titre équivalent.
Il voulait faire quelque chose
Mais il ne savait pas trop « que » :
C’est donc en désespoir de cause
Qu’il prit un matin fait et cause
Pour un repos avantageux.
HEUREUSEMENT LES TOURISTES ARRIVENT
Pourquoi deux O à Waterloo ?
Un seul suffit. Quel gaspillage !
Aux morts, bien trop nombreux on ajoute un naufrage :
La tendance des temps nouveaux.
VIVE LA BOITE DE CONSERVE
Pour écosser des petits pois,
Il faut de la persévérance
Lorsque la cosse, entre les doigts,
S’initie à la résistance ;
D’autant que, dans la confusion,
Le grain, avec jubilation,
Cherche à tirer sa révérence.
Réagissant au quart de tour
Il se morfondait les trois autres.
LES PARTICULES ELEMENTAIRES
Si l’on voyageait moins, on respirerait mieux,
Vu que la pollution vient souvent par les cieux.
Après des ans passés sous terre,
La cigale à l’état larvaire,
Apparaît soudain au grand jour.
Nullement pour crier misère,
Mais pour chercher un compère
Capable de faire l’amour
Dans un vol nuptial des plus courts.
Tout homme réfléchit, plus ou moins sûrement,
Mais se heurte toujours au pourquoi du comment.
Il suffit d’un virus un peu sophistiqué
Et votre ordinateur perd toute dignité.
Vous vous souvenez, Tchernobyl,
Fallait pas se faire de bil’
Notre ciel était bucolique.
Les radons s’étaient arrêtés
A la frontière, médusés
Par nos élites politiques.
Aujourd’hui rien n’est résolu
Et nous sommes tous des « cocus »
Une fois encor « magnifiques ».
Une photo ça se travaille,
Par la technique, comme on veut,
Au point de pouvoir mettre hors jeu
Le sujet même qu’on travaille.
L’UN VE VA PAS SANS L’AUTRE
A propos d’armes , la critique
Vise en bloc tous les trafiquants ;
Mais le dégoût serait autrement convaincant
Si l’on montrait du doigt, aussi, qui les fabrique.
De tous côtés l’on commémore,
Chez nous, peut-être, plus qu’ailleurs :
Attitude qui nous honore
Puisque nous associons les vaincus aux vainqueurs.
Bien avant que Denis Papin
Ne découvre, avec jouissance,
Que la vapeur, en l’occurrence,
Allait détrôner les bourrins,
Le « piston » s’imposait et de toute évidence,
Comme moteur du genre humain.
Dans les démocraties antiques,
On votait contre, on votait pour :
Ce n’est plus le cas de nos jours,
L’élection n’est qu’un pratique
Qui n’influence pas le cours,
En France, de la République.
Informer, aujourd’hui, n’a pas de raison d’être,
Ce qui compte c’est de paraître ;
Et tout concourt, dans les médias,
A fabriquer de l’immédiat.
LE TIMIDE
Il n’osait pas oser et restait sur la touche, Enviait les farauds et demeurait farouche.
Il racontait, sans en rabattre,
Qu’il possédait un quatre-quatre
Pour Paris, exclusivement ;
Et qu’il en usait constamment
Afin de forcer le passage
Dans les fréquents embouteillages
Et s’imposer aux importuns
Que sont les transports en commun.
Ces bougres d’animaux qui volent,
Sans souci des sentiers battus,
Savent-ils bien que le pactole
Quand la Vie a pris le dessus,
C’est eux, vraiment, qui l’on reçu ?
Tous les déplacements de nos grands politiques,
Serviteurs vertueux
De notre République,
Sont à considérer comme frais GENEREUX.
On a fait nettoyer la place,
Pour accueillir le Président ;
Et puis on a laissé la crasse
S’accumuler, en attendant
Qu’une autre visite l’efface.
Le vent tourmente le bouleau
Sans émouvoir le conifère.
Comme le Chêne et le Roseau
Vont-ils se retrouver à terre
Après un échange de mots ?
Mais non, le calme est revenu :
La Fontaine eût été déçu.
Quand la peau se frippe
Comme vieille nippe,
C’est le signe fort
Qu’on existe encor
En tant que relique
De Bruxelles au Luxembourg
Après un crochet par Strasbourg,
Nos eurocrates se promènent ;
Avec eux la bureaucratie
A défaut de démocratie,
Tant qu’à faire, puisque l’Europe
Est l’appendice de l’Asie,
Ajoutons aussi la Russie
Si vous prenez le train en marche,
vous risquez l’accident.
Mais si vous le prenez quand il ne
marche pas, c’est sans intérêt.
N’allez pas croire ingénument
Qu’une prothèse fait merveille,
Du moins celle qu’absolument
Il vous faut suspendre à l’oreille :
Elle siffle lorsqu’on l’approche,
De temps à autre se décroche,
Et refuse spontanément
D’acheminer les sons téléphoniquement.
Peser les mots au trébuchet,
Pour mener à bien un sonnet,
D’aucuns diront : pure foutaise.
Le plaisir, pourtant, est patent
Lorsque la pierre et le ciment
Forment une aimable synthèse.
Voyager en bateau ce n’est pas la mer
à boire, même si le risque existe…
Bataillez, prenez de la peine,
C’est l’affront qui manque le moins.
Un riche bagarreur, sentant sa fin prochaine,
Fit venir ses enfants, leur parla sans témoin.
(La Fontaine s’arrête ici)
« Louez-vous comme mercenaire,
Le métier a de l’avenir ;
Et tracer votre devenir.
Mais n’y cherchez pas la morale,
Depuis belle lurette elle « s’est fait la malle ».
N’allez pas croire qu’il faut croire
Absolument ce que l’on croit.
Il convient d’avoir en mémoire
Que croire est un acte de soi.
Comme il est toujours en quête de SENS
il est souvent en délicatesse avec le code
La Terre tremble, en vérité,
Sous le poids de nos turpitudes
Et quand nous négligeons sa magnanimité
Elle augmente sa magnitude.
« Signez ou je délocalise » :
Ainsi fonctionne le social.
Le « toujours plus » se focalise
Sur l’intérêt de Capital.
Il était persona grata
Et s’en faisait toute une gloire.
Quand on lui demandait auprès de quelle poire,
Il répondait : de la mafia.
Le soleil est si chaud et l’air si peu léger
Que les arbres n’ont plus la force de bouger.
« C’est avec des hochets que l’on mène le monde »
A dit un chef sans illusion.
De nos jours il devrait, à sa constatation,
Ajouter, à tout prix, la maîtrise des ondes.
Il est bien connu que la Presse
Manipule l’évènement
Et peut d’un banal incident
Faire une évidente prouesse.
Quand le journal somnole au pied des cocotiers,
Nous, lecteurs, avons droit aux bon vieux « marronniers ».
Supposons qu’un astéroïdes,
La tendance planétoïde,
Las de tournicoter dans le vide absolu,
Mette le cap sur notre Terre,
Attiré par son atmosphère
Aux avantages bien connus.
Que ferait alors l’ON.U. ?
Elle parlerait d’hypothèse
Dans une motion de synthèse.
C’est vrai, si l’on cherche l’on trouve….
Mais trouvez-vous toujours ce que vous recherchez ?
Non, bien sûr, et ce qui le prouve,
C’est qu’il vous faut encor chercher.
Quand on veut vivre avec son temps,
on est très vite à bout de souffle…
par les temps qui courent.
Pourquoi n’avons-nous pas des ailes ?
Avec un tant soit peu de zèle,
Nos aïeux auraient eu tout le temps d’y pourvoir…
Au lieu de s’excrimer à vouloir, sur deux pattes,
Nous ranger parmi les primates,
Dans le but de nous faire voir…
Et nous avons l’air fin, désormais vieux bipèdes,
Condamnés à jouer bêtement l’intermède
De l’illusion du vol, à partir d’un plongeoir !
Si l’on en croit les reportages,
La plupart des beaux paysages
Sont « à couper le souffle », au mieux,
D’où le risque d’une asphyxie
Chez les curieux qui s’extasient
Un peu trop longtemps sur les lieux.
Allo ? C’est vous ? Ici, c’est moi !
Quel progrès, en restant chez soi,
De pouvoir bavarder, gratos,
Directement par le cosmos,
Mais en toute sécurité,
Avec son voisin d’à côté…
Il nous l’avoua tout de go :
Peur d’être pris pour un gogo,
L’hippo cultivait son ego
L’été, nous devons nous y faire,
Le commerce, au mois d’août, ma chère,
Prend, comme qui dirait, de vrais quartiers d’hiver.
Comptez-donc, un lundi, les magasins ouverts…
Le boulanger est en croisière…
De sa femme, bien sûr, nous ne parlerons pas,
Raimu, lui non plus, n’est plus là.
Regardez l’ambroisie, elle a du rendement
Dès lors qu’elle maintient un taux d’éternuement.
« La vie a des hauts et des bas ».
Mais les hauts ne font pas débat
Ce ne sont que les bas qui font pousser des ho !
« Tous les goûts sont dans la Nature »,
Même les plus dénaturés.
Aucun ne fait pâle figure,
Le partage est équilibré :
C’est ainsi que le « mieux disant »
S’arc-boute sur le médisant.
On nous gave de pesticides
Par légumes interposés ;
Mais, proclament les préposés
Aux contrôles extralucides,
Ils sont parfaitement dosés.
Juste une insolation et nous auront atteint
Ce qui fait l’homme chic : le bronzage grand teint,
Celui qui nous permet d’affronter sans problème
Le regard soupçonneux du voisin, resté blême.
On va vers les nanostructures,
En gros, l’infiniment petit ;
Et l’on se trouve à la merci
D’incontrôlables forfaitures : I
maginez qu’un terroriste
Se glisse, en nous, à l’improviste
Avec la tête d’un neutron
Et l’on est piégé comme un con.
Comme il avait le ventre rond,
Il marchait sur son pantalon
Lequel n’avait aucune prise
Et limitait son ambition
A cacher des imperfections
Entre le sol et la chemise.
Sous-ministre s’avère un métier difficile
Qui peine à démontrer qu’il n’est pas inutile.
Vous avez un très gros salaire,
C’est dans un paradis fiscal
Qu’aux yeux des pauvres gens il vous faut le soustraire :
Ils pourraient, sottement, le trouver immoral.
Nos descendants vont faire une drôle de tête
Dès lors qu’ils vont s’apercevoir
Que nous avons pillé les stocks de la planète
Pour laisser un grand dépotoir.
Ils répandent l’anglais, ils achètent des voix,
Et sans scrupule aucun nous imposent leurs lois.
« Cet été nous avons, ma chère,
Fait les volcans du Kamtchatka :
Un raid osé, pas ordinaire,
En escarpins et talons plats.
Et qu’avez-vous donc retenu
De ce pays si peu connu
Dont les médias ne parlent guère ?
Que même mal chaussé, l’on est mieux que pieds nus.
Encore un brin d’effort et nous serons perçus
Comme l’homo sapiens dont sapiens est perdu.
Une affaire qui part sur un bon sentiment
Peut fort bien déboucher sur un ressentiment.
En relativisant les maux inexplicables,
Il gardait le moral au niveau présentable :
C'est-à-dire, à peu près, et pour rester honnête,
La limite visible au-dessus des chaussettes.
L’Europe ne peut accueillir
Tous les pauvres de la planète
Et pourtant l’invasion la guette
Qu’elle ne pourra contenir,
Car la misère, hélas, a beaucoup d’avenir.
PEUT-ETRE QU’AVEC INTERNET…
Comme l’Homme serait comblé
S’il obtenait sur son portable
Que le Ciel réponde, insondable,
A tous ses appels : « Occupé ! »
Si vous recherchez une planque
Alors que vous êtes en manque
De fric qu’on distribue « en veux-tu, en voilà »
Faites-vous pistonner pour entrer au Sénat.
Faire « dame-pipi » peut être lucratif
Si l’édicule est sis sur un site attractif.
AMOUR QUAND TU NOUS TIENS.
Avant d’être au septième ciel,
Il faut passer par les six autres
Et c’est même là l’essentiel
Pour atteindre : « A la bonne nôtre ! »
Lampéduza, rocher aride,
Pour immigrés, d’espoir avides.
On peut jouer avec les mots
Mais on doit éviter de se payer leur tête
En leur attribuant des fonctions malhonnêtes
Comme prendre plaisir à les traiter de gros.
Or ils se prêtent volontiers
A toutes sortes de pratiques,
Savent même nourrir nos hommes politiques
Qui se battent toujours pour avoir le dernier.
Et nous devrions rougir de notre ingratitude
Lorsque, le dictionnaire aidant,
Nous en regardons tous les ans
Qui sombrent en désuétude.
Joindre la Turquie à l’Europe,
Ajouter à la confusion,
Il ne faut plus parler d’Union
Mais d’un vague trombinoscope.
L’on doit dire d’ACCORD lorsqu’on est satisfait
Voire d’AC, simplement, à la place d’O.K.
Le mot spirituel couvre l’animal et l’âme,
Comme s’il les plaçait sous le même oriflamme.
Je voulais, comme tous les ans,
Prendre quelques jours de vacances.
Une affiche aguichante offrait les mieux disants
Dans la gamme des plus tendance.
Comme je ne sais pas nager
Et que les plages se ressemblent,
Je me suis senti dégagé
D’avoir à consulter l’ensemble.
La montagne, me dis-je, a des inconvénients :
Si l’on monte trop haut, l’on manque d’oxygène,
En restant vers le bas, c’est le flot des clients
Et donc pas de plaisir où s’installe la gêne.
Devant mes interrogations,
Un quidam me dit : « A votre âge,
Si vous avez de la tension
J’éviterais les surmenages. »
Ayant tâté mon pouls
Je me dis tout à coup
Que le meilleur des choix
C’était de rester sous mon toit.
On peut parfois perdre son temps
A regarder le temps qui passe ;
Surtout quand ce dernier, l’air vaguement bonasse,
Vous fait miroiter du bon temps.
Lorsque deux amoureux ne semblent faire qu’un
L’on pourrait bien parler de transport en commun…
Ah ! si la France devenait
Un satellite états-unien
Il est un homme qui serait
Follement heureux, ô combien !
Vous l’avez deviné, quasi,
C’est le vibrionnant Sarkozy.
Jadis, au temps des diligences,
On mesurait les performances
D’après le poids de foin nécessaire au « moteur ».
De nos jours rien de tel, c’est le coût de l’essence
Qui détermine les valeurs.
Ne croyez tout de même pas
A propos de « grand banditisme »,
Que l’adjectif qu’on place là
Lui confère un certain charisme.
Une niche est un lieu qu’on veut particulier,
Aussi bien pour le chien que pour le financier.
TOURISTONAUTE
Il voulait se lancer tous les jours dans l’espace Pour voir la Terre de plus haut.
Hélas, un beau matin, on a perdu sa trace
Et l’appel à Saint Pierre est resté sans écho.
Quand l’on voit toutes les fripouilles
Qui sont ou furent Chefs d’Etat,
On peut se demander si, de fait, les magouilles
N’ouvrent pas le chemin du suprême mandat.
Arrêter de fumer pour monter dans le train
Est un geste recommandable.
Mais faire taire son portable
Vous vaudra, tout autant, l’estime du voisin.
Habitant un dernier étage,
Il se croyait : « France d’en-haut »
Mais quand il se vit sur la plage,
Au sein d’un vaste déballage,
Il dut tirer au clair la notion de niveau.
Ah ! ce bon docteur Guillotin,
Inventeur doué d’un engin
Qui, pour clôturer un procès,
Tranchait dans le vif du sujet.
Chez nous il faut qu’on commémore
Pour redonner vie au discours
Et permettre que l’on décore
Des « oubliés » sur le retour.
« Rien n’est plus comme avant »
Avant non plus, du reste ;
Car l’avant de l’avant
« Travaillez prenez de la peine »
C’est l’affront qui manque le moins.
Mais il faut faire avec si vous avez la veine
De trouver un emploi conforme à vos besoins ;
Car la Chine est preneuse et réduit la facture,
Ce, dans tous les cas de figure.
Qui se dit n’être plus croyant,
Ne refuse pas, pour autant,
De se comporter comme un sage.
L’entrée en religion peut faire des ravages
Chez un esprit insignifiant :
Bush en est la vivante image.
Lorsqu’on voit tous ces morts victimes de l’Histoire,
Pour des raisons qui n’en sont pas,
Et que tout continue, en veux-tu en voilà,
On peut se demander à quoi sert la mémoire.
Croyant, pour arrondir les angles,
Qu’il peut caresser des rondeurs,
Il rougit et sa voix s’étrangle
Quand une baffe avec vigueur
Vient mettre un terme à son ardeur.
Les religions n’ont jamais su,
Malgré leur planche de salut,
Eradiquer la haine inscrite au cœur de l’Homme.
Mais pour générer des conflits
Leur savoir-faire est infini ;
Et qu’il soit inspiré par
Comment définir un symbole :
Rien de plus, au fond qu’une obole
Ajoutée, en clair, au « Je crois »
Support unique de la foi.
Personne ne voulant réduire son confort,
L’Humanité s’emploie à programmer sa mort.
Mais chacun se disant : « Bah ! ce n’est pas pour moi, »
Nul besoin, pense-t-on, de se mettre en émoi.
Il suffirait d’un rien : un virus maléfique
Et la planète, en bloc, est prise de panique.
N’ajoutons pas le ridicule
Aux assauts permanents de la publicité :
Le Beaujolais Nouveau n’a rien d’une pilule
Gage inconditionnel de la félicité.
Il évoluait à son aise
Dans les arcanes du Pouvoir ;
Et tous les jours, ne vous déplaise,
LUI, qui balayait les couloirs.
« Alors, ça va ?
– Oui, aujourd’hui, ça va. Je m’emmerde un peu, mais les autres jours je
m’emmerde tellement plus…
Si le ridicule tuait,
Que de victimes il ferait
Au sommet de la République…
Où la faute d’imagination,
Nos chefs ajoutent des lampions
Pour rafistoler la boutique.
Le soldat tombe au champ d’honneur,
Le civil, c’est au champ d’horreurs.
Le premier a son nom peint sur un monument
Le second n’est connu qu’à son enterrement.
Voulant donner un coup de main,
Il s’est permis un coup de pied ;
Mais le coup, pour le coup, n’étant pas apprécié,
Il fut donc, sur le coup, écarté du terrain.
Méfions-nous de tous les « ismes »,
Jamais tout à fait innocents,
Porteurs d’excès bien trop souvent
Comme par exemple « charisme ».
Même un isthme pourtant, confit entre deux mers,
Vous détourne un courant et sans en avoir l’air.
Le pétrole n’est plus ce produit abondant
Qui nous autorisait des discours redondants
Et nous allons devoir pour nos locomotions
Faire appel au cheval, avec sa permission.
Il serait bon assurément
De revoir nos comportements,
Sachant qu’on se consume, en somme,
Par le seul fait que l’on consomme…
L’oiseau qui n’avait rien compris,
Parlait d’accroître son aura
Aux yeux de ses frères aras
En se faisant aura-qui-rit.
S’était-il donné la peine de naître ?
Pas vraiment.
Aurait-il, tout seul, ouvert la fenêtre,
Avoir la mémoire des noms
Est une force en politique.
Les gens s’y laissent prendre en pensant qu’en pratique
On s’occupe d’eux pour de bon.
Se retrouver bouc émissaire,
Conduit au découragement.
Moins par le fait d’être émissaire
Que d’être bouc, évidemment.
Lorsque les pauvres de la Terre
Pollueront tout autant que les Américains,
Il sera, dès lors, nécessaire
De rationner l’air, aux humains.
Dans son for intérieur la Terre a des problèmes
Qu’elle traite en prenant son temps,
Sans se dispenser, pour autant,
D’achopper sur les cas extrêmes.
Et nous, en tant que locataires,
N’avons, hélas, pas d’autre choix
Que de respecter tous ses droits,
Ceux dévolus au propriétaire.
Bien que l’eau s’échappât à gros bouillons,
les gens parlaient de perte sèche…
Parler pour être vu est le premier devoir
De l’homme politique en quête de pouvoir.
On peut être baron, proche du Saint Office,
Et traiter de larron qui bosse au simple office.
Une forme d’espoir génère la vertu
Celle qu’un bon croyant pratique en continu.
Mais, lorsqu’un « fou de Dieu » impose ses pratiques,
Le vice prend le pas sur la métaphysique.
Si l’on ajoute aux naturelles,
Celles que l’homme met au point,
Les catastrophes, pour le moins,
Ont de l’avenir devant elles.
Il est un moyen d’asseoir sa fortune
Sans se fatiguer :
Faire pomper « l’or » qui gît sous les dunes
Avez-vous déjà louvoyé
Sur un trottoir, par temps pluvieux,
Quand les pébrocs sont déployés
Et se heurtent à qui mieux mieux ?
Pour peu que vous portiez un paquet encombrant,
C’est le parcours du combattant.
C’est par le « verbe haut » qu’on dirige les masses,
Les arguments ont peu de poids.
Le peuple est pris dans une nasse
Qui ne lui laisse pas de choix.
Tandis que nos grands chefs à nouveau se disputent
La plus grosse part du gâteau,
La France d’en bas répercute
Dans son maigre budget le surcoût des impôts.
Des monarchies, des républiques,
Sises dans la même boutique
Mais chacune sur son rayon.
Le tout géré, sans trop y croire,
Par un semblant de directoire
Sous l’œil narquois de Washington
Qui s’emploie à donner le ton.
Alors qu’on ramassait des gens morts, par milliers,
Un homme, sain et sauf, recherchait son dentier.
Dites-vous bien que notre Lune
Ne se montre jamais de dos
Pour être toujours à la Une
Dans les bulletins météos.
Si vous marchez sur une crotte,
Ce n’est pas la faute du chien.
Réfléchissez, vous savez bien,
Le coupable c’est « le pilote ».
Une carpe voulait, à tout prix, s’exprimer,
Trouvant son mutisme obsolète :
« Si, de l’eau, je parviens à dégager ma tête,
Librement je pourrai parler
Et m’établir ainsi sur de nouvelles bases ».
Mais Minou malicieux crut bon de l’approcher :
Elle n’eut que le temps de regagner sa vase.
Comment se définit l’espace francophone ?
Par un moindre progrès du « yankee » dominant
Le français perd des points même dans l’hexagone ;
Baragouiner l’anglais est plus valorisant.
Il est bien mort en tant que pape
Et non en cardinal sous pape.
Il fut un savon de Marseille,
Comme on n'en fait guère aujourd'hui,
Qui chaque fois faisait merveille
Lorsqu’on avait besoin de lui.
Cube parfait, arêtes vives,
Il s’empilait commodément
Et jouait, les jours de lessive,
Les compagnons de nos mamans…
On l’achetait, pendant la guerre,
Fébrilement, sous le manteau,
Pour le mettre, ensuite, peuchère,
Chichement, en petits morceaux.
Mais quand on « passait un savon »,
C’était, à coup sûr, pour de bon.
Un îlot désertique acquiert son importance
En fonction des poissons mis sous sa dépendance.
De se dire en état de grâce,
N’implique pas l’obésité.
La simple homonymie, en manque d’équité,
Peut conduire droit dans l’impasse.
Il pourrait prendre le métro
Pour aller, direct, au boulot :
Ce n’est pas classe.
Tandis qu’avec un gros bahut
On est aussitôt reconnu,
Bien à sa place.
Un quatre-quatre c’est super,
On peut commettre des impairs,
Partout ça passe
Et si l’on bouscule un piéton
La tôle à tous les coups tient bon,
Sans trop de casse.
Quand le pare-buffle est compris,
On a l’impression, dans Paris,
Après s’être acheté la fausse particule,
Ils se sont offert le château.
Il ne leur reste plus, pour finir le tableau,
Qu’à se payer le ridicule.
Non, la physique des « quanta »,
Si l’on examine ses lois,
Ne peut traiter, en aucun cas,
Des problèmes de « quant-à-soi ».
Ne sachant plus en quel honneur
Il était décoré de la Légion d’Honneur,
Il s’en enquit auprès de la Chancellerie.
Et la réponse vint : On l’avait repêché
Pour compléter une série
Liée à la loi du Marché.
On dit qu’à l’occasion de « cavernes-parties »,
Nos grands ancêtres naturels,
Dans les vapeurs de l’hydromel,
Ont conçu nos gauloiseries…
Le prêt étant sans intérêt,
Il refusa donc d’y souscrire.
LE NIL LEUR TEND LA PERCHE
C’est près du lac Victoria
Que l’argent gère des parias :
L’Africain pêche le poisson
Qu’une usine, à bas prix, achète ;
Les filets filent au Japon
Et les Noirs qui n’ont pas un rond
Récupèrent, eux, les arêtes.
Et quand le lac, pillé, n’aura plus de valeur,
Le patron a prévu d’aller sévir ailleurs.
On devrait transformer l’Hexagone endetté
En un parc naturel pour heureux retraités
Et délocaliser en Chine
Les jeunes actifs qui s’échinent
Avec des salaires ad hoc :
Sûr que les financiers approuveraient le troc.
Lorsque l’on voit le gaspillage
Qui prospère à tous les étages,
On se dit que la Terre est vraiment bonne fille
Pour ne pas réclamer « la quille ».
Elle est riche, en dessous,
Mais pauvre, à la surface :
Pour creuser on a donc des sous ;
Au-dessus, on se décarcasse
Pour, des budgets, boucher les trous.
« Un seul être vous manque et tout est dépeuplé »
(Lamartine)
Et s’il était en nous, toujours inachevé…
Il se considérait comme « oiseau migrateur »
Parce que, quelquefois, sur un monceau d’ordures,
Il recherchait sa nourriture.
Mais, bien sûr, c’était une erreur
Car il avait sa sinécure
Dans le jardin clos de la cure.
Le tabac est cancérigène ;
On le cultive cependant
Pour nous en rendre dépendant.
Et la Sécu paye, sans gêne,
Pour être, à la télé, le bon présentateur,
Il faut savoir, d’abord, parler pour ne rien dire,
Mais, aussi, ajuster maquillage et sourire
Aux kilowatts des projecteurs.
La Suisse emballe ses glaciers
Pour en ralentir la surfonte…
Et s’éviter quelques mécomptes
Dans le domaine financier.
Où cours-je, se demandait-il,
Après l’autre question : d’où viens-je ;
Et de se creuser les méninges
Au point de les mettre en péril.
Face à ce problème subtil,
On lui dit de changer de linge…
Mais c’était un poisson d’avril.
Politique Agricole Ciblée
Savez-vous que les subventions
Prennent parfois des directions
Que l’on ne soupçonnerait guère ?
C’est ainsi qu’une part de vos cotisations
Finance les exploitations
D’Elisabeth Deux d’Angleterre…
Deux sondes vont quitter le système solaire,
Sur la route de l’Infini
En emportant nos graffitis…
Pas sûr que nous serons compris
D’éventuels destinataires…
Le Sénat n’étant pas indispensable, en soi,
Se distrait, comme il peut, avec « le jeu de lois ».
C’était un jour, plutôt un soir,
Un murmure discret vint troubler le silence :
Le réveil des fonds de tiroir
Qui nous rappelaient leur présence,
Inquiets de notre indifférence.
Peut-on espérer, dans la vie,
Que les nanotechnologies
N’engendreront incidemment
Que de nanos-emmerdements ?
« Est-ce que tu sais que j’existe ?
Cria l’épouse à son mari ;
- Certes, concéda celui-ci,
Mais considérons que c’est triste ».
Pas si folle que ça, l’herbe , comme on l’appelle,
Puisqu’elle s’établit sans qu’on s’occupe d’elle.
La Terre aura bientôt craché tout son pétrole
Et, pour le remplacer, point d’autre solution…
Va-t-on, à la vapeur, actionner nos bagnoles
Ou bien, d’un gazogène, adorner nos avions ?
Il voulait fuir à l’étranger
Pensant y trouver le « moins-pire ».
Or il advint qu’un messager
Le mit au fait de son délire :
« Si tu crois encore au bonheur,
Cherche-le au fond de ton cœur »
De nos jours tout se doit d’être biologique,
Y compris les discours des hommes politiques.
Si des milliards de pauvres gens,
D’un coup de baguette magique,
Accédaient au confort que procure l’argent,
Ce qui supposerait un minimum d’éthique,
La Terre, en peu de temps, deviendrait désertique.
L’Amérique, quand ça l’arrange,
Exige, en tout, le libre échange ;
Mais pour sauver ses productions,
Elle sait recourir au jeu des subventions.
Comment peut-on élire un pape ?
D’une seule façon ; sous cape…
Chrétiens d’Orient ou d’Afrique,
Venez vénérer nos reliques,
Mais passez donc votre chemin
Si vous vous présentez en criquet pélerin.
Se retrouver cloîtrés entre dévots votants,
Dans une ambiance de cave,
Peut expliquer que le conclave
N’ait duré que fort peu de temps.
Quel est le plus menteur, dans la vie ordinaire,
De l’homme politique ou du publicitaire ?
Il pleuvait, ce jour-là, comme vache qui pisse,
En langage imagé de notre Président.
Le soleil se marrait, tout seul, dans les coulisses,
Les gens râlaient ouvertement ;
Quand survint vaguement un parfum d’illusion :
Les Etats renonçaient à leurs compromissions.
Vous ne pensez pas comme moi ?
Sachez bien que c’est votre droit ;
Mais n’ajoutez pas : « Je me moque
De concevoir la réciproque ».
TROP est le terme en trop dans la vie ordinaire,
Mais il est si présent qu’on ne peut s’en défaire.
On vend des avions à la Chine
Elle nous vend des pyjamas :
De quoi nous plaignons-nous, ses prix sont au plus bas
Alors que les nôtres culminent… FAUT PAS POUSSER On peut, bien sûr, faire semblant
De se comporter sagement
Si les circonstances l’exigent.
Sous réserve que, dans le temps,
« La façon de donner vaut mieux que ce qu’on donne »
(proverbe)
Surtout si le cadeau n’intéresse personne.
LES PIEGES DU VOCABULAIRE
Il ne faut surtout pas confondre
L’exploiteur d’avec l’exploitant.
Le second vit avec son temps,
L’autre, dans son prochain, ne voit qu’un type à tondre.
Comme elle ne le trouvait pas assez
boute-en-train, sa petite amie a mis les bouts…
en train.
Le pêcheur n’a pu retenir le poisson.
Ils n’étaient pas sur la même longueur d’onde.
Oublieux des plaisirs de la vie à « l’antique »,
Nous courons, haletants, derrière la technique.
On nous dit de mastiquer l’eau
Pour une bonne digestion.
Faudrait-il mastiquer les mots
Pour nourrir la conversation ?
QUAND LE JEU EN VAUT LA CHANDELLE
Vous jouez les pince-sans-rire ?
Le jeu peut vous faire du tort
Si vous refusez de sourire
Dès lors que vous pincez trop fort.
Depuis qu’il est reçu dans la « France d’en haut »,
Ce qu’il perd en franchise, il le gagne en culot.
Un saule, dit pleureur, plutôt à cheveux longs,
Se balançait dans la prairie.
Un bouleau, mal venu, quelque peu fanfaron,
N’y voyait que pleurnicherie :
« Pourquoi ne pas couper ces rameaux qui pendouillent
Et vous donnent l’air d’une andouille ? »
- Si je n’en ai que l’air, répondit l’hésitant,
Vous, pouvez-vous en dire autant ?
Moralité :
Etant tirée par les cheveux,
Elle ne saute pas aux yeux.
Comment chercher l’amour, sans être malhonnête,
Dans un cadre établi qui n’a ni queue ni tête…
Prendre un malin plaisir à faire quelque chose,
Implique, par ailleurs, que l’action indispose.
L’adjectif ajouté circonstanciellement
Freine, du substantif, l’épanouissement.
Se dire « Prince des Ténèbres »
N’est pas une situation.
D’autant que, par définition,
Etre obscur ne rend pas célèbre…
Ah ! si l’on n’avait pour demain
Qu’à penser à ce qu’on va faire,
Sans se préoccuper des conflits planétaires,
Ou de l’humeur de son voisin,
Ce ne serait pas mal, compère…
C’était un rire gras, c’est ainsi qu’on le nomme ;
Mais en est-il de maigres, au point où nous en sommes ?
Un sourire ne peut s’énoncer en deux mots
Et contrebalancer ce que l’autre a de gros.
C’est pourtant vrai qu’il pleut
Comme vache qui pisse ;
Hier le ciel était bleu
Et pour le moins propice
Aux ébats amoureux.
Aujourd’hui c’est la flotte :
Tous les projets capotent,
Il prenait sa grosse voiture
Pour aller chercher du tabac.
Le bureau n’était qu’à deux pas,
Mais il craignait pour ses chaussures.
Ils sont polyvalents nos hommes politiques,
Dès qu’il faut partager les affres du pouvoir ;
Et c’est ainsi qu’on peut les voir
Passer d’un ministère à l’autre, sans réplique,
Avec comme prégnant souci
Celui du devoir accompli.
Deux merles s’affrontaient sur la constitution,
Du moins, bien sûr, le supposai-je
Etant donné le ton de la conversation ;
Mais n’ayant pas la traduction,
Je ne puis confirmer le fin mot du manège.
Pourtant je crus ouïr entre deux sifflements,
Un nom, non répété comme un pressentiment…
Pourquoi toujours vouloir se déplacer plus vite,
Quand nous communiquons, sans bouger, à l’instant ?
Un dirigeable aurait un bien plus grand mérite
Qu’un avion pollueur gorgé de carburant :
Si c’est pour transporter des touristes planants.
Tout ce qui « se réchauffe » est plus ou moins bien vu :
D’acc’ pour les sentiments et pour la ratatouille.
Mais prenez le climat, alors rien ne va plus :
C’est l’Humanité qui dérouille.
Dans le rapport avec autrui,
Il préconisait le contact ;
Mais n’ayant pas prévu l’impact,
Il fut contaminé, sans bruit.
Si l’on veut que le pauvre, enfin, mange à sa faim,
Sur une Terre que l’on saigne,
Il va falloir qu’on se restreigne,
Nous, les nantis du genre humain.
La subtilité de la langue chinoise tient au fait
qu’elle s’appuie sur des
Deux vers luisants luisaient, c’était une première.
Pour faire des économies,
On a donc éteint les lumières :
Si les petits ruisseaux font les grandes rivières,
Ce n’est qu’à condition de s’y mettre à plusieurs.
La coopération est ici nécessaire
Manifestement plus qu’ailleurs.
Quand l’art de gouverner atteint le point zéro,
Le seul domaine actif tient aux frais généraux.
On peut bien rire jaune à gorge déployée
Lorsqu’on est né natif de région sinisée.
Le Centre et le Milieu ne sont pas synonymes
L’un flirte avec le zen et l’autre avec le crime.
C’était le chauffard bagnolâtre
Dévorant la route des yeux ;
Il a fini comme un emplâtre
Encastré sous un char à bœufs.
Vous voulez apprendre l’anglais ?
Fréquentez l’école française
D’où le français file à l’anglaise
De peur de paraître indiscret.
CONSCIENCE PROFESSIONNELLE
Deux et deux nous font quatre
Par amour du métier.
Et si l’un deux perd pied,
L’autre se met en quatre,
Sans se faire prier.