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Lorsqu’on a vécu de tout temps Sous les ors de la République, Il est on ne peut plus tentant D’y prendre une retraite oblique : Le Sénat offre alors un accueil bienveillant Et qui s’adapte au poids des ans. Le chanteur ne pouvant déployer son talent, On le disait « en voix de développement ». On pourrait définir, en fait, le verbe faire Comme étant le verbe à tout faire. Même quand on ne sait rien faire, L’on peut toujours se satisfaire De savoir qu’on peut faire faire. Il fut un temps où chaque jour Prenait son temps sans commentaire. Désormais où tout s’accélère, La durée appelle au secours Pour faire face à l’éphémère. Pétrole rime avec pactole, Et les « yeux doux » avec gros sous. Dès lors, en combinant le tout, On peut créer un monopole. On reproche à nos fonctionnaires Un avantage statutaire : La sécurité de l’emploi. Mais c’est un faux problème, en somme, Puisqu’il faudrait que tous les hommes Aient accès à ce même droit. Avec de l’air, de l’eau potables, Et de quoi mettre sur la table. Les riches russes veulent être Partout reconnus comme tels ; D’où leur présence à Courchevel, Moins pour skier que pour paraître. Si seulement une tempête L’avait envoyé par le fond, C’était la fin la plus honnête Pour un bateau porte-poissons. Mais l’on pouvait aussi le proposer aux puces… Il aurait trouvé acquéreur Auprès des grands collectionneurs Toujours à l’affût d’une astuce. Le rôle inavoué de notre bel Airbus Sera de transporter d’innombrables virus Entre les grandes capitales, Rapidement et sans escales. Il paraît que l’on va, scientifiquement, Traquer chez le fœtus le futur délinquant : Ainsi l’individu, durant son existence, Pourra s’épanouir sous haute surveillance. C’est notre nappe phréatique Qui quand-on-la pompe-trop-tique. Avec des E dans l’O, On a fait le fœtus et quelques autres mots, Mais aujourd’hui les deux voyelles Ne sont plus aussi fusionnelles. Une production en série Génère la monotonie Et frise la pensée unique. C’est le rêve des dictateurs : Avec un seul fil conducteur, Former des sujets identiques. TRAVAIL, FAMILLE, PATRIE(ou presque) Drapeau, bible et dollar, c’est l’éternelle antienne, Nos élites parlent anglais, Ce qui, pour sûr, les valorise, Quand la majorité, las, se ridiculise En usant du patois français. Qui subit un triple pontage Ne va pas, pour autant, se hausser de trois ponts. Si le moteur est mis d’aplomb, La coque garde ses étages. Gouverner c’est prévoir, mais quand les moyens manquent, Cela peut consister à garder une planque. Désormais le gouvernement Est sous la coupe de Bruxelles. Son rôle diminue inexorablement, Mais son coût s’accroît de plus belle. En Chine, c’est connu, les condamnés à mort, En pièces détachées, se vendent à prix d’or. Et comme le marché s’avère soutenu, L’Etat gère, au plus près, son stock de détenus. Pour gagner le septième ciel Il avait mis au point un super logiciel ; Mais un virus informatique Vint s’immiscer dans sa tactique. Pas téméraire pour un rond, Il resta dans son coin et finit vieux garçon. Une armée en campagne est toujours un danger Et son passage en ville a tout pour déranger. Une maison d’arrêt, mieux vaut s’en souvenir, N’a rien à voir avec une gare routière, Même si des « routiers » à l’ancienne manière Y sont hébergés, sans plaisir. On le flattait : « Bon pied, bon œil ! ». Il ricanait : « Bon pied ? mon œil. » Je voulais regarder les nids que les corbeaux Tissent de savante manière. Je marchais, n’ai pas vu l’ornière, Vous imaginez le tableau : Il faut à tout moment se référer aux normes, A celles qui sont en vigueur. Le bon sens admettrait qu’on y mette les formes, La mode exige sans pudeur. Prévoir deux tonnes pour le coche, Chargé, dans le meilleur des cas, D’un petit quintal de bidoche, C’est du haut rendement, papa ! La pollution de l’air, la pollution de l’eau, Plus celle des terrains et celle des cerveaux… Ca va chercher dans les combien ? Un expert fut nommé pour trancher sur le vif, Mais un autre, aussitôt, s’en vint le contredire. Un troisième ayant dit qu’il ne pouvait rien dire, Le débat dut du coup se clôturer « au pif ». C’EST POUR QUAND ? Si les nanotechnologies Aboutissaient, en fin de compte, A réduire tous nos mécomptes A quelques nanoconneries, L’Homme pourrait, sans nulle honte, Se complaire dans l’euphorie. La morale d’Etat ce n’est pas la cerise Sur le gâteau ! Mais s’apparente, au mieux, à la Terrre Promise ; L’Homme a toujours quelques dictons Qui sans trop d’efforts le rassurent Comme : « A quelque chose(il assure) Qu’est-ce qu’une chanson nous apporte aujourd’hui ? Quelques mots éclatés sur un grand plat de bruit. C'est là le critère à la con Qui signe le monde moderne ; Quitte à mettre la vie en berne Et la suffisance au balcon. La finance spéculative Se contente en définitive De cacher ses pratiques-chocs Sous un verni d’éthique-toc. L’application des droits de l’Homme S’apparente assez bien, en somme, A la physique des quantas : L’infiniment petit que l’œil nu ne voit pas. Un H qu’on dit « aspiré » Est une lettre qui dérange, Alors que d’un « muet » taré, Sans trop d’effort, on s’en arrange. Qu’une rumeur se mette en place, Sitôt les médias la ressassent, La fourguent comme information Sans autre justification. Comme clamait un journaliste Qui se disait toujours en piste : Une annonce et son démenti, Cela fait deux infos, l’ami… En politique il est fréquent, Lorsque l’on a le vent en poupe, En fonction des flux dominants, Que l’on se vende à la découpe. La Chine s’investit dans l’art du piratage, A croire qu’elle en fait une question d’image. S’ils comprenaient notre langage, Les animaux, Ils prendraient sûrement ombrage De nos propos, Quand nous les traitons de sauvages, C’est la Terre qui patiemment Nous véhicule dans l’Espace ; Mais elle pourrait aisément, Si nous lui faisions trop de crasses, Se délester du chargement : Un simple écart sur l’écliptique Et, sur le pont, c’est la panique. Le moral est bas, on nous le répète, Pour le remonter, c’est pourtant tout bête : Donner à chacun le moyen ah hoc Voyant ses besoins, d’en gérer le stock… Obsédé par la précision, Il se pesait après rasage : Un poil de trop dans l’addition Et cela faussait son sondage… « L’indépendance c’est tout bon, Sur la base ethnique, bien sûr » : De peur qu’un sang impur Que va donc devenir le parking souterrain Quand la bagnole aura vraiment passé la main Au profit des transports classés écologiques ? On pourrait suggérer, entre autres solutions, D’y cultiver, sous condition, Des champignons biologiques… Importer la fraise de Chine, Alors qu’elle est, chez nous, d’un excellent rapport, Prouve que l’Homme perd le nord, Dès l’instant que, sans honte, au fric il s’acoquine. Toujours soucieux d’être à la page, Ils ne vivaient qu’en « flux tendu » Le résultat fut un naufrage, Mais qu’eux seuls n’avaient pas prévu. PAS SEULEMENT UNE METHODE La démocratie sonde les cœurs par des questionnaires, La dictature par des tortionnaires. Quand l’étique tique Pas en politique Sur les faits divers Ce serait trop con Il devient pratique Vu la polémique De se mettre au vert Entre les barons. C’était un banquier malhonnête, C’est rare mais cela se voit, Qui payait rarement ses dettes Et vivait en marge des lois. Si bien que lorsqu’il dut passer en jugement… Ce ne fut qu’un « retour sur investissement ». L’Eternité, c’est ce qui vient tout de suite après l’Infini… Il était toujours en avance Sur ses notes d’accordéon. Cela faisait, en l’occurrence, Non pas une mais deux chansons. Comme de plus il chantait faux, On comptait parfois trois morceaux. Il paraît que les dinosaures Avaient le sang chaud, comme nous ; De quoi nous rapprocher encore De nos ancêtres un peu fous. Au reste, de nos jours, tous n’ont pas disparu, Et vous les avez reconnus… On s’emploie à sauver la face, En laissant, bêtement, le reste de côté ; Et ce, pour conserver la place Que nous fixe la société…LA MAISON BLANCHE Les Etats-Unis ont le chic Pour semer partout la pagaille : Malgré leur armée et leur fric, Ils n’ont mis au point rien qui vaille. Il est vrai qu’avec Bush junior, Pour conduire la politique, Les Etats-Uniens ont fait fort Pour dégoter le NUL typique. CONSULTATION DEMOCRATIQUE Pour vous éviter des questions gênantes Nous avons répondu pour vous : Signez le papier, l’affaire est urgente, Vous pouvez le faire debout. Pour garder le moral lors des grandes chaleurs, Allez vous rafraîchir sous un saule pleureur. Quand on voit la facilité Avec laquelle se déplace La fourmi qui suit une trace, On mesure, sur nous, sa supériorité. Imaginons, rien n’est exclu, Qu’elles pullulent tant et plus… Comment mettre un terme en douceur A la conversation qui dure Et fait qu’en silence on endure La progression de la torpeur ? Pas facile, en effet, le seul recours potable, Déclencher des appels depuis votre portable. Abou Dhabi tu surconsommes, Chez toi c’est presque une vertu ; Mais tu pollues, autant en somme, Et ça frise l’abus d’abus… Ce ne sont pas des bactéries Ni des virus, c’est d’autres choses… Qui peuvent prendre fait et cause Pour nombre de nos maladies. Si, sans souci, elles s’imposent, C’est la panique garantie. La Chine envahit le reste du Monde Méthodiquement. Lequel s’interroge et voit, à la ronde, Imaginons que le Tiers Monde Exige impérativement Les deux tiers qu’il envie en développement Et c’est l’horreur dans le Chic Monde. La liberté d’esprit est un atout précieux, Qu’il faut mettre à l’abri des dogmes religieux. Un melon parfumé dans un menu débile, C’est l’apport chaleureux d’une force tranquille. Les clochettes tintinnabulent, Dis papa ? – Oui, quand les bêtes déambulent D’un bon pas.
Date de création : 24/06/2008 * 21:59
Dernière modification : 27/06/2008 * 15:37
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