Les épigrammes de Léo
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A lire directement - 15-Quinzième volume

 
QUINZIEME VOLUME
 
EN FIN DE DECOMPTE
 
L’Histoire de l’Humanité,
A l’échelle de l’Univers,
Ne représente en vérité,
Dans toute sa complexité,
Que le laps de temps d’un éclair.
Alors, si l’on s’en tient au simple individu,
Tout commentaire est superflu.
 
FIN PRET
 
Il voulait être chef d’état
Et ses chances n’étaient pas nulles :
Il savait mentir sans éclat
Et faire avaler la pilule.
 
ETAT D’AME
 
Peut-on croire vraiment à la métempsychose
Qui ne sait clairement nous expliquer la chose ?
 
IL Y A QUELQU’UN ?
 
Ceux qui résisteront aux bouleversements
Que nous réserve la Nature,
Ce ne sont pas les Forts du Monde des Vivants
Mais les chétives créatures
Dans leur discret confinement.
 
LA FACE CACHEE
 
Les hommes-troncs de la télé
Nous réservent quelques surprises,
Non que leurs dons nous hypnotisent,
Mais tel, dont on ne voit qu’un bout,
Peut fort bien approcher les deux mètres, debout.
 
RECIPROCITE
 
On peut prêter, bien sûr, le flanc à la critique
Si l’on a, par ailleurs, accès à la réplique.
 
TERRE REFRACTAIRE
 
C’était une petite peste
Prenant à contre-pied tous les commandements,
Si bien que pour l’astreindre à quelque engagement
On lui suggérait une sieste.
 
CA VIENDRA
 
Parler pour ne rien dire est un sport répandu,
Bien qu’olympiquement pas encor reconnu.
 
RADICAL-A-MITEUX
 
En supprimant toute critique
Et donc toute contestation,
Les grands mabouls de religion
Fabriquent des gens hystériques
Vrais assassins par conviction.
 
ECONOMIE D’ENERGIE
 
Faire dire un quatrain par un simple distique,
C’est une économie, en tous points, sympathique.
 
ARBRE A PAIN QUOTIDIEN
 
Quand les journaux n’ont rien à dire,
Ils font appel aux « marronniers » :
Des infos, en somme, pour rire,
Du vieux pour noircir du papier.
 
EGO-EXCENTRIQUE
 
Il faisait les quatre cents coups
Pour qu’on parlât de lui, ce fut en pure perte.
Le « quatre-cent-unième » étant la fausse alerte,
Il dut passer la nuit au trou…
 
MIRAGE-DE-VIVRE
 
L’homme parfait n’existe pas ;
Vous croyez l’approcher, aussitôt il s’estompe.
C’est notre vision qui nous trompe.
Avant que de juger, reculez donc d’un pas.
 
AVEC PANCARTE
 
On y voit de drôles de choses
A la terrasse des cafés :
Un homme dormait affalé,
Défendant une noble cause,
Celle du repos mérité.
 
QUESTION D’ECHEANCE
 
Entre un exploit qui « fera date »
Et celui d’à côté qui « date »,
La différence est dans le temps :
Le renon du premier ne durera qu’un temps.
 
ON LES OCCIT A LA NAISSANCE
 
La Chine manque de Chinoises ;
Cela n’a rien vraiment d’une chinoiserie.
C’est à sa politique étrangement suivie
Qu’il lui faudra chercher des noises.
 
N’INSISTONS PAS
 
Ajouter qu’on est en vacances
Lorsqu’on est retraité, déjà, de son état,
Cela tient de la redondance
Au mieux du cumul des mandats.
 
BOUCHON QUAND TU NOUS TIENS
 
Le viaduc de Millau n’est qu’une aberration
Les jours de grande migration.
On voulait à tout prix supprimer le bouchon,
On l’a reproduit sur le pont.
Hier encore il était gratuit,
Il devient payant, aujourd’hui.
 
PAS DE REPONSE
 
Lorsque d’innombrables robots
Accompliront tous les travaux
Que deviendra l’espèce humaine ?
Que va faire le genre humain
 De son cerveau, de ses deux mains,
Va-t-il les mettre en quarantaine ?
 
PERENNITE
 
La base d’une religion,
Et quelle qu’elle soit, est la superstition.
Sans elle les sermons sur la vie éternelle
Seraient sans grands effets sur nos pauvres cervelles.
Les amulettes auront cours
Aussi longtemps que les discours.
 
AUTO-REFLEXION
 
On sait que Roméo fut aimé de Juliette,
Mais comment donc d’Alfa mena-t-il la conquête ?
 
 TEMPS FORT
 
Comme nous rentrions de vacances,
Nous avions besoin de repos.
C’est ainsi qu’avec assurance
Nous avons repris le boulot.
 
DUR !
 
« L’esprit qu’on veut avoir gâche celui qu’on a »
(Grosset)
Mais pour qui n’en a point, quel est le résultat ?
 
MONOTONIE
 
Il faut dès le mot FIN se remettre à l’ouvrage,
C’est vrai pour les conflits comme pour le ménage.
 
POINT DE VUE RESTREINT
 
La mer n’est pour moi qu’un décor
Un élément du paysage.
Et si j’aime bien les vieux ports,
C’est pour les bateaux qui surnagent.
 
MARCHE COUVERT
 
Il est bien clair que de tout temps
Les grands chefs ont eu des maîtresses,
Mais sur ce chapitre, pourtant,
Le petit roi du Swaziland
Bat de loin toutes les altesses :
Il les choisit pour le confort,
Comme ses voitures de sport.
 
LES PIEDS DANS L’EAU-DE-IA
 
Voyez ces archipels classés océaniques
Qui transpirent au ras des flots
Sans pouvoir faire le gros dos,
Alors que s’amorce, en pratique,
Un réchauffement climatique…
 
FIN DE SAISON
 
Il commence à perdre ses feuilles,
Le bouleau.
Il va falloir qu’on les recueille,
Au râteau.
Rien pour autant d’original,
Il a fait son boulot, normal.
 
MEDITATION
 
« Un seul être vous manque et tout est dépeuplé »
(Lamartine)
Et s’il était en nous, toujours inachevé ?
 
LE CHOIX DES MAUX
 
L’info carbure à l’émotion
Les médias l’instrumentalisent.
Un tsunami devient une bénédiction,
Il fait la UNE sans surprise
Et ce, pour plusieurs éditions.
 
APPROXIMATION
 
Si l’on ne craignait que le mot
Ne suscite quelques grimaces,
D’un chef d’Etat un peu falot
On dirait, sans perdre la face,
C’est un « technicien de surface ».
 
ECLAT-BOUSSURE
 
Il faut être super pour être quelque chose,
Pour ne pas dire être quelqu’un.
L’individu moyen ne peut plaider sa cause
Qu’en évitant d’être importun.
 
BULLETIN MEDICAL-MEZ-VOUS
 
Citez-moi donc des Chefs d’Etats
Capables d’ajouter à leurs initiatives
Celle de renoncer à leurs prérogatives
Parce que se jugeant, au fond, hors de combat…
Non, ils se voient d’emblée hors normes,
Et même à-demi-morts, ils sont toujours en forme.
 
MONDAINEMENT VOTRE
 
Il paraît qu’au temps du Grand Roi,
La puce, en fait, faisait la loi
Dans les palais et les chaumières.
Et qu’on se grattait bien souvent
Et par devant et par derrière
Sans jamais pouvoir s’en défaire.
Ce n’était pas comme aujourd’hui
Où nous avons tous les produits
Pour mettre au pas la Terre entière…
Il est certes quelques virus
Contre le numérus clausus…
Simple question « d’années lumières ».
 
LE FOIREUX
 
Quand Bush, faussement recueilli,
Ecoute l’hymne des Yankées,
Sur son cœur, une main il pose.
Mais c’est un geste de larron
Qui tâterait sous le veston
L’argent volé dont il dispose.
 
REMUE-MENAGE A TROIS
 
Tonta ! Tata t’a dit : « Tu t’attife en titi »
Totor ! as-tu ta tête à toi ?
 
ONU(llité)
 
On avait réuni nombre de grands experts
Pour savoir si l’automne empiétait sur l’hiver,
Vu les accidents climatiques.
Mais au terme des discussions
On mit sur pied des commissions
Pour ménager le jeu des relations ethniques.
 
CORSET POUR UN CORPS SAGE
 
Il faut tout faire réviser,
Sans pour autant se mépriser,
Lorsqu’on atteint un certain âge.
Ce qui marchait auparavant
A tendance dorénavant
A multiplier les dérapages.
Il convient donc, dans les parcours,
De ne pas aller au plus court
Et de négocier les virages.
 
INTERFACE
 
On peut écrire des poèmes
En écossant des petits pois ;
Sans pathos, cela va de soi,
Mais avec du sens, tout de même.
Et célébrer, dans leur écrin,
La solidarité des grains.
 
IGNORANCE CRASSE
 
 Pour aider au secours à l’international,
Mieux vaudrait sûrement un navire-hôpital
Qu’un bâtiment porte-Rafales.
Mais soutenir ce compromis
Prouve que l’on n’a rien compris
A la Défense Nationale.
 
ECLAIRAGE INDIRECT
 
A quoi bon éclairer la blancheur du plafond,
Alors qu’on vit sur la moquette…
Convenez que c’est un peu bête
De gaspiller, ainsi, de fort coûteux photons.
 
PIQUE AU VIF
 
On va bientôt, suprême astuce,
Etre surveillé par des puces,
Pour répondre aux lois du Marché.
Quand les actes de piratage
Multiplieront les dérapages,
Nous serons, sans recours, vite « dépucelés ».
 
PARESSE
 
Il faisait tant d’efforts pour n’avoir rien à faire,
Qu’il en avait omis les plus élémentaires ;
Et lorsqu’il retrouvait un semblant d’énergie,
C’était pour célébrer la force d’inertie.
 
EN DOUCE
 
 Avec une glace concave,
Sans pour autant que l’on se gave,
L’on se voit plus gros que l’on n’est ;
Et, dans le temps que l’on s’arrête,
S’estimer une grosse tête,
Pour ainsi dire, à vue de nez.
 
PREVISIONS PREVENTIVES
 
« Quand la Chine s’éveillera »,
L’affaire est en cours, ce nous semble,
 Et ce constat vise l’ensemble
Des activités d’ici-bas.
Comme il n’est pas prévu que Pékin s’assoupisse,
L’autre Monde pourrait en faire une jaunisse.
 
ADIEU SOLEIL !
 
« VOYAGER », cette fois, a vraiment mis les voiles
Et fonce, à corps perdu, tout droit vers l’Infini ;
Dans le noir qui prévaut et le froid qui sévit,
Sans « la pâle clarté qui tombe des étoiles ».
 
Mme LA PRESIDENTE
 
Il faudrait mettre sur la touche
Tous ces vieux « chevaux de retour »,
Ces politiques un peu louches,
Et leur substituer, pour la fin de parcours,
Une « jument » qui ferait mouche.
 
CIEL !
 
L’espace est parcouru d’autant de projectiles
Qu’il est d’objets en mouvement…
Dans ce chaos tourbillonnant,
Nul espoir d’aborder « une force tranquille ».
 
SCENE DE LA VIE BANALE
 
On avait pris le temps,
Sans trop savoir… a qui,
Mais, le plus important,
On a fait comme si…
De rien n’était.
 
IL FUT… MAIS QUAND ?
 
Il se montrait jaloux de ce qu’il n’avait pas.
Quand la grippe frappait, il voulait être là.
Si quelqu’un, près de lui, affichait un malaise,
Notre homme s’affalait, sitôt, sur une chaise.
Il fut mis en prison, sans trop savoir pourquoi,
Et l’on a supposé qu’il y voyait un droit.
 
TAPE-A-L’ŒIL
 
Qu’un nanti plastronnant étale sa richesse
Pour épater les gens d’en bas,
Sur le champ, une bonne presse
Se fait fort d’emboîter le pas.
Inutile de s’indigner,
C’est ainsi qu’on vend du papier.
 
BONNET DE NUIT
 
Comment peut-on être sérieux
Si l’on n’a pas appris à rire ?
L’on devient le type ennuyeux
Que l’on évite, sans le dire.
 
EN EXCLUSIVITE
 
L’affaire était traitée au J.T. de vingt heures,
Cela ne pouvait qu’être vrai.
Le présentateur s’affichait,
Le témoin comptait pour du beurre.
Le lendemain, tout était faux ;
Le présentateur n’en dit mot,
Il avait autre chose à faire.
 
MAL DANS SA PEAU
 
Il était prisonnier des glaces
Non pas du côté du Grand Nord,
Mais de celles qui, sans remords,
Lui renvoyaient sa triste face.
 
TRAHISON
 
L’anglo-américain envahit la planète,
Quand le français se meurt.
Et tous les dirigeants, chez nous, baissent la tête,
Ils sont Yankees de cœur.
 
DEGRE ZERO
 
La calomnie, en clair, est de la médisance
Qui n’offre, à l’analyse, aucune consistance.
 
SANS ESPOIR
 
Dire qu’à la même seconde,
Des millions de gens, dans le monde,
Naissent, meurent, ou font l’amour…
Et la Terre tourne toujours,
Insensible à notre faconde…
 
IL FAUT PARFOIS SE RETENIR
 
Rire aux éclats n’est pas facile,
Lorsqu’il faut maîtriser la grimace inutile
Qui peut, incidemment, donner un air débile.
 
APRES VOUS, CHER AMI
 
L’homme ne descend pas du singe,
Puisqu’il est descendu, de son arbre, avant lui.
Et pourtant, en dépit d’un surplus de méninge,
Lequel des deux, sur Terre, est en panne, aujourd’hui ?
 
OU VA-T-ON ?
 
Avec l’Europe sans limites,
L’eau qui bout sort de la marmite
Et risque d’éteindre le feu,
Par ailleurs guère vigoureux…
 
PAS POSSIBLE !
 
Bush converse avec Dieu, mais c’est lui qui le dit ;
Cela paraît invraisemblable :
Le Seigneur ne va pas perdre de son crédit
Pour tenter de sauver un irrécupérable…
 
BIEN ASSIS
 
Président du Sénat est un job convoité
Et de tout repos, somme toute.
Quand l’élu ne tient plus la route,
Il est davantage assisté.
 
PROTEGEONS L’ENVIRONNEMENT
 
Pourquoi dire en DEUX mots, lorsqu’un seul fait l’affaire,
Ou pire dire en UN, quand mieux vaudrait se taire ?
 
GRANDE CUISINE 1
 
La viande de cheval a ceci de commode :
On peut la servir en bœuf mode,
Sans tomber dans un traquenard ;
Mais la recette fait ringard.
 
CROISSANCE INSENSEE
 
On fabrique des tas de choses
Dont la stupidité, sans peine, saute aux yeux :
A-t-on besoin, pour être heureux,
Ou défendre une noble cause,
D’un armement calamiteux ?
Bien sûr, à la rigueur, on l’admettrait pourtant
S’il n’avait d’autre but que de tuer le temps.
 
COURSE EN SACS DE NŒUDS
 
A quoi bon prévoir des parkings,
Puisqu’en dépit d’un fol forcing,
Ils sont déjà sursaturés
Avant même d’être livrés…
 
PSY-CAUSE
 
Si vous hésiter sur le choix
De la couleur d’une chemise,
Seule une cellule de crise
Peut analyser votre émoi.
Mieux vaut donc avoir sous la main
Un psy prêt à monter, sans heurt, le droit chemin.
 
DECENTRALISATION
 
Les échelons intermédiaires,
Entre le citoyen et le gouvernement
Permettent, politiquement,
De mettre en place des filières
Pour copiner utilement.
 
GRANDE CUISINE 2
 
Des pâtes au pistou, c’est quand même autre chose
Qu’un plat sophistiqué qui défend mal sa cause…
 
ANTICIPATION
 
On le considérait comme une forte tête,
Parce qu’il avait des grands pieds :
Un jugement pas très honnête,
S’agissant d’un fœtus mal radiographié…
 
DROIT D’AINESSE
 
Le droit de polluer est une marchandise
Qui se négoce âprement ;
Et la loi du Marché s’oppose à tout moment
Aux bonnes intentions promises.
 
L’INSTRUCTION N’Y EST POUR RIEN
 
L’ignorance est le lot de l’humaine nature,
Face aux points d’interrogation.
Et tout est réuni pour que cela perdure,
En dépit des révolutions.
 
ILLUSION OU NON ?
 
La cruauté se lit souvent dans le regard,
C’est vrai pour l’animal et tout autant pour l’homme.
Entre des yeux de biche et des yeux de jaguar
Peut-on dire que c’est tout comme ?
 
SUSPICION
 
– Vous n’avez rien à déclarer ?
– Non, dis-je, au chargé de la douane.
–Soit, mais c’est peau de banane
Dont vous alliez vous séparer…
Que cache-t-elle en filigrane ?
 
SOLIDARITE-NUE
 
Entre qui n’a plus rien et qui possède tout,
La rupture est inévitable ;
Comment mettre en commun une vie acceptable,
Si l’un s’agrippe à ses atouts
Et l’autre, au mieux, à son portable ?
 
DEPUIS LE TIERS-MONDE
 
Envisager la réussite
Sous le couvert du dollar-roi,
C’est le programme qu’accrédite
Toute une jeunesse en émoi,
Et qui, de ce fait, ne perçoit
Point d’autre issue à ses mérites.
 
MOTION SANS EMOTION
 
Un nuage voulait s’émanciper du groupe,
Naviguer seul vers l’horizon.
Il n’alla pas très loin, rattrapé par la troupe,
Il dut se mettre au diapason.
Et c’est ainsi, qu’en politique,
On se laisse porter par le courant basique.
 
ADJECTIF DEVALUE
 
Il est bien des pays, par ailleurs habitables,
Où mieux vaut ne pas boire une eau dite potable
 
TOUT BIEN REFLECHI
 
Le plomb, produit en masse, encombre nos poubelles
Faute d’une utilisation.
Alors qu’il eût suffi d’un peu, dans nos cervelles,
Pour éviter la pollution…
 
LA BALANCE EST FAUSSEE
 
Le présumé coupable est toujours en sursis,
Mais le juge fautif est rarement puni.
 
FAUSSE PISTE
 
Pourquoi placer l’humour au cœur du désespoir,
En l’affublant de politesse ?
Quand il pourrait s’agir d’une façon de voir,
Dès lors qu’alentour la vue baisse…
 
C’EST TRISTE A DIRE
 
La mondialisation veut mettre les ressources
De notre Humanité sous le joug de la Bourse.
 
POMME DE DISCORDE
 
Il est clair qu’au jour d’aujourd’hui
On se doit de manger des fruits
Si l’on veut conserver la forme.
EVE l’avait déjà compris,
Hélas ! pour nous, Dieu l’a mal pris
Et ce fut la boulette énorme.
 
P.V. SANS CONSEQUENCE
 
Entre le point et la virgule,
Il est le mal aimé de la ponctuation ;
Délaissé par les majuscules,
Il peine à justifier son utilisation.
Alors, pour éviter qu’il finisse à la casse,
Faisons-lui, dans la phrase, une petite place…
 
SOYONS MODESTES
 
On peut, à la rigueur, dire que tout va bien
Quand nos sens détendus gèrent le quotidien.
 
PAROLE D’EVANGILE
 
Lorsque des certitudes
Prennent pour habitude
De refuser, en bloc, toute contestation,
Le chemin est tracé pour une religion
Et, dès qu’à ce refus s’ajoutent des menaces,
On est au top niveau de l’ignorance crasse.
 
APERCU
 
L’Eglise n’est jamais, dans sa totale histoire,
Qu’un plan d’Humanité pétri de ses déboires.
 
TABAC « or not » TABAC
 
Il dénature la nature,
Pollue, à tout va, nos poumons,
Fait à la Sécu des morsures,
Mais nous finançons sa culture…
Logique, non ?
 
DECHETS NON RECYCLABLES
 
Il faut penser que les bourreaux
Vieillissent comme tout le monde
Et que certains de ces salauds
Vivent encore incognito
En paisibles vieillards immondes…
 
PROCHAIN OU ES-TU ?
 
Malgré l’apport de la Science,
Il est pratiquement exclu
De savoir, à coup sûr, combien d’individus
Peuplent la Terre en permanence.
Même un recensement parfait
N’aurait guère de sens, une minute après.
 
STABILITE STABLE
 
On le voyait toujours parfaitement à l’aise,
Quand bien même fût-il assis entre deux chaises.
Mais cela ne tenait qu’à son égale humeur
Et non point à l’effet d’un large postérieur.
 
BOF !
 
Faut-il raison garder lorsque le cœur conçoit
D’aimer spontanément le contraire de soi ?
 
SOUPCONNONS-STOP
 
A force d’installer partout
Des caméras de surveillance,
L’Homme perd toute contenance
Et finit par douter de tout.
 
TENTATIVE DE TENTATION
 
On se plie encore et toujours
Au jeu subtil des apparences.
L’enveloppe charnelle est le premier recours
Auquel succombe l’attirance.
 
PLAIDONS COUPABLE !
 
Quand nous aurons trouvé le moyen efficace
D’éradiquer la pollution,
C’est que nous aurons mis en place
Notre propre élimination.
 
EN BOUT DE CYCLE
 
Nous devons trier nos ordures
Dans le but de les recycler.
Mais les gens de même nature
Sait-on les réhabiliter ?
Ou faut-il les tenir, issue inéluctable,
Pour déchets irrécupérables ?
 
COPINAGE ENTIEREMENT SECURISE
 
S’il est une assemblée au profil atypique
C’est bien notre Conseil taxé d’Economique
Et qui se pare de Social.
Sauf à considérer l’honorable boutique
Comme un centre d’accueil pour exclus politiques
En quête d’un soutien moral,
Où pour être rémunéré
Aucun travail n’est exigé.
 
MONOTECHNIQUE
 
Une huilerie, en somme, est une grande école,
Au vu de sa fonction :
Elle produit d’abord, selon un protocole,
Des « Huiles » par pression.
 
ARCHIVES
 
On commémore à tour de bras
Sans trop approfondir l’affaire ;
Il est clair que, dans bien des cas,
Si l’on voulait être sincère,
Le raisonnement ne tient pas ;
Et que l’on ne garde en mémoire
Que des à-côtés de l’Histoire.
 
CA SAUTE AUX YEUX
 
Il ne faut pas confondre un homme de parole
D’avec le bavard-pot-de-colle.
 
A RECULONS-GUEMENT
 
Quand nous n’aurons plus d’autre choix
Que de survivre avec un masque,
Chez les ploucs, cela va de soi,
Mais aussi chez les Monégasques,
L’Homme aura bien du mal, dans le Monde vivant,
A s’afficher au premier rang…
 
NUANCE
 
Un docteur honoris causa,
Surtout ne vous y trompez pas,
N’est pas un médecin mais un homme d’action
Qui soigne… sa réputation.
 
CLAIR-OBSCUR
 
Quand la Science, en clair, soulève des questions,
L’intégrisme, en retour, dicte ses solutions.
 
BILAN BILIEUX
 
Au fond un écrivain peut s’estimer heureux
S’il sait de temps en temps ne pas être ennuyeux.
Le chemin de la gloire étant semé d’écueils
L’œuvre doit éviter d’en être le recueil.
 
VŒU-PIS-QUE-PIEU
 
On devrait mettre au point, pour notre Humanité,
Une nourriture de base
Dont le prix, dûment contrôlé,
Serait à l’abri des oukases
Du grand commerce débridé.
La différence, alors, jouerait pour l’acheteur
Sur la qualité du vendeur.
 
OR EN POUDRE
 
Comme il voulait tester le bel aspirateur
Qu’il s’était procuré, sans peine, sur la Toile,
Il comptait essayer les poussières d’étoiles
Avant de prendre langue avec le fournisseur.
Washington contacté par notre hurluberlu
D’emblée appela le S.A.M.U.
 
PEUCHERE !
 
Il faisait les cent pas et croyait se détendre
Mais s’il en ratait un, il devait tout reprendre.
 
POURTANT ELLE COUPE L’APPETIT
 
Grignotez devant la télé
Et c’est l’embonpoint qui vous guette.
En dépit des navets que l’écran nous projette,
Alimentairement le risque est installé.
 
ILS NE SONT PAS LES SEULS
 
Les étourneaux sont emmerdants
Au sens propre, si l’on peut dire,
Comme au figuré, pleinement.
Faut-il, pour autant, les occire ?
Nullement.
 
HAUT DEBIT DU CREDIT
 
Ce qui compte, à présent, il faut qu’on l’assimile,
C’est le retour prévu sur investissement :
Plus il est élevé, plus on met dans le mille,
Moins on peut se soucier de l’environnement ;
Et les dégâts collatéraux
Relèvent des frais généraux.
 
DELABREMENT
 
En cédant au privé le domaine public,
On met le bien commun sous la coupe du fric.
 
COUP D’ŒIL
 
« Pourquoi ces fourmis à roulettes »?
S’inquiétait, un jour, le Très-Haut.
Il lui fut répondu sitôt :
-Ce sont des humains qui s’entêtent
A se déplacer en auto.
 
VOUS CHAUSSEZ DU COMBIEN ?
 
Dès l’instant que l’on a pris pied
Au sein du milieu financier,
Le CAC 40 est la mesure
Qui détermine la pointure
Du boursier.
 
LA MAIN SUR LE CŒUR
 
Abordez un mutant qui mute
Et vous vous retrouvez en butte
A l’adversaire évanescent ;
On le rencontre en politique
Sous les ors de la République,
Au détours d’un remaniement.
 
CONFUSION
 
Je cherche toujours le mot juste
Mais je commets maintes erreurs :
Ainsi quand j’intercale « auguste »
Entre le cirque et les honneurs.
 
TEMPS D’ARRET
 
Tiens ! tiens ! c’est vous l’Ami, que faites-vous donc là ?
Je m’adresse au Très-Haut pour qu’il pense au Très-Bas.
 
ADAPTABILITE
 
Toujours entre deux froids calculs,
Il prenait alors du recul
Afin de ne pas être en reste
Et risquer de prendre une veste :
Comme il la retournait souvent,
Il restait ainsi dans le vent.
 
A VOS SOUHAITS !
 
La mondialisation, telle qu’on nous la prône,
C’est le progrès pour rire… JAUNE.
 
A L’ETAGE AU-DESSOUS
 
Entre le colobri dont les ailes vrombissent
Et l’albatros pour qui planer est un délice,
Le monde des oiseaux nous est bien supérieur.
Et mêler tous ses noms à nos pauvres querelles
Prouve que nous avons une peur bien réelle
De ne pas être les meilleurs.
 
REVONS UN PEU
 
Il faudrait que chacun ait grand plaisir à faire
Un travail qui, sans heurt, nous rendrait solidaires.
 
FANATISME
 
Quand de simples caricatures
Embrasent presque l’Univers,
Mais que les pires forfaitures
Troublent à peine les grands clercs,
C’est le signe, sans fioriture,
Que le Monde tourne à l’envers.
 
CADEAU EMPOISONNE
 
Pourquoi donner sa langue au chat
Quand ce dernier la considère
Comme une langue de vipère
Que, par peur du venin, il ne consomme pas…
 
AUTREFOIS
 
« Travaillez, prenez de la peine »
C’était au temps de La Fontaine,
Le travail était un trésor.
Mais de nos jours, lorsqu’on en trouve,
Il est fréquent qu’on le réprouve
Vu qu’en dépit de gros efforts
Il n’apporte aucun réconfort :
C’est la Bourse et l’Envie
Qui régentent la Vie,
Au prix fort.
 
OUBLIS
 
Les catastrophes naturelles,
Après la séquence des pleurs,
Stimulent les spéculateurs
Sans que la morale interpelle ;
Les faits étant le fruit de la fatalité
Atténuent amplement les culpabilités.
 
ME VOILA !
 
Comment peut-on se satisfaire
Des insipides commentaires
De tous les « bouffeurs de micros »,
De ceux qui n’ayant rien à dire,
Dissimulent sous des sourires
La vacuité de leurs propos ?
 
RACISME
 
Le type n’étant pas d’ici,
Il fallait, pour sûr, faire gaffe,
Vu qu’il ne disait pas merci
Quand il recevait une baffe.


Date de création : 18/05/2008 * 18:37
Dernière modification : 21/05/2008 * 19:21
Catégorie : A lire directement
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